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Analyses

Aides COVID-19 pour l'hôtellerie : quels pays ont les dispositifs les plus généreux ?

Alors que la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 a frappé durement le secteur touristique, la plupart des gouvernements européens ont mis en place des mesures spécifiques pour aider l’hôtellerie, qui ont évolué au fil du temps. Mais quels dispositifs sont aujourd'hui les plus généreux ? Tour d'horizon de ce qui se pratique en Europe pendant l'été 2021.

Les dispositifs de chômage partiel

Afin de maintenir l’emploi et limiter les effets de la crise sanitaire, les Etats européens ont largement eu recours au dispositif de chômage partiel. Toutefois, les modalités de ces mesures, qui consistent à rembourser à l’employeur tout ou une partie du salaire versé au salarié sous forme d’indemnités varient d’un Etat à un autre.

En France par exemple, le pourcentage pour le secteur de l’hôtellerie s’élève à 70% pour le salarié et 52% pour l’employeur sur la période du 1 août au 31 août, tandis qu’en l’Allemagne le dispositif de Kurzarbeit couvre 60% du salaire net de référence au titre des heures chômées. Toutefois, si la réduction du temps de travail du salarié allemand dépasse 50%, l’indemnité de celui-ci est augmentée à 70% à partir du 4ème mois puis à 80% à partir du 7ème mois. Par ailleurs, en Allemagne et contrairement à la France, l’accord du salarié est exigé pour avoir recours au dispositif de chômage partiel.

Le dispositif belge (dit « chômage technique ») et l’espagnol (« ERTE ») couvrent tous les deux 70% du salaire de référence brut tandis que le dispositif italien couvre lui 80% du salaire de référence brut, mais dans la limite de 40 heures par semaine. De son côté, le dispositif britannique est actuellement à 60% du salaire de référence brut mais avait atteint les 80% précédemment.

En Europe, c'est le dispositif néerlandais NOW qui est le plus généreux puisque les salariés perçoivent pendant toute la durée du dispositif 100% de leur salaire.

Les fonds de solidarité

Depuis le début de la crise sanitaire du Coronavirus COVID-19, certains État et Régions ont également mis en place un fonds de solidarité pour prévenir la cessation d’activité des petites entreprises, micro-entrepreneurs, indépendants et professions libérales, particulièrement touchés par les conséquences économiques du Covid-19.

En France, si le fonds de solidarité a commencé à décroitre depuis le mois de juin dernier, l’aide a été prolongée jusqu’à la fin août alors que d’autres régions comme Bruxelles, la Wallonie, le Schleswig Holstein ou la Bavière ont déjà vu les leurs être clôturées. Les dispositifs britanniques établis par les « Local Council » ou espagnols par les Communautés comme Madrid ont également pris fin récemment (juin et juillet).

En France, l’hôtellerie bénéficie d’une subvention au titre des mois de juin, juillet et août égale à respectivement 40%, 30% et 20% de la perte de chiffre d’affaires dans la limite de 20% du chiffre d’affaires de référence et limitée à 200 000 euros au niveau du groupe.

En Italie, des subventions sont également octroyées aux entreprises touchées par l’épidémie dont le chiffre d’affaires a baissé d’au moins 30% mais le montant de cette contribution ne peut être supérieur à 150 000 euros.

Les aides aux coûts fixes

La durée de la crise a conduit également conduit les gouvernements à adapter les dispositifs d’aide aux coûts fixes.

En France, les entreprises du secteur de l’hôtellerie peuvent bénéficier de cette aide dans la limite de 10 millions d’euros couvrant 70% des charges fixes non couvertes des entreprises de plus de 50 salariés et 90% pour les entreprises de moins de 50 employés.

Le dispositif néerlandais de remboursement des coûts fixes appelé TVL concerne quant à lui les entreprises avec une perte minimale de chiffre d’affaires de 30%. Le montant de subvention est de 100% et peut monter jusqu’à 550 000 euros pour les PME et 600 000 euros pour les autres entreprises.

L’Allemagne avait proposé un dispositif d’aide à la transition appelé Uberbuckungshilfe III qui a été complété pour la période de juillet à septembre 2021 par l’Überbückungshilfe III Plus. Cette aide subventionne les frais d’exploitations fixes avec un montant maximum de financement de 10 millions d’euros par mois. Pour les baisses de ventes de plus de 70% par rapport à la même période avant-crise, les coûts fixes éligibles peuvent être remboursés à hauteur de 100%. Pour une baisse comprise entre 50% et 70%, le remboursement peut s’établir jusqu’à 60% et pour une baisse d’au moins 30%, le remboursement peut aller jusqu’à 40% des coûts fixes éligibles. Une autre subvention en fonds propres en plus du remboursement des frais fixes peut s’ajouter pour les entreprises avec une baisse mensuelle du CA d’au moins 50%.

En Espagne, l’aide du fonds de solidarité mentionnée précédemment couvre déjà les coûts fixes tandis qu’en Italie le remboursement des coûts fixes prend la forme d’exemptions des impôts fonciers ou encore de la taxe d’occupation du sol public. En Belgique, les aides au niveau fédéral et régional ont quant à elles été clôturées.

Mais si ces aides ont fortement contribué à limiter l’impact de la crise sur la solvabilité et la trésorerie des entreprises touristiques, les gouvernements envisagent chacun leur tour l’arrêt progressif de ces dispositifs d’urgence. Pourtant l’incertitude vis-à-vis de l'évolution de la crise sanitaire reste grande : comment l’emploi et l’activité touristiques vont-ils se comporter sans ces aides ?

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