Accéder au contenu principal

Entretiens

Entretien avec Kurt Ritter, président de Rezidor SAS Hospitality : Vers un réseau co-brandé avec une chaîne de fast-food

Rezidor SAS Hospitality développe surtout en master franchise quatre enseignes de Carlson Hotels, mais il élargit aujourd’hui sa gamme en collaboration avec Cerruti dans le haut de gamme et bientôt avec une enseigne de fast-food en hôtellerie économique.

HTR : Compte tenu des années difficiles qu’a traversées l’industrie hôtelière, maintenez-vous votre objectif de 700 hôtels d’ici 2012 ?

_ Kurt Ritter : Si nous continuons sur notre rythme actuel, ce chiffre est même plutôt conservateur. Nous avons ouvert 37 hôtels en 2003 et 65 sont déjà programmés en 2004. Nous sommes en avance sur l’échéancier. Je pense qu’il faut profiter d’une activité au ralenti pour accélérer le développement car nous pouvons négocier de meilleurs contrats. Depuis que nous avons lancé notre développement multi enseigne, en étendant notre accord de master franchise avec Carlson Hotels pour Country Inn, Park Inn et Regent, nous avons la bonne combinaison entre des enseignes américaines (avec des réseaux existants), notre culture européenne et une bonne connaissance des marchés. Cette combinaison donne confiance aux propriétaires et il est possible d’atteindre la barre des 1 000 hôtels plus tôt que prévu.HTR : Comment voyez-vous vos résultats en 2004 ? _ K.R.: Ils doivent être meilleurs. Pour la première fois en dix ans, nous avons affiché une perte en 2003. Nous avons sous-estimé le coût de lancement de nouvelles enseignes et nous avions besoin d’ajuster notre organisation pour la stratégie multi enseigne. Nous avons corrigé des erreurs commises en plus dans un contexte économique difficile. Pour le premier trimestre 2004, nous sommes en ligne avec notre budget pour réaliser un petit profit sur l’année.HTR : Donnerez-vous la préférence à la croissance externe pour maintenir le rythme ? _ K.R.: En France, nous venons de reprendre 7 hôtels du groupe Partouche, à compter du 1er juin. Nous sommes en ce moment sur une autre affaire, un peu plus importante. Mais nous n’irons jamais sur les grandes opérations. Nous n’avons pas les ressources suffisantes, car nous ne sommes pas l’activité majeure de notre maison-mère, le groupe SAS. Nous préférons intégrer de plus petits groupes d’une dizaine d’hôtels maximum à la fois.HTR : Etes-vous satisfait de l’équilibre de votre portefeuille actuel ? _ K.R.: Notre enseigne principale est toujours Radisson SAS et nous voulons poursuivre son développement au-delà des 170 hôtels ouverts à ce jour. Quand nous avons traité avec Carlson, j’avais de gros espoirs pour Country Inn, qui fonctionnait très très bien aux Etats-Unis. Mais en Europe, la greffe n’a pas pris. Heureusement, nous avions accepté de prendre aussi l’enseigne Park Inn qui connaît un grand succès. Entre l’année dernière et cette année, nous avons accumulé 50 Park Inn. Nous avons donc pris la décision, comme les temps sont durs, de ne développer qu’une seule enseigne économique. Country Inn est mise de côté pour l’instant. Carlson a aussi insisté pour que nous participions au développement global de Regent. Le deal est simple : à chaque fois que l’on peut apposer l’enseigne sur un hôtel, nous partageons les redevances. Cela ne coûte pas cher et notre seul risque est de perdre l’exclusivité territoriale si nous n’allons pas assez vite. Mais je me suis rendu compte qu’il y avait un fort intérêt en Europe pour Regent. Nous venons d’ouvrir le premier à Zagreb, l’ancien Grand Hotel Esplanade. Nous en avons un en construction à Budapest, deux autres au Koweït et Sharm el Sheikh et de bons espoirs à Berlin et en France. HTR : Comment est venue l’idée d’ajouter l’enseigne Cerruti ? K.R.: Cela remonte à l’époque où nous possédions 50 % de Malmaison, une enseigne de boutique-hôtels que nous voulions développer. Notre partenaire britannique, MWB, n’a pas souhaité suivre notre plan alors que nous avions déjà 5 ou 6 emplacements retenus. Nous lui avons vendu nos parts dans Malmaison et cherché une autre enseigne pour ces projets, dont certains étaient en construction. Au même moment, Cerruti faisait un gros travail sur sa marque et se disait prêt à l’étendre à d’autres domaines que la mode. Nous sommes assez vite tombés d’accord sur les termes de notre coopération. Cerruti a formé et certifié un groupe de 5 designers parmi lesquels nous pouvons choisir à chaque fois que nous voulons ouvrir un hôtel Cerruti. Ainsi le premier va être inauguré à Vienne, puis un autre à Dubaï, Bruxelles, Düsseldorf, deux en Angleterre et nous sommes en négociation à Paris.HTR : A l’autre extrémité de l’éventail des catégories, êtes-vous intéressé par une enseigne économique ? _ K.R.: Nous pensons lancer une formule de co-branding avec une chaîne de fast-food. Nous avons vu les bons résultats de cette stratégie avec Radisson. Nous n’avons pas eu à partir de zéro et nous avons pu capitaliser sur la notoriété de la marque et l’existence du réseau. C’est pourquoi je suis en négociation avec les grands noms du fast-food pour créer une chaîne deux étoiles cobrandée. Ce sera une formidable poussée pour notre expansion.HTR : Il y a déjà deux hôtels McDonald’s en Suisse … _ K.R.: Leur concept n’était pas bon et il n’a pas fonctionné. En vérité, le propriétaire nous les a confiés et ils sont désormais sous enseigne Park Inn et marchent bien mieux qu’avant. Pour notre projet, nous avons défini le concept et c’est à l’un des grands acteurs du fast-food de sauter le pas avec nous. J’espère pouvoir annoncer le partenariat dans les mois à venir.HTR : Est-ce que cette enseigne sera associée à la restauration de ces hôtels ? _ K.R.: Si possible oui, mais ce ne doit pas être obligatoire car cela limiterait le nombre des emplacements potentiels et nous ne voulons pas mettre d’obstacle inutile à notre croissance. Ce sera à l’enseigne de choisir si elle veut ouvrir une unité dans chacun des hôtels.HTR : Comment voulez-vous diversifier votre portefeuille selon les modes de gestion ? _ K.R.: A ce jour, nous avons environ 40 % d’hôtels en contrat de management, 30 % en location et 30 % en franchise. La plupart des contrats de management sont assortis de clauses liées aux performances et nous acceptons cela. Je voudrais développer ce genre de contrat. En Europe, la discipline des franchisés n’est pas aussi forte qu’aux Etats-Unis. Le respect de l’enseigne n’est pas toujours au niveau de ce que nous attendons. Les plaintes des clients affectent toute la chaîne, alors je préfère avoir davantage de contrôle sur le produit.HTR : Dans quelles régions voulez-vous vous développer ? _ K.R.: Nous sommes essentiellement un groupe européen, même si nous intensifions notre développement hors d’Europe. Historiquement, nous sommes très forts dans le Nord du Vieux Continent. C’est volontaire pour que la notoriété puisse s’appuyer sur un réseau fort dans chaque région d’implantation. Par ailleurs, la gestion des hôtels est facilitée par l’effet de réseau. Nous sommes aussi très présents au Royaume-Uni et en Irlande, au Benelux et nous faisons une entrée “en fanfare” en France pour offrir une autre alternative internationale aux propriétaires. Si nous voulons assumer la concurrence avec les opérateurs nationaux, nous devons être solides dans chacune des régions choisies.HTR : Qu’en est-il des nouveaux membres de l’UE ? _ K.R.: Les pays de l’Est sont notre plus gros marché émergent et nous profitons des bonnes relations de la Scandinavie avec ces pays. Nous sommes déjà fort dans les Pays baltes et nous avons un programme de 50 Park Inn en Russie, en joint-venture avec des fonds d’investissements danois et suédois.HTR : Et en dehors de l’Europe ? _ K.R.: Nous avons délibérément négligé le Moyen-Orient. Nous n’y étions que par opportunités, comme au Koweït. Petit à petit, à cause de nos bonnes relations avec les investisseurs locaux, nous avons aujourd’hui 15 hôtels dans la région et nous serons la première enseigne internationale à mettre le pied en Iran. Nous ne voulons pas précipiter les choses et plutôt laisser les propriétaires venir à nous, quand ils sont convaincus de notre succès, pour rebaptiser des hôtels existants.

Cette archive de plus d'un mois est réservée aux abonnés Premium et Club

Accédez à l'ensemble des contenus et profitez des avantages abonnés

J'en profite

Déjà inscrit ?

Un article

Achetez l'article

Un pack de 10 articles

Achetez le pack
Chargement...

Vous avez consulté 10 articles. Revenir à l'accueil ou en haut de la page.

Accéder à l'article suivant.

Inscrivez-vous pour ajouter des thèmes en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des catégories en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des articles en favoris. Connectez-vous gratuitement pour voter pour la candidature.

Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ?