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Analyses

Le rebond du parc hôtelier français s'est confirmé en 2015

Pour la seconde année consécutive, l’offre globale hôtelière en France est en hausse (+2,3%), avec un taux de croissance similaire à celui de l’année précédente. Après 6 années de baisse, le mouvement de rebond amorcé l'an dernier est ainsi confirmé, notamment pour l’hôtellerie sans enseigne, portée par les boutique hôtels et les réouvertures après rénovation et mises aux normes. L'hôtellerie de chaînes, elle, poursuit sa croissance à un rythme modéré. Le parc hôtelier français n'a certes pas retrouvé ses sommets de la fin des années 2000, avant que la crise de 2009 et les nouvelles normes hôtelières n'entraînent une restructuration du secteur, mais on commence à en reprendre le chemin. Le haut et milieu de gamme sont les segments les plus dynamiques en termes de création d'offre, illustrant le repositionnement en cours.

L'année 2014 avait déjà apporté une lueur d'espoir après des années d’effritement inexorable du parc hôtelier global de la France. Il faut dire qu’au préalable les circonstances n’étaient pas très favorables à une croissance dynamique du parc : le choc de 2009 et l’arrêt des financements bancaires ont mis du temps à être digérés ; les hausses de TVA ou la mise en œuvre des nouvelles normes hôtelières en France ont précipité la fermeture d’établissements qui n’aveint pas cherché à ou pu se mettre au goût du jour de la clientèle. En passant sous la barre des 635 000 chambres commercialisables au 1er janvier 2014, le parc avait atteint son plus bas niveau de la décennie. Mais depuis, l’horizon s’est éclairci avec une reprise des ouvertures nettes tout au long de l’année 2014, autant dans la catégorie sans enseigne que dans l’hôtellerie de chaînes.Le mouvement s’est prolongé et même amplifié tout au long de l’année 2015 pour permettra à la France d'atteindre au 1er janvier 2016 un parc global de 663 496 chambres, en hausse de 2,3% sur l'année. C’est d’autant plus une bonne nouvelle que l’industrie hôtelière s’interroge aujourd'hui sur l’impact à moyen et même à court terme du développement des offres «collaboratives» qui viennent concurrencer de plus en plus directement les formes «classiques» d’hébergement marchand.Evolution du parc sur les 10 dernières annéesDans l’entretien qu’il a accordé à Hospitality ON, Pierre-Frédéric Roulot, président du Louvre Hotels Group, apporte un premier élément de réponse en évoquant le différentiel persistant entre la croissance de la demande touristique mondiale et le développement hôtelier. Les grandes métropoles à vocation internationale sont encore en déficit chronique d’offre d’hébergement et le marché n’est pas encore saturé. Les offres collaboratives sont venues combler une partie de ce vide et leur développement repose sur l’absence de réponse des investisseurs hôteliers. Heureusement, la politique volontariste de certaines municipalités a contribué à relancer les investissements, comme la libération de terrains à construire sur les pourtours de la capitale, et les plans de développements hôteliers des capitales régionales comme Lyon, Marseille ou Bordeaux. Les nouvelles offres des chaînes hôtelières sont globalement plus importantes, moins de projets, mais plus grands.Une seconde explication de la relance tient au calendrier des travaux engagés par un grand nombre de propriétaires d’établissements de centre-ville. Les fermetures provisoires pour travaux de rénovation ayant fait suite aux obligations de modernisation arrivent à leur terme, entraînant une mise en marché des «boutique hôtels» correspondant davantage à l’attente d’une clientèle aisée, en quête de véritables expériences dans un esprit hôtelier plus contemporain. C'est aussi un produit hôtelier qui a l'atout d'offrir une grande souplesse architecturale, notamment pour rénover et repositionner d'anciens hôtels surannés ou même pour convertir des bâtiments non hôteliers. Il est ainsi révélateur de constater que les deux segments les plus dynamiques sont le haut (+8,4%) et le milieu de gamme (+4,4%) sans enseigne, soit au total quelque 6 500 chambres nettes, correspondant souvent à de l’offre «boutique».La troisième explication de la croissance du parc est aussi l’arrêt de l’hémorragie dans les petites structures hôtelières, par faute de combattants. Les «survivants» sont ceux qui avaient un business model solide et le solde net est désormais positif car la croissance n’est plus affectée, comme par le passé, par un nombre important de fermetures parallèlement aux extensions ou créations d'établissements. Outre la reprise de la croissance du parc global, l'autre fait notable est une nouvelle confirmation du dynamisme de l’hôtellerie sans enseigne qui ajoute 9 000 nouvelles chambres nettes à son parc sur le courant de l’année 2015 (10 603 chambres nettes en 2014) quand l’hôtellerie de chaînes sous enseigne ne progresse «que» de 6 200 chambres nettes (2 900 chambres nettes en 2014). Cette supériorité numérique appelle à s’interroger sur le choix des investisseurs propriétaires, d'autant plus que la majorité du parc des chaînes intégrées est aujourd'hui en franchise ou contrat de management. C’est toute la question de la valeur ajoutée d’une enseigne dans un univers urbain où la distribution via les OTAs apparaît comme une alternative et est comparée en face-à-face avec la redevance de management ou de franchise payée à un groupe hôtelier. C’est l’un des thèmes récurrents des réunions de franchisés et d’une table ronde programmée lors du prochain Global Lodging Forum.Taux de croissance de l'offre en chambres par type d'hôtellerie - 2016/2015, au 1er janvierEn revanche, l’hôtellerie sans enseigne ne se développe quasiment plus dans les catégories Super-économique (+1,4%) et surtout Economique (+1,1%), associées aux 1 et 2 étoiles. Cette dernière catégorie, malgré une réelle montée en gamme du parc français à la suite des nouvelles normes, regroupe toujours la majorité du parc français, avec pratiquement la moitié du parc sans enseigne. L’hôtellerie de chaînes progresse dans toutes les catégories mais à un rythme moins soutenu que l’hôtellerie sans enseigne (+2,0% contre +2,7%) avec ses deux «pointes» dans le haut de gamme (+4,4%) et le Super-économique (+2,3%). La progression en hôtellerie «Budget» est une constante de l’hôtellerie de chaînes ces dernières années, soutenue par le dynamisme de moteurs comme B&B Hotels. La reprise de la croissance dans le haut de gamme arrive après une année de «pause» marquée par plusieurs fermetures temporaires d’établissements emblématiques du luxe, et la hausse devrait se prolonger dans les années à venir compte tenu des arrivées encore dans les tuyaux à ce jour. En revanche, le milieu de gamme n'a plus la cote auprès des développeurs de chaînes hôtelières, alors que les indépendants y accélèrent.Cette analyse est extraite du "Bilan hôtelier européen 2015/2016", à paraître prochainement sur Hospitality ON, qui comprend l'ensemble des données détaillées du parc hôtelier français en 2016 (par gamme, segment, groupe, chaînes...) et l'évolution des performances en 2015 (par nouvelle région, gamme...)

Note méthodologique : la base de données MKG HotelCompset a intégré dans la catégorie "Hôtellerie de chaînes" plusieurs groupes auparavant comptabilisés comme réseaux volontaires, notamment la Société Européenne d’Hôtellerie (SEH) et ses marques Qualys-Hôtel, Inter-Hôtel, Petit-Déj-Hôtel ou Relais du Silence, en raison de son statut de coopérative et du principe d’exclusivité d’affiliation (à l’instar de Best Western), et parce que le groupe développe aujourd'hui des projets hôteliers en propre via ses filiales. Les variations spécifiques aux chaînes intégrées et aux chaînes volontaires & indépendants sont calculées sur les parc 2016 et 2015 "pro forma" ; les évolutions correspondent donc à la progression réelle de chaque catégorie.L'offre de chaînes intégrées pèse ainsi un peu plus dans le parc global (48,1% au 1er janvier 2016 contre 45,7% au 1er janvier 2015 avec l’ancien découpage). Pour autant, avec une plus grande discipline dans les réseaux volontaires et l’adoption progressive de l’exclusivité d’appartenance, la frontière se fait ténue entre ces réseaux et les marques des chaînes. On peut considérer que le parc global français s’équilibre désormais pour moitié entre des établissements sans enseigne sur leur devanture, parfois affiliés à des réseaux de commercialisation, et pour l’autre moitié entre des établissements affichant clairement une enseigne exclusive avec une centrale de réservation et une communication grand public.

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