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Fournisseurs d’électricité : pas facile d’y voir clair !

Pour les consommateurs particuliers français, il sera bientôt possible de choisir son fournisseur d’énergie sur un marché concurrentiel. Pour les collectivités et les entreprises, le processus d’ouverture s’est achevé en juillet 2004. Depuis cette date, tous les professionnels peuvent ainsi faire jouer la concurrence entre les différents fournisseurs.

Les commerçants et les industriels ont acquis une liberté de plus il y a deux ans, celle de choisir leur fournisseur d’énergie domestique, gaz et surtout électricité. Du jour au lendemain, deux options se sont offertes à eux avec la promesse éventuelle de faire des économies. D’une part, ils avaient la possibilité de conserver tel quel leur contrat au tarif réglementé avec leur fournisseur historique, EDF, ou, d’autre part, exercer leur droit au changement en passant un nouveau contrat au prix du marché, soit avec leur fournisseur habituel, EDF, soit avec un fournisseur alternatif, les nouveaux entrants qui ont saisi l’occasion de la libéralisation du marché pour créer leur activité. Le prix du marché est soumis à la concurrence et au coût de l’approvisionnement. La grille tarifaire n’est plus réglementée par l’Etat et peut fluctuer à la baisse, comme à la hausse. Deux ans après, l’ouverture n’a pas eu les effets annoncés sur la facture des entreprises. Et il ne s’agit pas d’un phénomène typiquement français mais européen, voire même mondial partout où la libéralisation s’est mise en place. Le bilan doit cependant être mis en perspective avec d’autres tendances de fond.Le conseil est aussi un des arguments forts des fournisseurs alternatifs, qui proposent un diagnostic de la consommation. De fait, si faire jouer habilement la concurrence peutêtre une source d’économies, il faut aussi rappeler que modifier ses habitudes de consommation allège plus encore la facture, tout en préservant au passage l’environnement. Des actions simples permettent de réduire jusqu’à 30% la note d’électricité. C’est plus que ce que peut actuellement espérer un hôtelier français qui changerait de fournisseur. Adapter le niveau de chauffage à chaque zone (chambres, restaurant, réception...), nettoyer régulièrement les luminaires et les filtres de ventilation du chauffage, éviter de laisser les appareils en veille...des mesures qui ne coûtent rien mais peuvent rapporter. Des équipements à prix modérés comme des thermostats à détecteurs de présence ou des minuteries sont également des facteurs non négligeables d’économies. Marché ouvert ou pas, la conjoncture actuelle ne permettra pas de sitôt une baisse drastique des tarifs, en tout cas pour une industrie moyennement consommatrice comme l’hôtellerie. En revanche, une utilisation plus scrupuleuse au quotidien des installations électriques aura, elle, un impact immédiat.L’Europe de l’énergie, telle qu’elle est souhaitée par les autorités de Bruxelles, semble tenir pour l’instant de l’utopie avortée. En lieu et place d’un grand marché transfrontalier, on a assisté à une poussée de protectionnisme au sein des grands Etats de l’Union européenne. Les gouvernements ont joué la consolidation indus trielle plutôt que l’ouverture. Et la concurrence n’a pas eu les effets promis par ses partisans. Pire, chacun peut facilement constater que la facture a plutôt tendance à augmenter. Entre 2001 et 2006, les prix de l’électricité pour les entreprises ont connu partout des hausses à deux chiffres (à l’exception de l’Allemagne où la montée est moindre). L’exemple le plus frappant reste le Danemark où les prix ont quasiment doublé (+91,5%) pour aboutir au kilowatt le plus cher d’Europe (0,11 euro). Au Royaume-Uni, la hausse a été de 80,7%, en Suède de 77%...Dans l’Hexagone, la facture d’électricité des entreprises sur le marché dérégulé a augmenté de près de 50% entre avril 2005 et avril 2006, avec un kilowatt fixé à 0,087 euro en moyenne (ce qui en fait le 5e pays le plus cher, hors marché réglementé, d’après les chiffres du cabinet spécialisé N.U.S consulting). C’est la plus forte hausse sur la période dans les pays industrialisés, malgré la particularité française, fortement productrice d’électricité d’origine nucléaire, sensée rendre l’Hexagone moins tributaire du prix du pétrole.De là à conclure que la dérégulation est à l’origine de la flambée des prix, il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir. Mais il faut mettre dans la balance l’augmentation record du prix de l’or noir et du gaz, et l’entrée en vigueur de nouvelles taxes environnementales sur les prix d’achat de l’électricité. Il faut aussi noter que le marché français du gaz connait une évolution sensiblement similaire. Les tarifs sont en hausse (+30% en quelques mois, ce qui est plus que le cours international) et le phénomène est aggravé par les problèmes de fourniture, notamment pour ce qui concerne le déclin plus rapide que prévu de la production en mer du Nord qui a pris de cours les opérateurs gaziers. Le marché libéralisé se partage maintenant entre différents prestataires (Tegaz, Poweo, Altergaz...).En fait, la libéralisation dans les pays du Vieux Continent avait pour objectif de casser, ou du moins d’essayer de casser les monopoles marché par marché. Les grandes fusions n’ont lieu essentiellement qu’entres opérateurs d’un même pays, et souvent dans le but de prévenir une OPA d'un groupe étranger (Cf Gaz de France et Suez face à la menace que représenterait l’Italien Enel). Les interconnexions aux frontières entre les réseaux, qui seules peuvent permettre l’émergence d’un vrai marché global, restent du domaine de l’anecdotique. Du coup le visage de la nouvelle Europe énergétique, en train de se constituer, est celui d’une dizaine de géants nationaux, quasiment maîtres absolus sur leur marché, et peu enclins pour l’instant à se mesurer les uns aux autres. De leur côté, les gouvernements se satisfont de cette situation qui leur assure un certain contrôle et une taxation plus facile.Dans ces conditions, l’ouverture n’a pas eu pour les professionnels les conséquences spectaculaires attendues. En tout cas pas dans le sens que certains promettaient... En France, la situation est particulièrement complexe : un marché public régulé et un marché privé dérégulé cohabitent de façon plus ou moins heureuse. Il faut dire que les deux obéissent à des logiques radicalement différentes : les tarifs réglementés de vente sont des tarifs de monopole national fixés par les pouvoirs publics, tandis que les prix du marché découlent de la confrontation de l’offre et de la demande par le biais de la concurrence. Cette dualité constitue un frein. Surtout que l’écart ne cesse de se creuser entre les deux sur le plan de l’évolution tarifaire.Au cours des cinq dernières années, les prix ont augmenté de 10,57 % sur le marché régulé contre 75,6 % sur le marché dérégulé (toujours selon l’étude annuelle de N.U.S consulting). On ne s’étonnera donc guère que seuls 10 à 15% des professionnels français se soient aventurés à faire appel à un fournisseur alternatif. Le manque de protection contractuelle pour les clients qui prévaut sur le marché déréglementé n’arrange rien. Ces clients qui ont choisi le marché libre, attirés par des tarifs plus intéressants, lorsqu’ils arrivent en fin de contrat, se voient parfois proposer des augmentations de 40 à 70 %. La faute à la hausse du prix de gros, affirment les nouveaux fournisseurs qui sont très rarement producteurs eux-mêmes et agissent davantage en courtiers d’énergie.Le démarchage commercial est aussi un point qui pose problème dans un marché où la concurrence est finalement assez limitée. En moyenne, seuls trois ou quatre fournisseurs au maximum répondraient à un appel d’offres standard. Face à cette situation, les entreprises manifestent un mécontentement de plus en plus perceptible. Certaines commencent même à s’organiser pour inverser la vapeur et faire enfin pencher la balance à leur avantage. C’est le cas des sept entreprises françaises les plus consommatrices d’électricité : UPM, Arkema (filiale chi mique de Total), Air Liquide, Alcan, Arcelor, Rhodia et Solvay. Elles ont signé le 15 mai dernier au ministère des Finances les statuts d’un consortium d’utilisateurs. Son nom : Exeltium. Son objectif : obtenir un agrément fiscal leur permettant de lancer des appels d’offre auprès des producteurs d’électricité pour décrocher des tarifs plus avantageux. Les sociétés pourront, par ailleurs, investir ellesmêmes à travers Exeltium dans les moyens de production de l’électricité. Selon le ministère des Finances, “une soixantaine d’entreprises représentant déjà 20 % du marché ouvert de l’électricité pourraient être éligibles à ce consortium”. Le gouvernement lui aussi est récemment intervenu pour “assainir” la situation. Le 23 mai dernier, le Premier ministre, Dominique de Villepin, a fait savoir qu’il n’y aurait pas d’augmentation du prix de l’électricité “supérieure aux autres hausses des prix courants” dans les mois à venir. Parallèlement les cinq principaux producteurs d’électricité exerçant en France : EDF, Suez, Snet, Atel et Hew se sont engagés à modérer l’évolution de leurs prix.Quelle est la situation à l’échelle de l’hôtellerie Assistera-t-on dans l’univers hôtelier, où la facture énergétique est un poste de dépenses trop souvent sous-estimé, à un regroupement sur le même modèle qu’Exeltium ? L’éclairage des chambres et des parties communes, la climatisation, les cuisines sont gourmandes en énergie. Même si l’on est loin des niveaux atteints par d’autres industries, un allégement de la facture ne serait pas du luxe pour beaucoup d’opérateurs qui ont l’oeil rivé sur le compte d’exploitation. Le regroupement présente l’avantage de simplifier les démarches. Le travail commercial du fournisseur s’en trouve facilité, ce qui lui permet de réduire ses marges et de proposer plus facilement des tarifs revus à la baisse. Ceci est particulièrement vrai dans le cas des hôtels indépendants qui ne disposent pas de spécialistes d’achat d’énergie, et risquent par conséquent de mal optimiser leur procédure lorsqu’ils font jouer la concurrence. En Allemagne, on compte ainsi plus d’une trentaine de cercles d’achats d’électricité. Les sociétés adhérentes mettent leur consommation en commun afin d’obtenir le meilleur prix de marché possible, tout en restant indépendants les uns par rapport aux autres. Ces cercles ont fréquemment recours à un cabinet conseil pour coordonner l’action et prendre en charge les négociations.Mais qu’y a-t-il concrètement à gagner en se tournant vers un fournisseur alternatif ? Si les hausses sont plus rapides sur le marché des fournisseurs indépendants, nombre d’entres eux insistent pourtant sur les économies qu’ils sont en mesure de faire faire à leurs clients. Les coûts de distribution étant les mêmes pour tous les fournisseurs, c’est sur l’achat en gros qu’ils affirment leur capacité à négocier au meilleur prix, avec des répercutions positives sur la facture finale. Dès lors, qui croire ? En fait, tout dépend de la taille de l’entreprise cliente et de sa consommation électrique. Ce sont surtout aux deux extrémités du marché (les petits consommateurs et, dans une moindre mesure, les très gros) que les nouveaux acteurs comme Poweo, Electrabel ou Direct Energie se positionnent en rivaux significatifs d’EDF. Le système tarifaire de l’électricité en France s’appuie sur trois classes de contrats en fonction de la consommation électrique : -* le tarif bleu (de 3 à 36 Kwh), -* le tarif jaune (entre 35 et 250 Kwh) -* et le tarif vert (au-delà de 250 Kwh, -* et lui-même subdivisé en trois niveaux A, B et C).Les offres associant le plus souvent fourniture et services, il est bien difficile de s’y retrouver. Encore plus d’identifier laquelle est la plus adaptée à son établissement. Il faut bien considérer ce qui est compris ou non dans le prix (énergie, services, transport, taxes, etc). La durée du contrat est aussi à prendre en compte. Un contrat court est signé pour un an ou moins et présente l’avantage d’être renégocié régulièrement en fonction de l’évolution du prix du gros. Un contrat long est lui supérieur à un an : il assure par conséquent une stabilité du prix de la fourniture, ce qui peut s’avérer avantageux lorsque le gros augmente (comme c’est la tendance ac tuellement)... mais beaucoup moins dans le cas d’une diminution. Par ailleurs, EDF ne compte pas se laisser reléguer au rang de dinosaure obsolète dans le coeur des entreprises. Pour répondre à leurs attentes, le géant a lancé deux marques : EDF Pro et EDF Entreprises, avec une offre entièrement recentrée sur le conseil et l’optimisation de la consommation au cas par cas, afin de ne pas se laisser distancer sur ce terrain par les nouveaux venus.Le conseil est aussi un des arguments forts des fournisseurs alternatifs, qui proposent un diagnostic de la consommation. De fait, si faire jouer habilement la concurrence peutêtre une source d’économies, il faut aussi rappeler que modifier ses habitudes de consommation allège plus encore la facture, tout en préservant au passage l’environnement. Des actions simples permettent de réduire jusqu’à 30% la note d’électricité. C’est plus que ce que peut actuellement espérer un hôtelier français qui changerait de fournisseur. Adapter le niveau de chauffage à chaque zone (chambres, restaurant, réception...), nettoyer régulièrement les luminaires et les filtres de ventilation du chauffage, éviter de laisser les appareils en veille...des mesures qui ne coûtent rien mais peuvent rapporter. Des équipements à prix modérés comme des thermostats à détecteurs de présence ou des minuteries sont également des facteurs non négligeables d’économies. Marché ouvert ou pas, la conjoncture actuelle ne permettra pas de sitôt une baisse drastique des tarifs, en tout cas pour une industrie moyennement consommatrice comme l’hôtellerie. En revanche, une utilisation plus scrupuleuse au quotidien des installations électriques aura, elle, un impact immédiat.

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