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Édito

Et il ne resta que l’espérance dans la boîte de Pandore

Lorsque Pandore ouvrit la jarre contenant tous les maux de la terre, incapable de résister à la curiosité qui la dévorait, elle les répandit sur terre, laissant dans le récipient l’espoir hors de portée des hommes. C’est pourtant l’espoir, l’optimisme et la ténacité qui guident le secteur du tourisme pour traverser la crise de la mobilité causée par les restrictions liées à la pandémie de COVID 19. Elle touche à sa fin et avec elle, une nouvelle lueur d’espoir apparaît au bout du tunnel.

En ce début d’année, on constate que le bilan 2020 de l’activité hôtelière, au-delà de son caractère totalement inédit, a été celui des contrastes. Nous l’avons largement commenté dès la fin de l’année, et poussons une analyse détaillée dans le numéro 304-305 du magazine Hospitality ON.

Après le rendez-vous de septembre 2020 manqué, le deuxième trimestre 2021 devrait marquer un rebond technique, une décompression de la demande, notamment pour l’hôtellerie économique. Le secteur va probablement retrouver rapidement les deux tiers de son activité d’avant crise, avec un été qui s’annonce similaire à celui connu par la profession en 2020 et de bonnes surprises ne sont pas à exclure pour certain.

Dans ce contexte de reprise à venir, dans notre secteur exsangue de trésorerie, il faudra que chacun mesure la pertinence de politiques tarifaires adaptées, sans tomber dans l’écueil inutile de guerres de prix excessives. Cela pourrait ajouter de la douleur à la période écoulée en déstabilisant le fragile équilibre que chacun souhaite retrouve. Cette mécanique de précision devra se remettre en marche tout en préservant la saine et nécessaire concurrence entre acteurs du marché.

Si l’on peut se réjouir d’un début de reprise vers le mois d’avril, il faut garder à l’esprit le fait que celle-ci sera également marquée de contrastes. Celui entre les destinations, celui entre les segments de clientèles, ou encore celui entre les typologies et gammes d’établissements. Pour la reprise dans les grandes métropoles, il faudra être plus patient et porter son regard sur le mois de septembre 2021, pour sentir la brise d’une activité plus dynamique.

« Soit je gagne, soit j’apprends », c’est sûrement le bon état d’esprit, scandé par Nelson Mandela, pour tirer des leçons utiles de la période écoulée.

Les clientèles domestiques et régionales ont servi d’amortisseur et seront sûrement un levier de la reprise. La dynamique du segment loisirs a montré une résilience intéressante. C’est également le cas des marchés dits « tiers III » qui, dans ce contexte, ont su tirer leur épingle du jeu et sortir de l’ombre des grandes métropoles, motrices de l’investissement ces dernières années.

Le secteur a également pris conscience, plus que jamais, de l’interdépendance entre les acteurs de la filière caractérisant la complexité de son écosystème. La famille de l’hospitalité s’est agrandie et englobe plus largement la logique d’exploitation d’un actif à travers la fourniture d’un service. Elle appelle à repenser les modèles d’exploitation avec plus de modularité dans les espaces et d’hybridation dans les concepts. C’est la recette vers une diversification des sources de revenus et des segments de clients dans les établissements. Il s’agit d’ajouter des facteurs de résilience à l’équation de performances économiques ayant eu cours ces dernières années.

Dernier ingrédient pour envisager la reprise, on se doit tout de même de saluer les mesures de soutien envers notre secteur mises en place par les gouvernements européens. Bien que perfectibles, elles ont eu le mérite de sauvegarder une grande partie de l’outil productif de l’industrie touristique. La France à fait figure de bon élève dans ce domaine.

Désormais, c’est tout un secteur qui attend une politique de relance ambitieuse pour tirer le meilleur parti de cette période inédite. Certains modèles déjà mal adaptés en 2019 vont devoir accélérer leur mutation et leur restructuration. Cela paraitra peut-être brutal, mais nous allons inévitablement vivre une restructuration rapide de l’offre qui généralement s’opère naturellement sur un cycle de 7 à 8 ans. Nous traiterons de ce point plus en détail dans la prochaine édition d’Hospitality ON le mag (mars-avril 2021).

Reste à savoir qu’elle sera l’ambition des européens pour cette industrie qui est, quoi qu’on puisse en penser, une industrie d’avenir voire stratégique

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