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Édito

On a plus besoin de la reconnaissance de l’Etat que de ses connaissances

Mama Shelter, 25 Hours, Jo&Joe, M Gallery, Tribe, Radisson RED, Radisson Collection, Aiden, Sadie, Glo, Vib, Moxy, Autograph Collection, Luxury Collection, Renaissance Hotels, Indigo, Kimpton, voco, nhow, NH Collection, Hampton by Hilton, motel one, Citizen M, Meininger, eklo, OKKO…. L’offre européenne est en pleine transformation, les nouveaux concepts hybrides fleurissent mais en parallèle, une partie de l’offre historique s’essouffle. Pas assez de CAPEX donc une offre vieillissante qui renvoie une image négative de la destination… Cette stratégie fonctionne en période de pénurie mais ne doit pas masquer les problèmes d’une partie de l’offre hôtelière française.

La cible est manquée

Rappelons que le classement hôtelier avait été initié pour protéger le consommateur, mais il semblerait que la flèche ait été déviée et n’ait jamais atteint sa cible. Certains en ont profité pour augmenter leurs prix créant un déséquilibre malsain entre les standards du client et le produit qui lui était proposé, les comptes d’exploitation étaient gonflés artificiellement. Deuxième effet pervers, la montée des prix de l’immobilier dans les zones en tension qui a bénéficiée à la fois aux financiers via les plus-values réalisées et à l’Etat à travers les taxes récupérées. Quoi qu’il en soit, l’objectif initial n’est clairement pas atteint.

D’un côté en entrée de gamme, on ne sait pas où mettre les Meininger, Mama Shelter ou autres citizen M qui offrent parfois des prestations bien plus complètes qu’un établissement moyenne gamme traditionnel. Les critères de classement sont obsolètes, basés sur des m² et des prestations en chambre sans réelle prise en compte des nouvelles attentes des clientèles qui sont prêtes à « sacrifier » une partie de l’espace privé à partir du moment où on leur propose une expérience hors du commun et un nombre de services réellement en adéquation avec leurs besoins.

A l’autre bout de la gamme, on s’interroge également sur la distinction Palace. Y aurait-il des palaces « palaces » et des palaces « un peu moins palaces » ? Les quelques 2716 chambres (dont 1705 parisiennes) distinguées palace offrent-elles toutes des prestations à la hauteur de cette appellation historique et patrimoniale ? Comme dans le classement du Guide Michelin avec des étoilés qui veulent sortir du guide, il y a certains palaces qui s’interrogent sur l’intérêt d’avoir cette distinction au regard de leur propre image de marque souvent plus forte que ce label. Les clients cherchent, en plus du lieu mythique, avant tout des expériences uniques qu’on ne trouve pas dans tous les palaces.

Et le client ?

Rien d’étonnant car à partir du moment où le consommateur n’a pas été impliqué dans cette réflexion, ce classement était voué à l’obsolescence. Un classement se doit de refléter l’opinion du consommateur si l’on veut qu’il s’en empare. Ce décalage entre les critères de classement et la réalité, peut se révéler contreproductif à la fois pour les destinations et les opérateurs. Dans un marché mondialisé, plus que jamais le développement et repositionnement de l’offre est nécessaire, sinon on ne parviendra pas à attirer une nouvelle demande. On a besoin de produits forts et attractifs, au goût du jour et le classement handicape la naissance de nouveaux concepts français. La société et les habitudes des consommateurs évoluent à une vitesse époustouflante, il faut pouvoir suivre la cadence car c’est une nécessité si on ne veut pas être discrédité.

Les croisiéristes ont revu leurs produits et services, l’offre d’hôtellerie de plein air est en pleine mutation, les resorts recentrent également leurs offres sur le client, c’est au tour des hôteliers de rentrer de plain-pied dans cette nouvelle ère. Ils se sont longtemps jetés corps et âmes dans la bataille de la distribution, il est temps de changer de stratégie, car cette bataille étant perdue, il est mieux d’investir ses forces dans une politique tournée vers le produit.

L’Etat apporterait plus en investissant et en s’occupant de la promotion des destinations françaises. Il peut s’appuyer sur les professionnels et lancer une concertation sur les sujets techniques sans oublier de consulter les consommateurs sur leurs besoins et leurs attentes.

La profession a plus besoin de la reconnaissance de l’Etat que de ses connaissances qui sont en décalage avec les réalités du marché.

Georges Panayotis

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