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Édito

Bon droit a besoin d’aide

Molière le disait il y a plus de 400 ans : cela ne suffit pas toujours d’être du bon côté, il faut parfois une aide supplémentaire, un coup de pouce qui permet d’aller plus loin et de réussir. L’industrie touristique affiche une santé impressionnante avec une croissance régulière depuis 20 ans et dont on peut prédire le maintien pour les années à venir. Il y a un peu plus de 60 ans, 50 millions de voyageurs se déplaçaient dans le monde, désormais ils sont plus d’1,3 milliard.

Le secteur du tourisme c’est 5% de croissance annuelle en moyenne, 1 emploi sur 10 dans le monde et 8 à 15% du PIB des pays développés. En France en 2016 le secteur représentait 49 milliards d’euros de recettes et 2 millions d’emplois directs et indirects. Une santé de fer, une croissance régulière, un développement de l’offre qui est loin de palier la croissance de la demande, des métiers couvrant toutes les chaînes de compétences : du technicien en passant par le personnel accueillant, le middle management et jusqu’au patron d’entreprise…. Que rêver de mieux ? Alors pourquoi ce secteur tellement moteur pour l’économie mondiale, tellement en phase avec les évolutions de notre société est-il si peu considéré par nos gouvernements ?

Alors qu’ont fait nos gouvernements pour soutenir notre industrie et accroitre son potentiel de développement ? Pourquoi a-t-on tardé à protéger les entreprises des raids menés par les fonds de pension ? Pourquoi n’a-t-on pas protégé les hôteliers des géants du web ? Comment accompagne-t-on les territoires dans le maintien de la qualité et le renouvellement de l’offre ? Comment favorise-t-on l’investissement ? Comment soutient-on les entrepreneurs du secteur ? Comment rend-on les filières du tourisme attractives pour les jeunes bacheliers ? Comment redonne-t-on la fierté du métier ? Comment valorise-t-on les métiers de l’hôtellerie ? Comment accompagne-t-on des entrepreneurs de TPE pour faciliter la gestion d’entreprise ayant un fort besoin de main d’œuvre ? Comment rationalise-t-on les réglementations pour soutenir le secteur et maintenir sa compétitivité ?

Le bilan est médiocre, car on passe depuis des décennies de comités Théodule en réunions entre soi en oubliant de s’adresser aux entrepreneurs du tourisme. On définit de grandes stratégies, on lance de grandes études, on en extrait de beaux chiffres – quand ils ne sont pas erronés - mais dans quel but ? Si chacun cherche à faire plus de bruit que l’autre, à annoncer en premier de bons chiffres et à se vouloir expert du secteur touristique, on épuise la machine en éparpillant les ressources, en omettant de coordonner les actions et en divisant le secteur. Les querelles de clochers et autres batailles d’égos sont assassines.

Les Etats-Unis, la Chine ou encore le Moyen-Orient investissent et développent très fortement leur offre alors qu’en France le parc hôtelier stagne en volume et vieillit mal. Si l’on peut attirer des investisseurs étrangers comment n’arrive-t-on pas à encourager les investisseurs français à participer au développement de leur économie ? Est-on « En Marche » pour écouter la profession ? Est-on fiers et valorise-t-on les entreprises qui ont réussi ? Est-on d’accord de leur redonner leur rôle pour innover, pour créer des emplois et faire émerger une offre nouvelle ? C’est ainsi que nous pourrons rester compétitifs sur la scène internationale, si chacun reste sur son pré carré et si les objectifs ne sont pas partagés et clairement définis, la destination France continuera de perdre de son éclat. Car s’il est vrai que la fréquentation touristique se maintient en France, il n’en est pas moins vrai que les destinations françaises perdent des parts de marché par rapport à leurs concurrentes internationales mais l’essentiel, c’est qu’elles fanfaronnent. Le danger c’est que les entreprises du secteur soient de moins en moins rentables, incapables d’investir les CapEx pour la rénovation de leurs produits et encore moins de relancer une offre en quantité et en qualité pour redonner à l’industrie la place qui est la sienne sur la scène internationale.

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