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Édito

Pour construire il faut être deux, pour détruire, un ça suffit

Comment imaginer développer un produit et une marque désincarnés, coupés de leur source d’inspiration, sans lien avec ce qui doit les alimenter et les faire progresser ? Les grandes entreprises souffrent aujourd’hui de deux grands maux : une transformation brutale et sans merci qui n’attend pas les retardataires, la rupture qui est sur toutes les lèvres ; et des problèmes évidents de management.

On a mis à l’écart les managers, au profit de la robotisation, des financiers et des grands stratèges sans anticiper à moyen terme les effets dévastateurs d’un manque de management. Car les managers qui sont les opérationnels, les courroies de transmission entre les décideurs et les équipes qui redescendent les informations et les font aussi remonter aux stratèges, sont la clé pour maintenir la cohésion et garder le cap. La revanche que les stratèges ont voulu prendre sur les managers en se tournant vers la sphère du digital ne peut pas fonctionner.

L’actualité d’Air France et de la SNCF montre clairement qu’une entreprise ne peut pas fonctionner sans l’adhésion de son personnel insufflée par un vrai manager qui est là pour piloter la transformation. Si le stratège donne le cap, c’est bien le manager qui trace la route et dirige le navire à travers les écueils et autres obstacles. Ce serait une erreur de se passer des uns ou des autres, les entreprises ont besoin des deux profils pour performer. De bons stratèges pour piloter mais aussi de bons managers pour accompagner, fédérer et faire adhérer les collaborateurs aux valeurs et aux objectifs de l’entreprise.

Or, on voit deux mondes évoluer en parallèle, parfois s’affronter alors qu’ils devraient collaborer, le management et sa vision locale face à la stratégie et sa vision globale. Seulement ces deux univers sont totalement interdépendants. Le sommet a besoin de la base dans nos métiers pour performer. Pour transformer et adapter sans cesse sa servuction mais aussi la définition de ses produits et être réellement en phase avec les attentes des clientèles. Les établissements doivent s’ancrer fortement dans leurs destinations car c’est ce que les clients attendent. Ils ne veulent pas uniquement un lit et un petit-déjeuner, ils veulent vivre une expérience à la fois dans l’établissement mais aussi dans la destination. Car la différenciation ne se fait pas uniquement entre un établissement et un autre mais aussi entre une destination et une autre.

Jusqu’ici, la pénurie d’offre et la forte demande liée à la mondialisation ont poussé les financiers à augmenter leurs prix de vente. Le rapport qualité/prix s’en est trouvé grandement déséquilibré. Les salariés n’ont pas été rémunérés à leur juste valeur, on n’a pas su leur donner envie de rester et de progresser au contact des clients. On sait pourtant qu’une main-d’œuvre inadaptée et démotivée nuit fortement à la servuction a fortiori dans nos métiers ! Les autres secteurs ne se privent d’ailleurs pas pour venir recruter les professionnels de l’hôtellerie, friands de leurs compétences et de leur savoir-être.

La rupture n’attend pas, il faut s’adapter, se restructurer et surtout savoir conserver ses atouts car une entreprise n’est rien sans ses forces vives. On n’a encore jamais vu une entreprise performante sans salariés impliqués, investis, motivés, fédérés qui apportent chacun leur pierre à l’édifice en alimentant la salle des machines en idées novatrices ou tout simplement en prêtant quotidiennement leur sourire et leur visage et en donnant une âme aux établissements pour lesquels ils travaillent.

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