Accéder au contenu principal

Analyses

Qataris VS Saoudiens : quel rapport de force au sein d'AccorHotels ?

Les tensions géopolitiques sont encore montées d'un cran entre l'Arabie Saoudite et le Qatar, qui viennent de rompre leurs relations diplomatiques. Or, les deux pays sont très présents au capital d'AccorHotels. Si une confrontation n'y est heureusement pas à l'ordre du jour, cela invite néanmoins à analyser en détail les forces en présence...

L'Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, l'Egypte et le Bahrein ont mis au ban diplomatique le Qatar, en rappelant avec fracas leurs diplomates et en lui interdisant l'accès à l'espace de libre circulation des pays du Conseil de Coopération du Golfe (GCC). S'il faut souhaiter que ces tensions diplomatiques régionales entre puissances rivales ne s'étendront pas à l'Occident, il faut aussi rappeler que les deux pays collaborent encore avec succès dans de nombreux domaines, et l'hôtellerie est l'un d'entre eux. En particulier, ils sont par le truchement de leurs fonds souverains respectifs, tous deux des actionnaires-clés du groupe hôtelier français AccorHotels, dont le capital se répartit de la manière suivante :Actionnariat d'AccorHotels au 31 décembre 2016Entré au capital du groupe AccorHotels en 2015, le fond souverain qatari Qatar Investment Authority (QIA) en est aujourd'hui le deuxième plus gros actionnaire, avec 10,36% des parts au 31 décembre 2016. Il se positionne juste derrière le chinois Jin Jiang, premier actionnaire avec 12,56% du capital de l'hôtelier français, et donc devant la Kingdom Holding Company of Saudi Arabia (KHC), le fond d'investissement propriété du prince saoudien Al-Walid ben Talal. Si d'un point de vue géopolitique et économique global les saoudiens peuvent donc se targuer d'un poids bien supérieur à celui de leur voisin qatari, au sein du capital du groupe hôtelier français le rapport de force est inversé.Cette prévalence des acteurs qataris au capital se manifeste également par leurs poids respectifs au conseil d'administration, qui compte deux acteurs qatari (Sheikh Nawaf Bin Jassim Bin Jabor Al-Thani, Président du Conseil d’administration de Katara Hospitality, et Aziz Aluthman Fakhroo, Secrétaire d'Etat au Budget du Ministère des Finances du Qatar), contre un seul saoudien (Sarmad Zok, PDG de Kingdom Hotel Investment et Executive Board Director de KHC). Nicolas Sarkozy, fraîchement nommé au Conseil d'Administration du groupe, pourrait bien devoir y utiliser son entregent avec les acteurs du Moyen-Orient afin de concilier les différents intérêts...Car si l'opposition géopolitique entre les acteurs régionaux du Golfe devait s'étendre à leurs investissements en Occident et à l'hôtellerie, dans le cas d'AccorHotels le réel vainqueur serait probablement la Chine et le groupe hôtelier Jin Jiang. Soit précisément l'acteur-épouvantail qui avait conduit le groupe à laisser ces "chevaliers blancs" moyen-orientaux monter à son capital il y a quelques mois... Et qui bénéficie aujourd'hui de droits de vote doubles. Pourrait-il, en cas de désaccord, rafler la mise, ou faire monter les enchères ? D'autres pourraient aussi jouer un rôle : on notera que les parts restantes du consortium européen Colony/Eurazeo (qui s'est largement désengagé ces derniers mois mais reste présent au capital) pourraient elles aussi suffire à faire pencher la balance en faveur de l'une ou l'autre des pétromonarchies rivales. A moins que d'autres acteurs ne viennent prendre la main ? Aujourd'hui plus que jamais, l'hôtellerie est donc au centre du jeu géopolitique mondial.

Vous aimerez aussi :

Chargement...

Vous avez consulté 10 articles. Revenir à l'accueil ou en haut de la page.

Accéder à l'article suivant.

Inscrivez-vous pour ajouter des thèmes en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des catégories en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des articles en favoris. Register for free to Vote pour la candidature.

Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ?