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Édito

Une main lave l’autre et les deux le visage

On l’a dit et je le répète encore ici, la formation est déterminante pour la bonne santé de notre secteur qui passe aussi par le bien-être de ses forces vives et in fine, la satisfaction client. Pour instaurer ce cercle vertueux une formation adaptée, cohérente, avec les métiers est indispensable. Or, les professionnels ont de plus en plus l’impression que le fossé se creuse entre les académiques et les opérateurs. Les pédagogues ont parfois laissé s’éloigner les réalités du terrain et manient la théorie avec maestria bien qu’elle soit à des années lumières des besoins réels des hôteliers.

Il y a d’un côté les grandes écoles hôtelières qui dispensent une formation d’excellence aux futurs managers du secteur. Ces jeunes voient du pays, touchent à de nombreuses disciplines et reçoivent une formation performante mais ils sortent de leur formation initiale déconnectés des réalités du marché. Toucher 3000 € en tant que jeune diplômé relève plutôt de l’exception que de la norme et peu semblent en avoir conscience. Ce hiatus participe de la désertion du secteur par les jeunes diplômés qui partent exercer dans des secteurs plus attrayants des industries du service, leurs attentes étant totalement démesurées par rapport à ce que l’hôtellerie peut leur offrir.

Nous touchons là à un problème central : comment attirer des jeunes talents si on ne peut leur offrir des perspectives d’évolution ? L’ascenseur qui fonctionnait si bien il y a encore quelques décennies est clairement en panne. Les métiers situés en bas de l’échelle sont très mal valorisés, peu rémunérés et n’attirent personne, ils sont difficilement pourvus par des actifs peu qualifiés qui cherchent avant tout un moyen de subsistance.

Les formations en CAP, BEP ou en Bac Pro du secteur ne sont pas valorisées. Pourtant il y a encore des professionnels qui s’épanouissent et qui progressent dans les métiers opérationnels comme la salle, la cuisine ou encore la gouvernance, la réception et l’économat. Il faut des gestionnaires qui sont indispensables certes, mais n’oublions pas les opérationnels qui font tourner les établissements et sont bien souvent les premiers en contact direct avec le client…

Le constat est déplorable mais il existe des solutions nous le savons. L’Allemagne est encore une fois un modèle sur la formation et l’employabilité des futurs professionnels du secteur hôtelier. Quand on accueille et qu’on forme un jeune, qu’on lui transmet la passion du métier, les ficelles, les petites satisfactions quotidiennes, il a envie de rester et de s’épanouir. Encore faut-il être prêt à l’accueillir, savoir s’y prendre et s’adapter à sa personnalité, à ses capacités et à ses aspirations. Il y a peu de choses plus difficiles à faire que transmettre, a fortiori quand on doit lutter au quotidien pour faire tourner et prospérer une affaire.

Quand serons-nous capables d’innover réellement au sein de notre secteur ? Pourquoi la disruption devrait-elle toujours venir de l’extérieur ? Cassons les codes et les barrières, collaborons, réfléchissons ensemble et avançons. Avis à tous les professionnels de la formation initiale et continue, travaillons ensemble et progressons car l’avenir de notre industrie se joue aussi en partie en fonction du dynamisme de ses employés. Ne nous trompons pas, il existe de belles initiatives qui portent leurs fruits mais elles sont encore trop confidentielles. Alors venez réfléchir avec nous au prochain Global Lodging Forum lundi 15 et mardi 16 avril 2019 et construisons un mouvement commun pour l’avenir des professionnels du secteur. Car comme nos deux mains ont besoin l’une de l’autre pour se laver, professionnels et pédagogues doivent se côtoyer pour montrer un visage propre et attirant aux futurs professionnels du secteur.

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