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Édito

A-t-on jeté nos trésors à la mer ?

Plus d’1,2 milliard de touristes ont voyagé dans le monde en 2017 et sur cette vague en constante progression, un peu plus de 25 millions de personnes ont profité du produit croisière. 3 petits % du volume global de touristes mais ne nous y trompons pas, c’est un chiffre qui progresse lentement mais surement. Car nous sommes en présence d’une industrie qui contrairement à l’hôtellerie n’a cessé d’investir. Pendant que certains opérateurs cédaient murs et fonds de commerce, sous-traitaient à tour de bras et cessaient d’investir en communication, les croisiéristes eux mettaient plein gaz dans le développement et l’investissement et accédaient par la mer aux trésors de la terre.

Une poignée d’opérateurs se partagent ce marché en pleine croissance sur les mers et en eaux douces et rivalisent d’inventivité pour sortir du lot et attirer à eux de nouveaux clients. Nouvelles destinations, politiques de prix attractives, promotion et communication sur tous les canaux, évolution constante des produits, maintien drastique des standards de qualité des navires, partenariats avec des têtes d’affiches internationalement connues, élargissement de la gamme d’offres offertes aux clientèles. N’en jetez plus la cour est pleine !

Pendant ce temps-là, certains de ceux qui avaient des trésors entre les mains les ont jetés à la mer et pour certains directement dans les poches de leurs actionnaires. Ils avaient fourni des efforts colossaux entre les années 70 et la fin des années 90 et se sentaient sereins malgré la menace des nouveaux distributeurs. C’est bien dommage, car le grand Goliath n’a pas su prendre exemple sur le petit David qui travaille patiemment à développer son marché et investit toujours plus pour séduire le client. Imagineriez-vous faire le tour du monde sur un navire vieux de 50 ans ? C’est pourtant bien ce que certains d’entre nous proposent à leurs clients.

Que ce soit sur mer ou à l’intérieur des terres, le produit croisière attire une gamme toujours plus large de clientèle de la génération millennials aux senior, et les opérateurs sont désormais en capacité d’offrir des produits d’entrée de gamme comme des prestations de grand luxe chacun pouvant trouver son compte et parfois, sur un même navire. Et ce ne sont pas que des croisières qui sont commercialisées, ce sont des destinations, des produits, du MICE, des expériences, des thématiques qui attirent toujours plus de clients.

Les croisiéristes font face à des contraintes plus drastiques que celles des hôteliers. Maintien des bateaux qui sont mis en cale sèche tous les 18 mois, contraintes techniques et investissements importants pour la construction d’un navire, vulnérabilité des routes navigables en fonction de la météo, complexité de gestion d’un navire qui peut accueillir plusieurs milliers de personnes à bord, contraintes logistiques qui feraient pâlir d’effroi le plus gros resort du monde, fort besoin en personnel hautement qualifié et salaires en conséquence. Ne nous en déplaise, le secteur prospère !

Les hôteliers qui n’ont pas encore fait leur transformation gagneraient à prendre exemple sur un secteur qui parvient à progresser et à gagner en attractivité pour profiter pleinement de la manne touristique qui n’est pas prête de se tarir. Car ne nous y trompons pas, la nature ayant horreur du vide, une portion croissante des clientèles touristiques va se tourner vers ces produits attractifs et différenciés. A une époque où la technologie permet d’imprimer un immeuble en 3D en 6 jours, on ne peut se passer d’innovation et l’on se doit de proposer aux clients des nouveaux produits avec un engagement fort en délivrant une belle expérience client. Si les opérateurs n’investissent pas, il y a fort à parier que de nouveaux entrants vont pointer le bout de leur nez.

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