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Édito

Il est temps de travailler sur nos gains de productivité

Alors que l'impact de la crise COVID qui a débuté en Europe et en France en mars 2020 commençait à s'atténuer, dès le 24 février 2022, l'invasion russe de l'Ukraine a apporté une nouvelle source d'incertitudes pour les semaines et mois à venir, voire plus.

L'impact de cette crise géopolitique est bien moindre que celui du COVID mais elle rend la prévision économique plus incertaine. Elle dépend en effet en partie de facteurs qui sortent du cadre de l'analyse économique habituelle, comme les développements à venir de la situation militaire ou les sanctions contre la Russie. 

Nous constatons un très faible impact des crises consécutives sur les taux d'occupation. Les performances ne s'infléchissent que sur les micro-marchés pour des raisons très spécifiques. Ce qui est réellement en jeu, c'est l'inflation. Les coûts de production des services doivent donc nous amener à réaliser des gains de productivité.

Au moment où ces lignes sont écrites, la crise russo-ukrainienne évolue encore chaque jour de manière imprévisible. Cependant, il est désormais possible d'analyser les principales retombées de la crise sur la macroéconomie et les dynamiques hôtelières.

En raison de l'embargo sur les produits russes et de l'impact que les coûts énergétiques peuvent avoir sur les autres secteurs, le taux d'inflation global dans l'Union européenne devrait rester élevé toute l'année, selon Eurostat. Ces hausses sont à ajouter à l'inflation des matières premières alimentaires.

Si l'analyse des performances hôtelières et des évolutions du PIB ont historiquement montré une forte corrélation entre le PIB d'un pays et ses performances hôtelières, la crise du COVID a généré un découplage des tendances économiques et hôtelières. L'impact des limitations de voyage et d'autres facteurs sanitaires a massivement dépassé l'impact des tendances économiques sous-jacentes. 

En outre, alors qu'une baisse du PIB aurait, en temps normal, un impact négatif sur les taux d'occupation des hôtels, à l'inverse, une hausse de l'inflation aurait un impact positif sur les prix moyens jusqu'à un certain point. Sans tenir compte de l'effet COVID, ces deux tendances contraires devraient avoir un impact limité sur le RevPAR des hôtels. Cependant, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel et la hausse des prix n'est pas illimitée.

Après le début de la crise ukrainienne, les prises de réservations hebdomadaires ont nettement ralenti fin février, mais sont rapidement revenues à la normale. 

De plus, ce regain de dynamisme consécutif à la vague Omicron est soutenu par les prix moyens qui sont remontés à leur niveau d'avant la crise dès la 7e semaine de 2022. Cette reprise précoce des PM devrait soutenir le RevPAR des hôtels dans les semaines et mois à venir. Jusqu'à présent, il est meilleur que ce qui avait été prévu en décembre, compte tenu de la durée intense mais très courte de la vague "Omicron". 

Les performances hôtelières à court terme seront techniquement soutenues par la reprise post-crise. Jusqu'à l'été, l'activité sera florissante pour l'industrie hôtelière européenne. Ce qui est à surveiller avec la plus grande attention, c'est la fin de l'année à partir de septembre.

Plusieurs villes de Chine, dont Shanghai, sont à nouveau placées sous confinement. Quels sont les impacts à moyen terme à prévoir sur l'économie mondiale ?

Les deux principaux problèmes sur lesquels le secteur de l'hôtellerie doit se concentrer et qu'il doit anticiper, sont la pénurie de main-d'œuvre et les conséquences de l'inflation.

De nombreux facteurs doivent être pris en considération pour planifier les performances à venir de l'industrie hôtelière européenne. Cependant, la situation actuelle est inédite. Dans ce numéro, nous souhaitons vous donner un maximum de clés pour préparer vos planifications stratégiques pour les années à venir.

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