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Édito

L’Europe du digital… Yes we can!

Cocorico, Google a installé un centre de recherche sur l’intelligence artificielle la semaine dernière à Paris. L’arrivée de notre président y est pour quelque chose, lui qui croit en l’importance de devenir une grande nation du numérique. Ce sont à terme mille emplois créés par le géant américain à Paris dont une proportion non négligeable de chercheurs en développement et en intelligence artificielle. Une bonne nouvelle donc pour l’avenir de notre secteur car le nombre d’applications que nous pourrons donner à cette nouvelle science est, par définition, infini.

L’intelligence artificielle a quelques années derrière elle, elle n’en est pourtant qu’aux balbutiements en France, il est fort dommage que seuls les GAFA mènent un réel travail de recherche dans ces domaines et prennent donc une avance considérable sur les entreprises européennes et françaises. Nous allons dans la bonne direction mais la route est encore longue et nous voyons loin devant les Google, Amazon, Facebook, Apple… qui exploitent jusqu’à la lie les données clients considérables dont ils disposent pendant que de notre côté de l’Atlantique, faute de mettre tout le monde d’accord, on discute, on ergote, on s’interroge. Peut-on utiliser les données clients ? Jusqu’où peut-on aller ? Comment les sécuriser ? Les dernières actualités du géant Facebook nous montrent que nos cousins américains ne souffrent pas de ce type de scrupules.

Soyons clairs, il ne s’agit pas de mettre les données personnelles de chacun en libre accès, mais ne nous voilons pas la face, Google en sait plus sur nous même que parfois nos propres enfants. Ce qui m’intéresse, ce que je consomme, où je me rends et quand, avec qui je communique et sur quels sujets… rien n’échappe au mastodonte qui ne se prive pas d’exploiter mes données pour engranger toujours plus de chiffre d’affaire via Addwords par exemple. Tout cela est bel et bon me direz-vous mais que faire ? Comment faire et avec qui ? La démarche du président est un premier pas vers notre entrée dans le 21ème siècle, indispensable si nous voulons continuer à compter parmi les grandes puissances mondiales. Car ne soyons pas naïfs, si cela ne se passe pas chez nous, cela se passera ailleurs dans le monde. La Chine a mis en place un plan d’investissement ambitieux sur l’intelligence artificielle et entend bien ne pas se laisser distancer par l’Amérique du Nord. Il est primordial également que notre secteur s’approprie cette science qui offre des opportunités infinies.

Pourquoi aller perdre son temps sur le site d’un hôtel alors que je peux réserver en deux clics sur Booking ? Notre secteur a entamé sa mutation, certains y travaillent depuis plusieurs années comme Sébastien Bazin chez AccorHotels dont le rêve était de créer un deuxième Airbus comme ce fut le cas à la fin des années soixante grâce à l’alliance entre le couple franco-allemand et qui a depuis accueilli des britanniques, des espagnols ou encore des belges. On trépigne d’impatience pour voir la naissance d’un airbus du numérique, alors que certaines des entreprises prometteuses du secteur, comme Booking qui avait été fondée par un néerlandais pour ne citer qu’elle, sont immanquablement rachetées par des géants américains. Où est notre force de frappe ? Pourquoi ne se bat on pas pour garder nos pépites ? Pourquoi les cerveaux du secteur préfèrent partir vers la Silicon Valley ? En 2017, les entreprises françaises ont créé 678 600 emplois aux USA contre 481 000 emplois créés sur le sol français par les américains.  Il nous faut donc réfléchir vite et bien en nous posant les bonnes questions.

Sébastien Bazin a créé les conditions d’une transition vers le numérique au sein de son groupe et a chargé Maud Bailly d’incrémenter cette transformation. Certaines initiatives commencent à porter leurs fruits même si elles sont encore perfectibles. Il est toutefois évident que ce n’est pas en se cachant derrière notre petit doigt que l’on se préservera de la lame de fond qui bouleverse notre société. En 2018, tout est numérique, tout est données, tout est algorithmes, ne pas en prendre conscience c’est mourir à petit feux. Quand politiques, fonctionnaires et entrepreneurs se mettront-ils d’accord en France et en Union Européenne ? Si l’Europe veut peser de nouveau au niveau mondial, nous devons mutualiser tous nos talents, nos moyens, nos forces et nos idées… Yes we can!

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