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Édito

La guerre est une succession de batailles

A l’heure où sont écrites ces lignes, personne ne connait encore l’impact qu’aura cette pandémie du Covid-19. Tous les gouvernements ont déclaré la guerre au Covid-19, mais ne s’agit-il pas plutôt d’une bataille, à laquelle succéderont celles économiques et financières ?

Nous connaissons tous, le monde que nous laissons au moment de rentrer dans nos confinements, mais difficile encore d’imaginer celui d’après. A la crise sanitaire, suivra celle économique sûrement accompagnée de changements sociétaux significatifs. 

Au moment où émergeaient dans le monde la prise de conscience écologique et les politiques de RSE en entreprise, le sous-jacent de ce mouvement est de donner plus de sens à l’action individuelle, mais aussi collective. Être plus respectueux de nos impacts sur l’environnement, mais aussi sur la qualité de vie des collaborateurs. 

Quand il sera temps de dresser des bilans et de se projeter, l’expérience client et collaborateur resteront surement le maître mot, mais leurs codes seront probablement différents que ceux qui nous servent de grille de lecture actuellement. Inévitablement, ils attendront plus, notamment en termes de sécurité et d’hygiène. La perception de valeur pour les séjours de loisirs et la rationalisation de ceux d’affaires rebattront durablement les cartes. 

Beaucoup de scénarios économiques fleurissent, après l’ouverture de la boîte de pandore monétaire, certains espèrent de l’inflation et d’autres craignent de la stagflation (chômage élevé et forte hausse des prix). Quel que soit le scénario, souhaité ou subi, notre secteur ne ressortira pas indemne de cette crise sanitaire majeure, inédite et mondiale.

Au moment où l’économie globalisée se met en sommeil, emportant avec elle celles nationales, où chacun est préoccupé à faire atterrir l’avion avec le moins de casse possible, chaque nation doit travailler dans un premier temps aux plans de relances individuels nécessaires au redémarrage de leurs économies respectives. Cela contribuera au redémarrage des échanges mondiaux dans un second temps. 

Le retour à une économie globalisée, telle qu’on l’a connue ces dernières décennies, s’il revient, se fera dans un temps plus long que celui que l’on imaginait initialement. La réouverture des frontières et la libre circulation ne se fera pleinement qu’une fois tous les foyers de l’épidémie maîtrisés. A ce jour, il est impossible de tirer un premier bilan sur la fin de cette pandémie, ni sur l’ampleur qu’elle atteindra dans le monde. En temps de crise, il faut savoir décider dans le brouillard, c’est-à-dire avec peu d’informations et de certitudes. C’est le moment de faire preuve de créativité !

Certains évoquent la réindustrialisation des outils productifs et de ses savoir-faire, ce qui prendra du temps et dont la trajectoire se situe à 10 ans. La priorité des plans de relances doit se concentrer sur le redémarrage de la consommation domestique et en premier lieu, les services.

En France, le tourisme représente 8% du PIB et 2 millions d’emplois directs et indirects. La sortie de crise se fera avant tout par la demande domestique. Sur les 89,3 millions de touristes accueillis en France en 2018, 19,3 millions étaient extra-européens. Après les mesures économiques d’urgence pour sauver les entreprises du secteur, il faudra un choc de la mobilité pour que l’ensemble des Français puissent irriguer économiquement les territoires, mais également un choc de compétitivité dans un contexte où la demande sera certainement en berne pour un moment. Il sera vital que les touristes français, dont le pouvoir d’achat est soutenu avec nos déficits, privilégient des destinations en France pour faire repartir les économies touristiques locales et la chaîne d’acteurs économiques associés. Certaines réalisent plus de la moitié de leur chiffre d’affaires annuel en saison estivale. Sans parler de la saison d’hiver en montagne qui s’est achevée sans les vacances de printemps privant les professionnels d’une part substantielle de leurs revenus.

Chaque crise est spécifique, elles ont différent éléments déclencheurs et chacune un contexte propre. Après la crise de 1993, l’arrivée des concepts d’hôtellerie économique de chaine standardisée en France a permis de redonner un élan au secteur. Il faudra de nouveau réfléchir à ce que seront les concepts de demain, adaptés à la situation après COVID-19.

Au moment où les coordinations et les solidarités entre les grands ensembles économiques ont du mal à prendre forme, il faudra compter en premier lieu sur notre capacité intrinsèque à faire redécoller notre économie avec nos savoirs faire, nos collaborateurs, notre demande et une forme de souveraineté économique retrouvée qui servira de base et d’équilibre aux retours des échanges plus globaux. Chacun d’entre nous se doit d’être à la hauteur de ce rendez-vous avec l’histoire et doit prendre sa part de responsabilité dans la construction du monde de demain.

Au-delà de l’enjeu économique, notre secteur est au cœur des valeurs humaines d’ouverture vers l’autre face au réflexe naturel de repli en cas de danger.

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