Accéder au contenu principal

Entretiens

Erick Morazin, Directeur Général de Galileo France et Belgique : a chacun sa diversification

HTR Magazine : Comment les GDS font-ils face aux évolutions du marché du tourisme ?

_ Erick Morazin : Les GDS ont ce souci qu’ils sont incontournables aujourd’hui dans le schéma traditionnel fournisseurs de l’industrie touristique - agences de voyage. A l’origine, ce schéma était réservé aux voyages d’affaires qui couplait vol, location de voiture et hôtel. Puis il y a une diversification dans l’agence traditionnelle loisirs. Mais dans certains pays, les GDS n’ont jamais été très actifs sur le marché loisirs notamment car les offres spécifiques hôtels et locations de voiture étaient peu accessibles. Ils sont juste devenus incontournables pour les vols. Les nouveaux schémas de distribution du loisir on line ont largement profité au segment loisirs, le GDS reste incontournable mais tous les portails y apportent une offre complémentaire qu’il négocient directement avec les fournisseurs. Il y a eu une rupture entre les agences traditionnelles et les agences en ligne. Malgré cela, les GDS ont réussi à se positionner sur les deux marchés. Et paradoxalement, là où ils ne sont jamais propriétaires des agences traditionnelles, ils le deviennent en ligne (Galileo a racheté le portail Orbitz cette année). Jusqu’ici, nous étions incontournables comme fournisseur de technologie mais désormais nous le sommes aussi dans la distribution.Aujourd’hui encore nous distribuons tous la même chose, mais la banalisation s’effrite. A chacun sa diversification.HTR : Et plus particulièrement, quelle est la stratégie de Galileo par rapport à ces évolutions ? _ E.M. : Le marché français est traditionnellement hostile pour Galileo qui est pourtant leader en Angleterre, en Italie, en Hollande et en Belgique. Il nous faut donc être créatifs pour avoir des opportunités d’aller concurrencer le leader notamment sur le marché du loisir. L’idée est d’agréger nos trois métiers : fournisseur de technologie, fournisseur de contenus et fournisseur de solutions. Notre appartenance au groupe américain Cendant va nous aider dans ce sens-là. Les GDS ne peuvent plus s’isoler des grands mouvements. Galileo est désormais une entité à part entière du groupe Cendant.HTR : Dans quelle mesure votre appartenance au groupe Cendant influence-t-elle vos activités ? _ E.M. : Le groupe mène une politique d’acquisition acharnée dans le domaine du tourisme qui nous permet de créer des synergies. Il vient ainsi d’intégrer Flairview, spécialiste dans la création de contenus hôtels à destination du grand public et distribués on line via hotelclub.com et ratestogo.com. Nous avons désormais l’opportunité d’offrir ce contenu à nos agences. C’est du pain béni pour Cendant qui distribue ainsi ses hôtels mais aussi un ensemble d’établissements indépendants en deux et trois étoiles. De même, le rachat de RCI Holiday Network par le groupe nous permet de proposer aux agences tout un ensemble de villas et d’appartements en location. La diversification est en marche. Il ne nous manque plus qu’un grand portail de vente en ligne européen.HTR : Que représente la distribution hôtelière pour Galileo ? _ E.M. : C’est environ 4% du nombre total de nos transactions, avec des scores plus élevés sur les marchés leaders notamment tournés vers les voyage d’affaires. Mais je pense que la part de ce marché devrait augmenter avec l’instauration de la commission zéro des compagnies aériennes car il y aura une volonté de l’agent de voyages d’augmenter son revenu en vendant plus de produits. Le développement de produits spécifiques à l’hôtellerie devrait également faciliter le mouvement. Les 8 500 hôtels de Flairview ont été rassemblés dans un nouvel outil baptisé Galileo HotelClub. Ils sont totalement complémentaires de l’offre hôtelière traditionnelle du GDS. Et surtout les présentations des hôtels ont un niveau de détails bien plus élevé avec des photos, présentation, positionnement sur une carte et même avis de consommateurs. On adapte le BtoC au BtoB.Cet outil permet aux hôteliers de résoudre leurs soucis de visibilité et de distribution. Et pour l’agence, c’est un véritable plus. Ce qui freinait jusqu’ici la vente d’hôtels en agence, c’étaient les problèmes de reversement de commission. Désormais, le distributeur la fixe à l’avance et n’a pas à se préoccuper de la relation avec l’hôtelier.HTR : Comment envisagez-vous l’avenir ? _ E.M. : C’est un métier qui souffre, les agence de voyages vont devoir se remettre en cause. Certaines se posent même la question de l’intérêt de garder un GDS. C’est pourquoi nous mettons l’accent sur l’offre loisirs car Internet capte de plus en plus tout le marché du transport (vols ou billets de train). La valeur ajoutée de l’agence est ailleurs. C’est une nouvelle donne qui est un vrai problème pour les fournisseurs aussi. Pour nous, le défi est énorme. Quand on commence à contourner un outil incontournable, on vise à s’en séparer entièrement. Le métier de GDS tel qu’on l’a connu historiquement touche à sa fin. On ne pourra bientôt plus comparer Sabre, Galileo et Amadeus. Chacun va suivre une voie stratégique différente.

Cette archive de plus d'un mois est réservée aux abonnés Premium et Club

Accédez à l'ensemble des contenus et profitez des avantages abonnés

J'en profite

Déjà inscrit ?

Un article

Achetez l'article

Un pack de 10 articles

Achetez le pack
Chargement...

Vous avez consulté 10 articles. Revenir à l'accueil ou en haut de la page.

Accéder à l'article suivant.

Inscrivez-vous pour ajouter des thèmes en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des catégories en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des articles en favoris. Connectez-vous gratuitement pour voter for the application .

Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ?