Accéder au contenu principal

Entretiens

Entretien avec Joan Gaspart Solves, Président directeur général d’Husa Hoteles : "Le moment est venu de nous développer à l’international"

Le groupe Husa entre dans un nouvelle ère pour fêter ses soixante-quinze ans.Avec plus de 160 hôtels, le groupe espagnol est solidement positionné sur son marché domestique. Un marché en surcapacité où le groupe a atteint la masse critique. L’avenir d’Husa passe désormais par un développement dans les pays limitrophes à l’Espagne.

HTR Magazine : Les grandes villes espagnoles comme Madrid ou Barcelone souffrent de surcapacité. Quelle est votre réaction face à cette situation ? _ Joan Gaspart Solves :

Pour l’instant, le tourisme d’affaires, notre coeur de métier, ne croît pas au même rythme que l’offre. Face à cette situation, nous effectuons un contrôle strict de nos coûts et offrons à nos clients les prix les plus justes. Mais il faut savoir garder la tête froide et ne pas baisser les prix exagérément. Sinon, il devient très difficile de les faire remonter à des niveaux acceptables.HTR : Le groupe Husa fête ses 75 ans cette année. Comment abordez-vous l’avenir ? _ J.G.S : Nous sommes passés en 75 ans d’un tourisme de luxe pour gens fortunés à un tourisme que tout le monde peut s’offrir. Le tourisme n’est plus une chose unique, mais est devenu une chose normale. La situation économique a radicalement changé. La technologie aussi. Le tourisme a encore une marge de croissance importante. Nous travaillons à faire en sorte qu’Husa soit un acteur à l’échelle européenne, une chaîne importante du tourisme en Europe. Nous devrons être réactifs et prêts à nous adapter à ce qu’on ne connaît pas.HTR : Quelles sont les causes de cette surabondance ? Quand devrait-elle prendre fin ? _ J.G.S : Cette abondance d’hôtels est une conséquence normale de la croissance économique très forte qu’a connu l’Espagne. Cette situation est donc logique. Beaucoup d’entreprises de construction ont investi dans l’hôtellerie car il y avait de très bonnes affaires à faire. Avec la croissance économique, cette surcapacité devrait être absorbée d’ici 4 à 5 ans. L’Espagne s’apprête à accueillir de très grands événements qui sont très importants pour notre pays. L’exposition internationale à Saragosse en 2008 et, je l’espère, les Jeux Olympiques de 2012 à Madrid, offriront de très bonnes opportunités de croissance pour la fréquentation de nos établissements. Si ces Jeux ne durent qu’une vingtaine de jours, c’est une excellente opportunité pour le marketing de la ville. C’est une promotion gratuite de la ville avant et après cet événement mondial.HTR : Comme la France et l’Italie, l’Espagne a connu une saison estivale difficile. L’été 2004 marque-t-il la fin d’un modèle ? _ J.G.S : Le tourisme de masse n’est pas mort. Il est même en croissance. Mais le nombre de destinations augmentent. Et les Caraïbes, la Grèce, les Pays de l’Est sont des destinations moins chères que l’Espagne. Face à cette concurrence, comment réagir ? Les hôteliers de la côte doivent développer des produits de meilleure qualité pour répondre aux besoins d’une clientèle qui ne se soucie pas du prix. Pour ceux qui n’arriveront pas à s’adapter, notamment certains hôtels indépendants, c’est un défi, non pas impossible, mais très compliqué à relever. Autre effort très important à fournir : rediriger le tourisme balnéaire vers l’intérieur des terres. L’Espagne, ce n’est pas que le soleil et la plage. Il y a une autre forme de tourisme qui est en train de monter : le tourisme culturel et gastronomique. Comme l’industrie textile, il faut savoir s’adapter aux nouvelles conditions de marché.HTR : Votre portefeuille est très diversifié. Or Husa n’a pas de segmentation clairement définie de son offre. Quelle est la raison de cette stratégie ? _ J.G.S : Nous avons des établissements 1* et 2* comme des 5*. Il est important de ne pas nous fermer des opportunités de développement. Nous ne sommes pas positionnés comme une chaîne uniquement milieu de gamme. Pourtant le gros de notre portefeuille est constitué d’hôtels d’affaires 3 et 4* de centre ville. La question s’est longtemps posée d’établir une segmentation du type de celle d’Accor avec un nom différent pour chacun de nos segments. Husa est très reconnue en Espagne. Et nous ne voulions pas diluer la force de cette marque. Nous avons opté pour une segmen- tation par type d’établissements ou localisation : charme, luxe ou ville, montagne, plage. Mais la question se pose toujours.HTR : Entrevoyez-vous encore des perspectives de développement sur votre marché domestique ? _ J.G.S : En Espagne, nous sommes très connus. Husa est la plus ancienne chaîne du pays. Il existe des opportunités pour notre groupe dans toutes les grandes villes sur le segment que nous privilégions : l’établissement milieu de gamme de centre-ville. Dans les grandes villes, le segment économique, de 0 à 2*, travaille bien. Mais dans l’ensemble, la clientèle recherche toujours la meilleure qualité l’air conditionné, la télévision par satellite. Or en Espagne, par rapport à la France, il y a une moins grande différence de prix entre un 2* et 3*, ou entre un 3* et un 4*.HTR : Avec plus de 160 hôtels en Espagne, votre marge de manoeuvre semble pourtant se restreindre ? _ J.G.S : C’est vrai, nous sommes déjà bien implantés dans la plupart des villes. Il est à chaque fois plus difficile de trouver des choses intéressantes. Aussi, c’est le bon moment pour nous développer à l’international. L’avenir d’Husa passe par une croissance dans les villes les plus importantes situées à proximité de l’Espagne. C’est à dire moins de 2 000 kilomètres, comme Paris, Rome, Lisbonne, Londres ou Berlin. le Nord de l’Afrique également. Les Caraïbes sont un marché bouché pour nous. D’autres grandes chaînes, et notamment espagnoles comme NH Hoteles ou Sol Melia, sont déjà très présentes sur ce marché.HTR : Quelles sont vos perspectives à l’international ? _ J.G.S : Notre objectif est d’avoir une vingtaine d’établissements hors d’Espagne d’ici cinq ans. Notre stratégie de développement à l’international est identique à celle en Espagne : des établissements 3 et 4* de taille moyenne, entre 80 et 120 chambres. Il existe des petites chaînes, des établissements en Italie ou en France qui veulent se développer sous l’égide d’une grande chaîne comme Husa. En matière de contrat, nous sommes très opportunistes. Nous n’avons aucun stratégie définie. Tout se passera selon l’occasion qui se présente : en gestion, location ou franchise.HTR : Husa est marque connue presque exclusivement du marché espagnol ? _ J.G.S : C’est vrai. Nous sommes moins connus hors de notre marché domestique. C’est pourquoi nous allons pousser notre présence sur Internet. Nous avons déjà travaillé à l’amélioration de notre site Web pour doper les réservations en ligne.HTR : Le groupe Husa fête ses 75 ans cette année. Comment abordez-vous l’avenir ? _ J.G.S : Nous sommes passés en 75 ans d’un tourisme de luxe pour gens fortunés à un tourisme que tout le monde peut s’offrir. Le tourisme n’est plus une chose unique, mais est devenu une chose normale. La situation économique a radicalement changé. La technologie aussi. Le tourisme a encore une marge de croissance importante. Nous travaillons à faire en sorte qu’Husa soit un acteur à l’échelle européenne, une chaîne importante du tourisme en Europe. Nous devrons être réactifs et prêts à nous adapter à ce qu’on ne connaît pas.

Cette archive de plus d'un mois est réservée aux abonnés Premium et Club

Accédez à l'ensemble des contenus et profitez des avantages abonnés

J'en profite

Déjà inscrit ?

Un article

Achetez l'article

Un pack de 10 articles

Achetez le pack
Chargement...

Vous avez consulté 10 articles. Revenir à l'accueil ou en haut de la page.

Accéder à l'article suivant.

Inscrivez-vous pour ajouter des thèmes en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des catégories en favoris. Inscrivez-vous pour ajouter des articles en favoris. Connectez-vous gratuitement pour voter for the application .

Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ? Déjà inscrit ?