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Édito

Rien est à l’origine de rien!

Pas de doute la machine est grippée, le parc hôtelier français est quasiment stable depuis 15 ans. A l’inverse, toutes les autres destinations majeures et concurrentes ont largement développé le leur face à la mondialisation et à la libéralisation du commerce et du voyage. C’est le cas en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni… Il est temps de se pencher sur le moteur de l'offre d'hôtels française avant qu'il ne tombe définitivement en panne. Pour l'instant nous sommes en manque de carburant mais attention car le disfonctionnement s'aggrave.

Même si selon les méthodes les chiffres sur le parc hôtelier divergent, selon qu’on intègre les hôtels classés ou non, fermés pour travaux, en liquidation, en fermeture définitive voire en fermeture saisonnière… Une chose est certaine, la tendance sur une période longue est incontestable. Dans le meilleur des cas on a une stagnation, dans le pire une diminution, mais dans tous les cas, on constate une hôtellerie en forte diminution dans le périurbain et dans les petites villes faute de demande et à cause des charges lourdes qui pèsent sur ces hôtels. La France, première destination touristique mondiale, territoire aux multiples trésors et aux multiples possibilités souffre visiblement fortement. Non seulement le parc d'hôtels ne progresse pas mais en plus la destination attire de moins en moins d'investisseurs. La montée des prix de l’immobilier, la détérioration des comptes d’exploitations des hôtels, la difficulté à trouver des crédits ou encore la loi sur les CDEC en son temps, expliquent largement le désamour des investisseurs pour ce métier. On a assisté plutôt à sa financiarisation avec des opérations menées sur le court terme qui ne permettent pas d’entretenir, de développer et de faire fructifier sainement le parc hôtelier français.
Des destinations comme la Côte d’Azur et l’Ile-de-France deviennent moins attractives pour les touristes au profit de destinations plus « in » comme la côte catalane ou encore des villes telles que Londres ou Berlin. Car le reste du monde n’attend pas et continue de progresser, d’innover, rayonnant avec un dynamisme qui attire toujours plus de visiteurs.

Cette année, l’hôtellerie économique périurbaine accuse un net recul. Vieillotte, essoufflée, en manque d'image de marque, elle n'est plus rentable et est cédée à des hébergeurs sociaux. Quartiers à mauvaise réputation (usurpée ou basée sur la réalité), difficiles d'accès, ou encore prestations inadaptées aux besoins actuels des clientèles, ont petit à petit eu raison de ces établissements. Quant au parc en zone rurale, il continue à maigrir à vue d'œil menaçant la vitalité de nos campagnes car ce sont parfois les seules activités économiques qui perdurent dans des zones souvent désertées. Victimes de la suppression des pré-enseignes, parfois mal gérées ces perles du terroir français se meurent à petit feu.

La pénurie d’offre a largement favorisé, pour certaines destinations, Airbnb. L'arrivée de l'offre collaborative et le développement des hostels qui remettent sur le marché des hébergements en centre-ville à des tarifs accessibles ne pardonnent pas. Pourquoi faire des kilomètres vers des quartiers parfois mal desservis pour dormir dans des établissements sans charmes quand on peut séjourner dans le dernier établissement à la mode ou en plein dans un quartier branché et vivre une expérience différente ?

Il n'y a pas de mauvais outils mais de mauvais artisans. Il serait temps que chacun se retrousse les manches et participe à l'effort collectif pour remettre les gaz. Si nous n'investissons pas dans nos destinations, elles ne survivront pas. Si nous ne redynamisons pas notre offre hôtelière avec des concepts attrayants et adaptés aux besoins de nos clients, les touristes ne viendront plus dormir chez nous. C'est l'évidence même, pourquoi faire basique quand on peut faire simple, accessible, économique et novateur?

Qui prendra les choses en main ? Qui cherchera et trouvera les solutions au mal français ? Le gouvernement est-il prêt à mobiliser tous les acteurs susceptibles de booster l’offre ? Chacun doit prendre ses responsabilités, les organismes d’Etat doivent appuyer les entrepreneurs de l’hôtellerie et du tourisme au lieu de les abandonner comme a pu faire la Caisse des Dépôts et Consignation en se retirant du capital d’AccorHotels Group, de Belambra, ou encore de Club Med au profit d’investisseurs chinois. Parions que le savoir-faire français qui servira j’espère pour le développement des infrastructures hôtelières en Chine continuera à prospérer dans son pays d’origine. Quant aux qataris, qui ont bien investi dans les palaces français ce dont on ne peut qu’être satisfait, pourquoi ne pas offrir aux entrepreneurs français des facilités également ? Pourquoi deux poids, deux mesures ?
Il faut aider les hôteliers à jouer leur rôle qui est de créer et inventer sans cesse pour attirer le client. Une chose est certaine, si rien est à l’origine de rien, sans nouvelle offre et sans les investissements, pas de nouvelles parts de marché en vue et un grand risque de perdre celles qu’on a !

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