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Édito

Dans tout pépin, il y a butin… mais pour qui ?

Favoriser, encadrer, réguler, conserver le patrimoine commun… voici les principales missions des gouvernements et des agences qui doivent les prendre à bras le corps. Créer, développer, concevoir, innover, connaître son marché, benchmarker … ce sont celles des professionnels du secteur à qui les gouvernants doivent accorder leur confiance pour savoir comment agir afin de préserver leurs parts de marchés. On peut être tenté de déborder sur les plates-bandes de l’autre. « C’est pourtant en assumant chacun ses rôles bien déterminés et en poussant toujours plus loin l’expertise, le savoir-faire, la connaissance que l’on construira une stratégie touristique solide et pérenne. » A travers les débats, en challengeant les uns et les autres, on continuera à progresser.

Les institutions publiques ont pourtant tendance à créer des agences publiques/privées qui opèrent une espèce de lobbying non représentatif de la profession en utilisant toute l’influence de la sphère gouvernementale pour proposer aux entreprises des services qui peuvent être disponibles aussi auprès des entreprises privées. Ces organes servent également à placer des fonctionnaires pour service rendu sans tenir compte de leur réelles capacités. Cette concurrence déloyale fausse les règles du secteur en essayant de créer un écosystème qui n’est pas sain. Quelle drôle de façon de faire pour la force publique, en pleine crise des gilets jaunes, de venir empiéter sur un marché de libre concurrence alors que les institutionnels ne sont en aucun cas tenus par une obligation de rentabilité. Comment dans cette optique imaginer la poursuite d’une économie saine ? Car n’oublions pas que la grande majorité des entrepreneurs en France, et aussi dans notre secteur, ce sont des PME et des TPE. La liste des marchés que la force publique tente de s’approprier est longue et ce qui se met en place actuellement n’est vraisemblablement que la partie émergée de l’iceberg.

Cet iceberg reste dans les eaux territoriales mais rappelons-nous que les enjeux du tourisme pour les acteurs français et européens ne s’arrêtent pas à leurs frontières. Il ne semble pas normal qu’il y ait une telle frilosité des investisseurs publics dans l’hexagone et en Europe à accompagner les entrepreneurs vers l’étranger ; à les aider à prendre des parts de marchés dans d’autres pays.  « Tous les fonds d’investissement qataris, chinois… sont à l’offensive sur tous les marchés, prêts à saisir les meilleures opportunités, nous sommes toujours sur la défensive. » A part quelques groupes puissants, on n’aide pas les entreprises à développer l’exportation alors que nous sommes dans une économie mondiale.

Dans nos métiers, l’offre créée la demande et fortifie l’existant. Nous devrions donc capitaliser sur toutes ces pépinières pour créer de futurs trésors et les exporter très tôt afin de familiariser la clientèle internationale à nos marques et concepts et donner de la force à nos entreprises afin qu’elles puissent rivaliser au niveau mondial.

« La destination France a de sérieux atouts dans sa manche, une diversité naturelle et patrimoniale foisonnante, des marques fortes dans lesquelles nos capitaines d’industrie ont investi, à travers leurs groupes, des sommes colossales » : AccorHotels, Club Med, LVMH, Kering, Pierre&Vacances… pour n’en citer que quelques-uns… Elle peut aussi compter sur des labels territoriaux à forte notoriété : Champagne, Bordeaux, Bourgogne, Paris… pour attirer les touristes de tous horizons. L’Etat a toutes les cartes en main pour promouvoir ces pépites chargées d’histoire et à forte notoriété et attirer ainsi toujours plus de visiteurs. Au lieu de se disperser pour faire des métiers dont la légitimité revient aux entreprises du secteur privé et pour lesquels son expertise est limitée.

N’oublions pas que la France fait aussi partie de l’Union Européenne, on peut s’interroger quand on voit ce qu’est devenu le rêve de la CECA ? 6 états européennes se sont regroupés il y a bientôt 70 ans pour devenir plus forts. Au fil du temps, d’autres sont montés à bord, croyant en ce que l’Union Européenne pourrait leur apporter. Mais où en sommes-nous ? A l’heure où la France et son voisin italien sont incapables de s’entendre, à l’heure où la commission européenne refuse la naissance d’un géant du rail, on s’interroge sur la route prise par le vaisseau européen. N’oublions pas que si nous additionnons les 27 pays de l’UE c’est de loin la première destination touristique au monde. L’absence de stratégie commune, ne permet pas sur ce secteur, de rivaliser aves les grandes entreprises de la toile. Les GAFA s’intéressent aussi de plus en plus aux produits touristiques et ont les moyens aujourd’hui d’étendre leur emprise sur cette industrie en conquérant massivement les parts de marché, si rien n’est fait avant. Espérons donc que le vaisseau européen parvienne à repartir sur le bon cap ... cela dépendra aussi de nos politiques qui devront se montrer à la hauteur de ces enjeux.

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