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Édito

L’investisseur, l’hôtelier et le client... Qui sortira vainqueur ?

Dans le monde hôtelier, 2006 sera l’année de tous les records à bien des égards. Mais il n’y a pas que des raisons de s’en réjouir. Certes, après plusieurs années de crise et de morosité, l’exploitation hôtelière renoue avec des indicateurs en croissance à deux chiffres.

Les conséquences des attaques terroristes, des catastrophes climatiques et sanitaires ne sont plus qu’un lointain souvenir. Et c’est tant mieux. Mais à y regarder de plus près, le mouvement a été surtout concentré dans l’hôtellerie haut de gamme et dans les très grandes métropoles, les premières bénéficiaires de la relance économique et des déplacements d’affaires. Les “nouvelles fortunes” qui surgissent des nouveaux géants économiques ont des appétits de luxe qui entretiennent la vigueur du marché hôtelier.

Au vu de ces performances, dans un marché immobilier déjà spéculatif, les investisseurs sont prêts à engager des sommes considérables pour élargir leur portefeuille hôtelier. Si on peut comprendre une démarche patrimoniale pour des fleurons qui continueront de s’apprécier, on s’interroge sur l’effet de contagion qui touche aussi le patrimoine des catégories économiques. Il se négocie aujourd’hui deux fois plus cher qu’il y a seulement quelques années alors que les performances de l’exploitation sont d’une grande stabilité.

Les nouveaux propriétaires vont avoir des exigences de rentabilité qui poseront des problèmes aux opérateurs hôteliers. Sur une longue période, les tarifs de l’hôtellerie économique ont suivi, au point près, l’évolution du pouvoir d’achat des clients pour ne pas casser la dynamique de la demande. Que va t-il se passer maintenant si les investisseurs exigent une hausse spectaculaire de la marge brute ? Comment justifier une hausse de tarifs sans une réelle amélioration du produit ? Le marketing aura t-il cette mission, au lieu de défendre les valeurs de l’enseigne et le bon rapport qualité prix de l’offre ? Le modèle, qui fonctionne aujourd’hui dans l’hôtellerie haut de gamme, trouvera vite ses limites dans l’hôtellerie économique. Le client risque de rejeter des prétentions tarifaires déconnectées de la réalité. Il est vital que les opérateurs hôteliers reprennent la main pour éviter que l’euphorie immobilière du moment ne se transforme demain en gueule de bois.

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