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Édito

Assez des élites, bienvenue aux entrepreneurs

Toute la profession s’accorde pour dire que le secteur manque de main d’œuvre. Très souvent les restaurants, bars, hôtels ne trouvent pas de personnel compétent, motivé et fidèle pour faire fructifier leur affaire et délivrer un service irréprochable au client. Une fois que l’on a fait le tour de la quadrature du cercle, on est au point de départ. On a vu de nombreuses concertations, tentatives, réunions, débats, idées… qui débouchent toutes sur des demi-mesures et finalement, ne résolvent pas grand-chose à cette problématique pourtant centrale dans notre profession faite de savoir-faire et de contact humain.

D’un autre côté, la France et l’Europe attirent un flux migratoire constant qui est loin d’être bien accueilli et le mot est faible. Plutôt que de mettre ces immigrés en quarantaine, pourquoi ne pas les intégrer à un programme de formation en lien avec les professionnels du secteur ? On pourrait pallier ce manque criant de forces vives qui conduit soit à la dégradation du service, soit à l’épuisement des gestionnaires d’établissement. Qui diminue très certainement l’efficacité et la productivité des sites. Car en cette période de reprise, le besoin de main d’œuvre ne peut que croître. La France grande puissance touristique autoproclamée, ne doit pas pour autant se priver d’innover. Devenons une terre d’asile et non d’exile qui transforme l’adversité en opportunité.

L’enseignement supérieur français dans notre secteur, peine par ailleurs à rivaliser avec les grandes écoles internationales. Beaucoup de nos directeurs, notamment dans les établissements haut de gamme, recherchent des profils avec une formation internationale. Ces grandes écoles hôtelières développent des programmes et diffusent leur savoir-faire à l’international. Certaines écoles françaises sont parvenues malgré tout à se hisser parmi les meilleurs établissements mondiaux, mais la France peut toutefois difficilement se targuer d’être parmi les premiers au niveau mondial. Elle dispose pourtant d’un patrimoine et d’une histoire riches et variés dans les domaines du tourisme et de la gastronomie qui pourraient lui permettre de revenir sur le devant de la scène. Le podium est actuellement occupé par des pays moins richement dotés mais qui ont su se faire une place en tête.

Il est certain que le rôle de l’Etat n’est pas de fanfaronner, de multiplier les comités Théodule ou encore de se regarder le nombril en comptant les touristes, voire d’inventer le thermomètre pour justifier sa politique. Il faut lancer de vrais chantiers pour améliorer la formation et développer les compétences des collaborateurs de notre secteur. Ecouter et rencontrer plus les professionnels du terrain car ceux qui conseillent l’Etat aujourd’hui, ne connaissent probablement pas assez le métier dans sa réalité. Le génie français n’appartient pas qu’aux fonctionnaires. Nos entreprises et nos écoles n’en manquent pas et ont du talent à revendre, à condition que l’Etat ne vienne pas s’immiscer tantôt en tant que juge, tantôt en tant que partie.  Les écoles manquent de moyens comme les entreprises manquent d’investissement et de promotion. C’est en investissant à bon escient que l’on pourra redonner l’envie d’avoir envie aux futurs professionnels du secteur.

Que l’on en finisse avec les budgets qui sont dilapidés dans des usines à gaz sans que l’on sache à quoi ils servent et ce qu’ils ont créé pour la profession en termes de valeur ajoutée. Et que l’on renoue avec un Etat moteur et catalyseur de l’activité économique pour le bien de tous sans aucune exclusion et sans rancune.

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