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Enquêtes

Parc hôtelier Français 2014 : l'hémorragie continue

Avec 635 000 chambres au 1er janvier 2014, le parc hôtelier français enregistre une chute de près de 10 500 chambres (-1,6%) par rapport à l’année dernière. Cette 6e année consécutive de repli a désormais ramené l’offre hôtelière française à un niveau inférieur à l’an 2000, effaçant toute une décennie de croissance de l’offre avant la crise. Les chaînes sont restées dynamiques mais ne compensent pas un recul très marqué de l’hôtellerie indépendante et volontaire, particulièrement en milieu rural et dans les villes secondaires. L’offre économique est cette année soutenue par les montées en gamme d’hôtels auparavant super-économiques qui se sont rénovés, tandis que beaucoup d’autres hôtels ont eux mis la clé sous la porte. En haut de gamme, les chaînes se développent en ville tandis que les châteaux-hôtels ruraux rejoignent les chaînes ou disparaissent sous l’effet de coûts devenus trop lourds à porter. Ces dynamiques conduisent à une hausse des parts de marché des chaînes intégrées.

La restructuration du parc hôtelier français est loin d’être achevée et se traduit une nouvelle fois au cours de l’année 2013 par la disparition nette de quelque 10 500 chambres, soit une baisse de 1,6%. Elle fait suite à un recul de 0,4% en 2012. L’explication majeure ne tient plus à la nouvelle classification qui a changé la répartition des étoiles. De fait, malgré les prédictions pessimistes de certains détracteurs du système, il a été adopté par plus de 85% de la capacité en chambres disponibles en France. La base de données MKG Hospitality, qui recense l’intégralité du parc, hôtel par hôtel, a été en mesure de conserver les hôtels non classés en les intégrant dans les différentes catégories hôtelières, suivant leur ancienne classification. C’est un ajout finalement marginal mais qui mérite d’être pris en compte car leur activité hôtelière n’a pas cessé pour autant. Ces établissements n’ont plus de droit de faire référence à leurs anciennes étoiles et doivent se commercialiser sur la base d’une notoriété ancienne et de contrats où il n’est fait mention que d’une catégorie de confort. La très grande majorité de ces établissements se trouve dans la catégorie super-économique, (ex 0, voire 1 étoile) et sont pour beaucoup en «sursis» avant de mettre définitivement la clef sous la porte. On constate à travers les chiffres que la crise économique, qui persiste et qui se fait particulièrement sentir sur le marché domestique dans les régions hors Ile-de-France et PACA, a un double effet multiplicateur : rendre plus difficile la gestion des établissements en raison des alourdissements de charges et de la baisse de l’activité; et rendre plus sélectifs les clients qui se concentrent encore davantage sur le bon rapport qualité/confort/prix. C’est un rapport qui n’est guère favorable aux établissements qui ne se sont pas rénovés et qui n’affichent aucune classification. Le résultat de cette restructuration toujours en mouvement est la nouvelle contraction de l’offre globale de l’hôtellerie française sans enseignes et sous enseignes, elle est de l’ordre de 1,6% du parc précédent, fruit d’une baisse nette importante au sein du parc sans enseignes (14 800 chambres soit -4,1%) qui est loin d’être compensée par la hausse nette du parc sous enseignes de chaînes intégrées (4 300 chambres, soit +1,5%). Compte tenu de ces deux évolutions, la place de l’hôtellerie intégrée sous enseignes se renforce encore un peu plus, passant de 44,4% à 45,8% de la totalité du parc. La France figure ainsi dans le peloton de tête des pays européens où les marques hôtelières sont les plus présentes. Il reste une certaine marge avec le marché nord-américain, où plus de 70% de la capacité affichent une enseigne hôtelière. Pour autant, si l’on prend en compte la part des établissements qui adhèrent à une chaîne volontaire et qui respecte les engagements de plus en plus contraignants de ces réseaux, en termes de signalétique, de services et d’équipements, on peut considérer d’ores et déjà que la majorité de l’offre hôtelière française répond à des normes qui vont souvent au-delà des critères de la classification. Si l’on additionne les membres de réseaux fortement structurés, comme la Société Européenne d’Hôtellerie (Inter-Hotel, Ptit’Dej-Hotel, Relais du Silence), Citotel, mais aussi les Logis, Châteaux & Hôtels Collection, Hôtels & Préférence ou Relais & Châteaux, soit plus de 100.000 chambres classées sans enseignes, on passe largement la barre des 60% du parc global.On peut parler d’une véritable structuration de ce parc, avec une modernisation de son offre, mais qui ne suufit malheureusement pas à compenser une contraction constante de l’offre hôtelière. La demande des clients ayant horreur du vide, le danger est de la voir se détourner de plus en plus de l’hôtellerie «classique» pour lui préférer des modes d’hébergement marchand de substitution, comme les résidences urbaines ou les résidences de tourisme, l’hôtellerie de plein-air ou même vers des formules qui connaissent un succès grandissant : l’accueil payant dans les appartements de centre ville de particuliers. L’investissement hôtelier connaît un ralentissement évident, entretenu par la crise économique, les difficultés de financement et l’incertitude qui pèse en permanence sur la fiscalité des entreprises. La croissance des chaînes hôtelières s’opère au moins pour moitié par le recrutement de franchisés, détournés d’autres marques ou de leur exploitation individuelle. La création d’une offre nouvelle est fortement ralentie depuis 2006. L’aspect positif est que la nouvelle classification avait notamment pour objectif de conduire les établissements à investir dans l’amélioration de leur offre de services et de produits hôteliers afin de correspondre à des critères plus exigeants. Le résultat final devait être une montée en gamme qui se traduit par l’attribution de 1 à 5 étoiles, à comparer l’ancien dispositif qui s’étalait de 0 à 4 étoiles Luxe. C’est globalement ce qui s’est produit avec un glissement vers le haut d’une grande partie des établissements de chaînes, un mouvement un peu moins suivi par les établissements sans enseignes. On retrouve ce mouvement à travers l’évolution catégorielle du parc français. La catégorie Super Economique, qui regroupe les établissements anciennement 0* et 1*, perd près de 7% de sa capacité d’hébergement, soit 9 200 chambres nettes. C’est naturellement l’hôtellerie sans enseignes intégrées qui subit la plus forte hémorragie, une baisse supérieure à 20% de sa capacité (moins 10 706 chambres). Les hôtels Super Economique sous enseignes de chaînes progressent eux de près de 2%, soit 1 500 chambres supplémentaires). Une évolution largement insuffisante pour compenser le recul de l'offre non classée en milieu rural. La catégorie Economique, qui équivaut globalement aux anciens et nouveaux 2*, profite de la montée en gamme en récupérant les meilleurs établissements Super Economique rénovés. Tant dans les exploitations individuelles sans enseigne que dans les hôtels appartenant à un réseau sous enseigne intégrée, la hausse de capacité est ainsi positive : +1,8% d’un côté et +2% de l’autre. Cela reste la catégorie la fortement représentée en France au sein du parc hôtelier global, avec un nombre de chambres sans enseignes intégrées équivalent au double de celui des hôtels de chaînes. On comprend mieux que c’est dans ce «réservoir» que les groupes hôteliers vont puiser pour convaincre les exploitants de rejoindre leurs réseaux de franchise. Au global, c’est la seule catégorie en progression : avec 5 000 chambres nettes en plus.
Le recul est à nouveau sensible dans l’hôtellerie milieu de gamme, correspondant aux anciens et nouveaux 3*. L’hôtellerie sans enseigne enregistre une contraction de sa capacité de plus de 2%, soit une perte sèche de 2 400 chambres. L’hôtellerie sous enseigne intégrée en récupère une partie et crée sa nouvelle offre, avec une légère progression de 0,7%, soit plus de 400 chambres nettes. L’équilibre est presque atteint, entre les parcs sans enseignes et sous enseignes, dans cette catégorie milieu de gamme qui connaît aussi la plus forte concentration d’établissements appartenant à une chaîne volontaire comme InterHotel, Citotel ou Châteaux & Hôtels Collection.La baisse enregistrée dans la catégorie Haut de gamme, réunissant les établissements de 4* et 5*, est assez brutale, pratiquement 6% au total (soit près de 4 200 chambres), à mettre intégralement au compte de la plongée abrupte au sein des hôtels indépendants (moins 4 800 chambres), qui n’a pas pu être compensée par la croissance du parc sous enseignes (+1,4% et 600 nouvelles chambres nettes). L’hécatombe a été ressentie dans les territoires ruraux et petites villes, hors région parisienne. La baisse de la clientèle domestique a porté un coup fatal aux «hôtels de province» haut de gamme, dont l’équilibre financier était déjà précaire, parfois aggravé par les investissements obligatoires au titre des nouvelles réglementations en matière de sécurité et d’accessibilité. La pénurie de capacité hôtelière se fait ressentir en raison d’un manque de dynamisme de l’investissement dans de nouveaux établissements. Les chaînes hôtelières sous enseignes ne peuvent se contenter d’élargir leur portefeuille en convertissant des établissements indépendants à leurs marques. Les groupes ont pratiquement renoncé à participer eux-mêmes au financement du développement qui est donc à la charge des franchisés et des partenaires financiers. Ces derniers ont tendance à lever le pied car la rentabilité de ces investissements est beaucoup plus incertaine qu’auparavant et les délais de concrétisation s’allongent en raison de procédures administratives et de montage fastidieux des tours de table financiers. Les promoteurs de résidences urbaines en profitent pour placer leurs produits «défiscalisés» et poursuivre leur maillage intensif des centres villes. Pour mémoire, l’offre urbaine des résidences a doublé en moins de cinq ans.

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