Accéder au contenu principal

Entretiens

Entretien avec Wolf H. Hengst, Président de Four Seasons, en charge des opérations hôtelières internationales : objectif 100 hôtels en 2009

Résolu à rester uniquement sur le segment très haut de gamme, Four Seasons passe à la vitesse supérieure et annonce un objectif de croissance ambitieux pour les cinq ans à venir, complétant son implantation mondiale et accentuant sa présence sur le créneau des resorts

HTR Magazine : Comment ressentez-vous la situation pour l’hôtellerie de luxe en 2004 ?

_ Wolf Hengst : Après une année 2003 difficile, depuis huit mois, dans les 29 pays où nous sommes implantés, nous connaissons une reprise, parfois spectaculaire, du marché haut de gamme, même dans les destinations comme Bali, Singapour ou Shanghai touchées par le SRAS ou le terrorisme. A périmètre comparable, notre marge opérationnelle brute a augmenté de 3,8 % au second trimestre 2004 par rapport à 2003, pour dépasser 31 % et le RevPAR a augmenté de 22,7 % exprimés en dollars américains.Le groupe gère 63 hôtels dans 29 pays, soit 16 203 chambres, répartis à raison de 24 hôtels aux Etats-Unis (7 145 chambres), 10 au Canada et Caraïbes (2 112 chambres), 11 en Europe (1 990 chambres), 4 au Moyen-Orient (847 chambres) et 14 en Asie-Pacifique (4 109 chambres). _ Au 30 juin 2004, pour six mois d’activité, le groupe a réalisé 1,475 milliard de dollars canadiens (environ 940 millons d’euros) de revenus. A périmètre comparable, le taux d’occupation du groupe s’élevait à 67,3% (+8,6 points), le prix moyen à 332 US$ (+7,3%) et le RevPAR à 210 US$ (+18,4%). D’ici 2005, Four Seasons devrait ouvrir 22 nouveaux hôtels, soit 4 080 chambres. 4 en Asie, 6 au Moyen-Orient, 4 en Europe, 3 dans le Pacifique, 4 en Amérique du Nord et 1 dans les Caraïbes .HTR : Cela vous donne-t-il confiance pour poursuivre votre développement à un rythme soutenu ? _ W.H. : Nous exploitons aujourd’hui 63 établissements dans une trentaine de pays du globe et notre volonté est clairement affichée, nous voulons gérer une centaine d’hôtels à l’horizon 2009. D’ores et déjà, une vingtaine de projets sont à un stade très avancé.HTR : Avez-vous la volonté d’une plus grande internationalisation ? _ W.H. : Pour la première fois en 2003, le nombre d’hôtels hors Amérique du Nord a dépassé le nombre des hôtels américains. Avec une majorité de nos établissements sur le territoire des Etats-Unis, on finissait par croire que nous étions un groupe américain (même pas canadien, ce qui est pourtant le cas) et que nous étions timides dans notre développement international. Ce n’est résolument plus le cas.HTR : Vous avez pourtant opéré un mouvement important avec la reprise de Regent … _ W.H. : Le rachat des 13 hôtels du groupe Regent en 1992 a été le début de notre internationalisation. Fortement implanté en Asie sur le créneau du luxe, notre P-dg, Isadore Sharp, voyait dans Regent une bonne complémentarité des enseignes et des territoires. Mais la situation n’a pas été ce que nous pensions. Nous sommes une société de management hôtelier, reconnue pour ses performances. En contactant des investisseurs, y compris en Asie, nous avons constaté qu’ils préféraient s’appuyer sur l’enseigne Four Seasons. Nous avons passé plusieurs Regent sous cette enseigne et nous avons finalement cédé les droits de la marque Regent au groupe Carlson Hotels.HTR : Cela entraîne encore une certaine confusion, ne serait-ce que dans votre guide d’hôtels… _ W.H. : Il est vrai qu’il reste encore quatre établissements Regent dans notre portefeuille, trois en gestion à Los Angeles, à Kuala- Lumpur et à Singapour. A Taipeh, il s’agit d’un accord de marketing. En fin de contrat avec les propriétaires, ces hôtels changeront d’enseigne ou sortiront de notre inventaire, et la confusion sera levée.HTR : Quelle orientation suit votre stratégie de développement ? _ W.H. : Notre développement comprend déjà 22 projets : 4 sont situés en Asie, 6 au Moyen-Orient, 4 en Europe, 3 dans le Pacifique, 4 en Amérique du Nord et un dans les Caraïbes. C’est une bonne indication de notre stratégie globale. Nous avons une opportunité majeure d’augmenter notre présence dans toutes ces régions et nous poursuivrons dans cette direction. La Chine, par exemple, est l’économie qui se développe le plus rapidement au monde et les occasions de s’y implanter sont nombreuses. Nous avons déjà planté notre drapeau à Shanghai et nous comptons solidifier notre présence en ajoutant des établissements à Pékin et à Hong Kong dans les deux ans à venir, couvrant ainsi les trois plus importants marchés du pays. Il y a aussi de nombreuses perspectives en Europe, à la fois pour des établissements urbains et des resorts. Ainsi nous comptons bien renforcer l’enseigne dans cette partie du monde. Et bien que notre présence en Amérique du Nord soit déjà significative, la demande y est encore manifeste pour davantage d’expériences resort ainsi qu’aux Caraïbes.HTR : Y-a-t-il des régions particulières que vous cibleriez en priorité si l’occasion se présentait ? _ W.H. : Notre équipe de développement est en quête constante de nouvelles opportunités dans toutes les destinations du monde et, généralement, notre priorité est d’identifier les endroits où nous savons que nos clients veulent aller pour leur loisirs ou ont besoin de fréquenter pour leurs affaires. Ainsi, un jour, nous voudrions compter un hôtel à Moscou et un resort en Toscane.HTR : Une majorité de vos nouveaux développements sont plutôt des resorts… _ W.H. : Au fur et à mesure que nous entrons sur de nouveaux marchés dans le monde avec un hôtel d’affaires, nous réalisons que nos clients attendent de nous que nous leur fassions vivre une expérience de loisirs avec la même qualité. Alors, à chaque fois que c’est possible et que cela a un sens, nous satisfaisons ce besoin. La réaction enthousiaste à nos dernières ouvertures en Provence, à Whistler, au Costa Rica, à Jackson Hole et Grand Exuma, indique que la demande pour les resorts Four Seasons est presque insatiable.HTR : Vous êtes un opérateur leader dans le segment hôtelier du luxe, un secteur très sensible à l’instabilité politique et aux secousses de l’économie mondiale. N’avez-vous jamais envisagé d’acquérir ou de lancer une autre enseigne, ciblant le marché moyen de gamme, pour équilibrer les risques ? _ W.H. : Non. Notre stratégie a toujours été de se concentrer sur la gestion d’hôtels de capacité moyenne d’une qualité exceptionnelle et nous ne nous écarterons pas de cette ligne. Au cours des 43 dernières années, nous nous sommes définis comme des spécialistes de la fourniture d’une expérience hôtelière de grand luxe. Cette approche particulière a été un atout considérable en tant qu’entreprise. En fait, elle nous a permis de sortir de ces trois dernières années - la période la plus difficile de l’histoire de notre industrie - plus forts que jamais.HTR : Kingdom Holding est un actionnaire important de Four Seasons, comme il l’est aussi pour Fairmont Hotels et Mövenpick Hotels & Resorts. Est-ce un obstacle pour définir votre stratégie de développement ? _ W.H. : Le fait que Kindgom Holdings soit un actionnaire majeur de Four Seasons n’a que peu d’impact sur notre stratégie de développement. Nos partenaires sont attirés par Four Seasons en raison de ses solides performances financières - nous présentons le meilleur bilan de toute l’histoire de l’entreprise - et en raison d’un historique largement étayé en tant que meilleure société de gestion hôtelière de luxe au monde.HTR : Comment décririez-vous l’évolution des relations entre une société de gestion et les propriétaires ? Il semble que les contrats soient de plus en plus difficiles à négocier et que les demandes en termes de performances et de retour sur investissement soient plus exigeantes que jamais. _ W.H. : Nous avons de solides et, dans bien des cas, de longues relations avec nos propriétaires, beaucoup d’entre eux possédant plus d’un seul Four Seasons. La force de nos relations est pour beaucoup dans l’efficacité du processus de négociation. Cependant, il ne fait aucun doute que les propriétaires ont des attentes élevées. Nos performances financières au cours des derniers exercices, y compris notre RevPAR le plus élevé de l’industrie, nos données en termes de taux d’occupation et de parts de marché, montrent que nos propriétaires obtiennent un retour significatif sur leur investissement.HTR : Que pensez-vous de la tendance des “boutique hôtels”, qui implique un intérêt accru pour le design et la signature des grands noms de la mode, comme Bulgari, Cerruti ou Armani ? _ W.H. : Le design hôtelier est sans conteste au centre des projecteurs récemment. En fait, beaucoup de nos hôtels ont été vantés pour leur design. La différence principale entre les boutiques hôtels à la mode et nos hôtels réside dans le service. Il n’y a pas de doute que nos clients apprécient un design unique et innovant, mais, pour eux, le plus important aspect d’un séjour à l’hôtel est que leur moindre besoin soit satisfait… que leur séjour soit sans souci. Le fait de pouvoir offrir un service incomparable dans un bel environnement et dans de si nombreux endroits du monde, nous donne un avantage concurrentiel sur toutes les autres enseignes du segment luxe, y compris sur celles qui portent une signature “du monde de la mode”Four Seasons en chiffres

Cette archive de plus d'un mois est réservée aux abonnés Premium et Club

Accédez à l'ensemble des contenus et profitez des avantages abonnés

J'en profite

Déjà inscrit ?

Un article

Achetez l'article

Un pack de 10 articles

Achetez le pack
Chargement...

Vous avez consulté 10 articles. Revenir à l'accueil ou en haut de la page.

Accéder à l'article suivant.

Inscrivez-vous pour ajouter des thèmes en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des catégories en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des articles en favoris. Connectez-vous gratuitement pour voter for the application .

Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ?