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Édito

Attention de ne pas plumer la poule aux œufs d’or !

La France affiche des performances touristiques largement au vert et c’est tant mieux ! Après de longs mois de vache maigre les professionnels du tourisme et de l’hôtellerie retrouvent le sourire. Portée par une demande internationale toujours plus forte, la fréquentation touristique progresse et se porte bien. Profitons-en pour surfer sur la vague et prendre des parts de marchés. Car si la France a une longue tradition de l’accueil avec un patrimoine culturel et géographique attractif, de nombreuses destinations nous ont emboîté le pas. Les performances européennes sont également au vert et la France n’est pas la seule à pouvoir se targuer de résultats plus qu’encourageants.

Notre secteur est redevenu prospère, ne faisons pas l’erreur de nous reposer sur nos lauriers ou pire, de saborder le navire. Le gouvernement souhaite investir et travailler pour le secteur nous en sommes ravis mais il est important que chacun reste dans son rôle. Attention à la dangereuse tentation de devenir juge et partie, ce serait contraire aux règles de la propriété privée, certains ajouteraient que les entreprises publiques privées ne fonctionnent que très rarement. Il suffit de regarder Air France pour constater que l’Etat ne leur apporte rien. Il ne peut être à la fois acteur et régulateur du système.
Le travail opérationnel doit revenir aux professionnels alors que l’Etat et ses organismes doivent se concentrer uniquement sur la promotion de la destination et proposer des solutions vraiment en adéquation avec les codes et les canaux de la communication actuelle ce qui est loin d’être le cas quand on voit les sommes dépensées actuellement. Ces budgets anémiques nous positionnent comme une destination de seconde zone. Nous battons en revanche des records en fanfaronnades, comités Théodules, études à orientation politique ou encore décompte des touristes à leur arrivée et à leur départ,… là aussi nous sommes les champions du monde.

D’autres participent à leur façon de manière méthodique et appliquée à ternir l’attractivité des destinations touristiques françaises. Le yield management permet de maximiser le chiffre d’affaire d’un produit touristique, dont acte. Mais attention à ne pas scier la branche sur laquelle nous sommes assis car s’il est logique de maximiser ses profits, on tombe dans l’excès quand certaines compagnies aériennes proposent des billets d’avion allant du simple au décuple en fonction de la date de réservation. L’Etat, parfois partenaire de ces compagnies - sans oublier notre fleuron national qu’est la SNCF qui n’est pas en reste sur ce genre de politique tarifaire - ferme les yeux. Ce ne sont pas non plus les distributeurs qui vont se plaindre puisqu’ils touchent un pourcentage des tarifs appliqués. Mais, encore une fois, c’est le consommateur qui se retrouve otage de tarifs exorbitants, de là à se détourner vers des destinations moins gourmandes, il n’y a qu’un pas que les voyageurs sont de plus en plus nombreux à franchir. Ce système biaisé empêche la bonne économie, car comme la plus belle fille ne peut donner que ce qu’elle a, il ne reste plus assez de budget aux touristes pour se loger, se restaurer ou se distraire les coûts de transports étant surfacturés.

Autre exemple de la schizophrénie qui s’est emparée de l’Etat, le prix prohibitif des concessions dans les monuments et sites culturels français, terrasses, plages…, la concession, par exemple, de la restauration pour la Tour Eiffel atteint une telle somme qu’il est invraisemblable que le rapport qualité/prix soit satisfaisant pour le client final, là encore, une belle raison de mécontentement et un merveilleux repoussoir pour des visiteurs qui préfèreront finalement aller ailleurs où ils se sentiront moins arnaqués. Comment un Etat qui cherche à initier des actions destinées à redorer l’image de la France et à améliorer l’accueil des touristes peut-il d’un autre côté laisser des pratiques hors d’âge gâcher le travail déployé et l’argent investit ? On ne peut pas s’étonner du manque d’attractivité des filières hôtellerie et tourisme qui ont toujours du mal à faire le plein de main d’œuvre qualifiée quand on imagine les salaires qui peuvent être versés, ce qui dissuade le personnel de venir dans notre secteur. Avec un chômage important, le tourisme est un secteur qui manque de main d’œuvre, cherchez l’erreur…

L’Etat doit faire confiance aux professionnels mais doit aussi leur laisser les moyens pour travailler sereinement et efficacement. Si les bonnes volontés ne manquent pas, il faut penser à regarder le problème sous tous ses angles. La concurrence est telle que l’on ne peut se permettre de multiplier les erreurs sans compromettre la bonne santé d’un secteur qui est une véritable locomotive pour notre pays.

 

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