Accéder au contenu principal

Actualités

Estonie, Lettonie, Lituanie : quel avenir pour les «petits tigres de la Baltique» ?

Tous les trois ouverts sur la mer Baltique, qui leur a donné son nom, les pays baltes d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie sont souvent considérés comme une même entité. Pourtant au-delà de leur similitude et de leur histoire commune, leur niveau individuel de développement économique n’est pas identique. Désireux de couper les ponts avec le bloc soviétique, ils ont été acceptés dans l’Union européenne en 2004 et la transition n’est pas si facile. Entrée dans la zone euro en janvier 2011, l’Estonie conduit la marche en tête, suivie d’assez près par la Lituanie, quand la Lettonie fait face à plus de difficultés. Regards sur des marchés prometteurs.

Chiffres clés

«On nous propose régulièrement de nouveaux projets hôteliers sur les trois pays, mais notre forte présence nous incite à être prudent pour le moment», confirme Jan-Petter Eilertsen. «Compte tenu du niveau de la demande actuelle, le parc hôtelier des chaînes internationales est bien suffisant. Les groupes hôteliers regardent avec intérêt ces pays qui ont certainement à bel avenir hôtelier à plus long terme, mais aucun projet d’envergure ne devrait se concrétiser avant 3 ou 5 ans».Lettonie -* Population : 2,250 M -* Territoire : 64 000 km² -* PNB 2010 : 32 Mds$ -* (+6.0% prévisions 2011)Lituanie -* Population : 3.2 millions -* Territoire : 65 200 km² -* PNB 3010 : 59,8 Mds$ -* (+4.5% prévisions 2011)Estonie -* Population : 1,340 M -* Territoire : 45 250 km² -* PNB 2010 : 19,8 Mds$ -* (+6.5% prévisions 2011)Un profil économique inégal auregard du développement Il y a quelques mois, la Banque mondiale observait : «La Lettonie, l’Estonie et la Lituanie ont vécu une véritable surchauffe économique avant la crise et un terrible effondrement en 2009. Ils sont pourtant parmi ceux qui ont connu la plus forte amélioration de leur situation en 2010. C’est une indication de la capacité de ces Etats à rebondir. En 2011, leur croissance est alimentée par une reprise des exportations et les prévisions pour 2012 leur attribuent un taux de croissance entre 3,5 et 4% du PIB en 2012, soutenu par une reprise de la demande intérieure». On peut difficilement être plus optimiste. Dans son regard sur ces trois économies, le Fonds monétaire international est plus circonspect : «Le rythme de développement est inégal dans les trois Etats baltes. L’Estonie fait déjà partie de l’eurozone, alors que la Lettonie est encore sous clause conditionnelle pour les crédits accordés par le FMI et l’Union européenne. Pour autant, ces trois nations sont très actives pour poursuivre un rétablissement rapide et durable de leur économie respective». A ce stade, il est clair que l’Estonie a pris une longueur d’avance en termes de performances économiques et de qualité de vie, suivie par la Lituanie avec une Lettonie encore à la traîne. Les Etats baltes se sont fortement endettés pour traverser la crise de 2009 et l’heure est aux mesures d’économie budgétaire.Si ces trois «petits tigres de la Baltique» affichent un fort potentiel de développement, certains sont aujourd’hui mieux armés que d’autres. Chaque trimestre apporte son lot d’informations nouvelles. La Lituanie a affiché une croissance de 6% du PIB pour le seul second trimestre 2011. A l’inverse, la Lettonie a perdu 2 000 salariés au moins de juin, expatriés dans les pays voisins pour trouver du travail.Avant la crise, les Pays baltes avaient engagé une politique structurelle pour s’éloigner des industries lourdes traditionnelles et se tourner davantage vers les services. Le plan a été chahuté par le chaos économique mais la direction n’a pas changé. A ce titre, le tourisme est un secteur privilégié du développement.2011, l'année de la reprise économique et touristique Les Pays baltes partagent une image commune forgée sur le caractère slave et l’architecture baroque. Pour autant, la proximité n’empêche pas la compétition. Derrière une coopération de façade, la rivalité est forte pour attirer hommes d’affaires et touristes, susceptibles de stimuler le développement économique et touristique de ces petits Etats qui totalisent moins de 7 millions d’habitants sur un territoire deux fois moins grand que la Pologne voisine. L’activité, tout comme la population, est concentrée autour des trois capitales, Vilnius en Lituanie, Riga en Lettonie et Tallin en Estonie. Ce sont elles qui focalisent l’attention des investisseurs et développeurs hôteliers qui ne veulent pas rater le décollage de ces nouvelles destinations orientales. L’année 2011 est une année de redémarrage après une plongée vertigineuse en 2009, largement rattrapée en 2010. En se limitant aux seuls visiteurs internationaux, qui représentent, en moyenne, les trois-quarts des nuitées hôtelières en Estonie et Lettonie et les deux-tiers en Lituanie, l’amélioration est particulièrement sensible. En 2009, l’Estonie avec 2,6 millions de nuitées internationales (-6%), la Lettonie avec 1,6 million (-17%) et la Lituanie avec 1,3 million (-14%) ont particulièrement souffert de la crise économique. Dix-huit mois plus tard, les chiffres communiqués par les autorités touristiques locales sont nettement plus souriants. Sur le seul premier semestre 2011, l’Estonie a accueilli 800 000 visiteurs étrangers pour plus de 1,6 million de nuitées (+18% sur 2010) ; la Lettonie a dépassé les 450 000 visiteurs internationaux (+30%) et le million de nuitées ; et la Lituanie a retrouvé 432 000 touristes étrangers qui ont également dépassé le million de nuitées (+22%). Si Tallin, en Estonie, profite des liaisons ferry régulières avec la Finlande, au centre des Etats baltes, Riga, capitale lettone, est l’aéroport le plus actif. Il voit transiter 4,6 millions de passagers annuels, quand Tallin et Vilnius n’en reçoivent chacun que 1,4 million. Il faut dire que Riga est la base opérationnelle d’Air Baltic, compagnie low cost à capitaux lettons, qui dessert pratiquement toutes les capitales européennes et grandes métropoles d’Europe centrale et du Nord.L’éventail des visiteurs internationaux dans les Pays baltes comprend à peu près les mêmes nationalités, mais la proportion varie assez fortement en fonction des liaisons maritimes et aériennes qui ont été mises en place récemment. La Pologne et la Russie voisines représentent un tiers environ du volume total, suivies par les pays scandinaves, de l’autre côté de la Baltique, pour 15 à 20% ; un pourcentage similaire provient du tourisme intra Etats baltes, le reste se répartissant entre les pays d’Europe occidentale qui découvrent ces nouvelles destinations. En tête, l’Allemagne, le Royaume Uni et les Pays-Bas. Avec des chiffres encore modeste, la montée en puissance des visiteurs d’Europe du Sud, Espagne et Italie, et même de France, est à mettre au compte des nouvelles routes ouvertes par Ryanair. Les touristes américains sont également de plus en plus visibles dans les rues des capitales baltes.Renforcement des liaisons aériennes et maritimes La compagnie low cost Ryanair a débuté ses opérations en 2005 en desservant l’aéroport de Kaunas en Lituanie, qui est devenu sa base opérationnelle en Europe orientale en 2010. Cette même année a vu l’ouverture de 10 liaisons depuis et vers Tallin en Estonie et la desserte de la Lettonie. Depuis mai dernier, l’aéroport de Vilnius en Lituanie constitue la seconde base de Ryanair. Au total, ce sont 53 liaisons différentes qui ont été mises en place qui devraient permettre de passer le cap des 2,5 millions de passagers sur la seule année 2011. La compagnie a fêté son 8 millionième passager depuis 2005 en multipliant les promotions tarifaires.Le marché de la croisière en mer baltique est en hausse exponentielle depuis dix ans, passant d’un million de passagers en 2000 à plus de 3 millions en 2009. Un léger coup d’arrêt s’est produit en 2010, suite à la crise économique, mais le mouvement est reparti dès le printemps 2011 et les experts tablent sur 3,5 millions de passagers dans toute la zone qui s’étend de la Norvège à la Russie, avec deux points forts que sont les ports de Copenhague et de St-Petersbourg. Au passage, les deux capitales maritimes de Riga et Tallin tirent leur épingle du jeu. Avec près de 400 000 passagers et quelque 280 escales de navires de croisière, la capitale estonienne domine largement sa voisine lettone. C’est l’une des raisons qui explique son dynamisme touristique. Le passage à l’euro de l’Estonie rend encore plus pratique les séjours des visiteurs européens qui peuvent comparer avantageusement les prix pratiqués. «L’année 2011 aura aussi été très favorable à Tallinn sur le plan touristique avec les célébrations du statut de Capitale européenne de la Culture», explique Jan-Petter Eilertsen, directeur régional Rezidor Hotel Group pour la Baltique. «La Lituanie a également été mise sur le devant de la scène pendant toute la durée du Championnat européen de basket à Vilnius en plein mois de septembre. C’est un très bon moteur pour l’activité hôtelière et un accélérateur pour rénover les infrastructures de la capitale», ajoute t-il avec satisfaction.L'offre des chaînes hôtelières reste très minoritaire Avec une ouverture relativement récente au tourisme, les infrastructures hôtelières des Pays baltes reposent encore assez largement sur une hôtellerie indépendante à faible capacité unitaire. La Lettonie compte quelque 450 établissements hôteliers, toutes catégories confondues, pour 25 000 lits touristiques disponibles ; la Lituanie abrite quelque 380 hôtels et motels pour 24 000 lits touristiques ; et l’Estonie 390 établissements hôteliers pour environ 31 000 lits disponibles. Globalement, les chaînes hôtelières représentent entre 15% et 20% de l’offre globale, davantage dans les capitales : 33% à Tallinn, 32% à Riga et 35% à Vilnius. Jusqu’en 2010 les Pays baltes affichaient une profonde mutation de l’offre de chaînes. Depuis 2005, l’offre a triplé en Lettonie avec près de 1 800 chambres. Elle a progressé de 80% en Lituanie et de 70% en Estonie. A partir de 2010, la crise n’a pas favorisé le développement de nouvelles capacités et le vieillissement du parc a même conduit l’offre des chaînes à se contracter légèrement, notamment à Vilnius en Lituanie (-11%) et à Tallin en Estonie (-9%). L’offre actuelle des groupes hôteliers se concentre naturellement dans les capitales et donc dans les segments milieu et haut de gamme, qui représentent respectivement 35% et 51% de l’offre des chaînes. Depuis la reprise en gestion le 1er janvier dernier des établissements du groupe Reval Hotels, Rezidor est le premier groupe hôtelier représenté dans les Pays baltes. «Grâce à notre forte présence dans les pays nordiques, les Pays baltes ont été un objectif logique à notre développement. Je suis fier de notre position de leader dans cette région et j'ai hâte de poursuivre le développement de notre portefeuille d’hôtels», insiste Puneet Chhatwal, directeur général du Développement pour Rezidor. With our strong footprint in the Nordics, the Baltics were a logical target for development. I’m proud of our leading position in the region and I look forward to further developing our portfolio,” insists Puneet Chhatwal, Chief Development Officer Rezidor Hotel Group. Le groupe y gère un Radisson Blu et un Park Inn à Tallin, quatre Radisson Blu (Latvija, Elizabete, Daugava et Ridzene) à Riga, et un Radisson Blu et un Park Inn à Kaunas en Lituanie et deux Radisson Blu à Vilnius, dont l’un de 84 chambres ouvert récemment. Jan-Petter Eilertsen, directeur régional, constate avec plaisir la dynamique du marché en 2011, tout en restant modéré dans son enthousiasme : “Depuis le 3e trimestre 2010, nous sentons une véritable reprise d’activité, qui se prolonge encore sur toute l’année 2011. Dans les trois pays, les taux d’occupation remontent assez rapidement, les prix moyens suivent avec plus de difficulté et l’on est encore loin des performances de 2007 et 2008. La Lituanie a cherché à stimuler la reprise avec une baisse du taux de TVA de 21 à 9 % sur l’hôtellerie, ce qui compense la relative faiblesse d’activité, à l’exception de la période du Championnat de basket». Pour accompagner un marché en croissance et pour anticiper les performances économiques prometteuses des «petits tigres de la Baltique», faut-il pour autant élargir le parc hôtelier actuel. Chez les chaînes hôtelières, l’heure est plutôt à la consolidation, voire à la clarification de leur offre. Scandic Hotels, malgré sa forte présence en Europe du Nord, ne compte que deux hôtels en Estonie et s’est retiré de Vilnius. Le réseau Best Western fédérant des hôtels indépendants était présent sur les trois Etats, mais ne l’est plus qu’en Lituanie avec 3 hôtels et en Lettonie avec 1 hôtel à Riga. Le groupe IHG a développé ses enseignes Holiday Inn et Crowne Plaza à Vilnius en Lituanie, sans réelle autre ambition. Swissotel n’est présent qu’à Tallin. Clarion, la marque haut de gamme de Choice, commercialise deux hôtels à Tallin et à Riga, ville où la chaîne allemande Maritim exploite son Park Hotel. «On nous propose régulièrement de nouveaux projets hôteliers sur les trois pays, mais notre forte présence nous incite à être prudent pour le moment», confirme Jan-Petter Eilertsen. «Compte tenu du niveau de la demande actuelle, le parc hôtelier des chaînes internationales est bien suffisant. Les groupes hôteliers regardent avec intérêt ces pays qui ont certainement à bel avenir hôtelier à plus long terme, mais aucun projet d’envergure ne devrait se concrétiser avant 3 ou 5 ans».

Cette archive de plus d'un mois est réservée aux abonnés Premium et Club

Accédez à l'ensemble des contenus et profitez des avantages abonnés

J'en profite

Déjà inscrit ?

Un article

Achetez l'article

Un pack de 10 articles

Achetez le pack
Chargement...

Vous avez consulté 10 articles. Revenir à l'accueil ou en haut de la page.

Accéder à l'article suivant.

Inscrivez-vous pour ajouter des thèmes en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des catégories en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des articles en favoris. Connectez-vous gratuitement pour voter for the application .

Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ?