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Enquêtes

Vers une hôtellerie 100% durable

Il n'est désormais plus concevable que les nouvelles constructions ne prennent pas en compte les avancées technologiques en matière de développement durable, et que des efforts environnementaux ne soient pas réalisés en ce qui concerne la gestion hôtelière. Outre les labels et autres certifications environnementales, un grand nombre de groupes hôteliers et enseignes intégrées disposent aujourd'hui de leur propre démarche verte. Cependant la prolifération des labels publics et privés ne risque-t-elle pas de devenir une source de confusion pour les consommateurs et les hôteliers ?

Si les hôteliers ont pris conscience de l'importance d'avoir une démarche de développement durable au sein de leur entreprise depuis plusieurs années déjà, le phénomène prend davantage d'ampleur aujourd'hui. Outre les problématiques environ­nementales qui s'appliquent à l'en­semble des populations, les straté­gies durables ont un impact direct sur l'exploitation d'un établisse­ment, notamment en ce qui concerne les coûts. Les résultats d'une enquête réalisée par Hospitality ON, avec Olakala, au­près des professionnels français montrent ainsi que la réduction des coûts constitue leur principale at­tente vis-à-vis de leur démarche durable. Deux autres perspectives ont été largement exprimées par les répondants, soit le gain en attracti­vité relatif aux clients actuels et l'atteinte de nouvelles clientèles. Le baromètre international sur les at­tentes des clients de l'hôtellerie en matière de développement durable, réalisé par le groupe Accor, montre que ces attentes sont en ligne avec les tendances du marché. Selon les résultats de l'enquête, près de 8 clients sur 10 se déclarent sensibles au concept de développement du­rable, soit 76%, qu'un client sur deux (51%) prend souvent en compte l'aspect durable d'un éta­blissement lors du choix de séjour, mais surtout que 66% des consom­mateurs se disent prêts à payer plus cher pour un hôtel responsable. Au-delà des différences géographiques, culturelles ou économiques, le groupe observe ainsi une conver­gence mondiale des attentes des clients autour des sujets concrets et quotidiens du développement du­rable, que sont l'eau, l'énergie et les déchets. "Le développement durable est très important. Il entraîne certes des coûts supplémentaires, mais le consom­mateur s'attend aujourd'hui à ce qu'on lui propose une organisation durable. De plus en plus de voyageurs et d'orga­nisations nous demandent ainsi une preuve de notre engagement dans le développement durable avant de signer un contrat", témoigne Alex Rawson, Vice President Talent Development, Mövenpick."On ne peut plus dire que le dévelop­pement durable n'est qu'un sujet à la mode. Pour les touristes, nationaux et internationaux, recycler, trier, écono­miser l'eau, manger plus vert... sont des gestes "écolos" qui sont devenus courants et pas si contraignants. Ils sont pleinement appropriés notamment par les jeunes générations qui gran­dissent dans une approche citoyenne naturelle. Les hôteliers et exploitants d'hébergements ont donc tout intérêt à investir dans le développement durable en optant pour des démarches qui accompagnent leur propre spécifi­cité : nature et degré d'engagement, visibilité commerciale, coût, retour sur investissement", déclarait Christian Mantei, dans un entretien accordé à Hospitality On. Toujours selon les résultats du sondage Hospitality ON, la majorité des hôteliers qui ont investi dans l'hôtellerie en 2013 l'ont fait dans le but d'obtenir une certification, comme la norme ISO 14001, la certification Ecolabel Européen, ou encore celle de la chaîne ou du groupe auquel ils sont rattachés. Parmi les grands chan­tiers initiés, on retrouve ainsi l'iso­lation des établissements et le contrôle de leur consommation d'eau et d'énergie, la formation du personnel et la sensibilisation des clients, ou encore l'utilisation de produits d'entretien respectueux de l'environnement et la mise en place de procédés de recyclage. La construction, un premier chantier vers le durableL'hôtellerie durable s'applique dès la pose de la première pierre d'un établissement et le nombre de bâti­ments verts se multiplie au fur et à mesure que se développe et se ré­nove le parc d'hébergements mar­chands. Chacun y va de la certifi­cation développement durable en vigueur au sein du pays dans le­quel il est installé, que ce soit Greenbuilding dans le monde anglo-saxon (Etats-Unis, Canada et Royaume Uni), Oekibau en Allemagne et en Suisse, ou Haute Qualité Environnementale (HQE) en France. Apparu au début des années 1990, le concept de haute qualité environnementale s'est de­puis très largement développé dans l'Hexagone, notamment dans l'hô­tellerie. Il ne s'agit ni d'une règlementation ni d'un label, mais d'une démarche volontaire de manage­ment de la qualité environnemen­tale des opérations de construction ou de réhabilitation de bâtiments, qui s'appuie sur une approche mul­ticritère autour de trois volets indis­sociables : un système de manage­ment environnemental de l'opération où le maître d'ouvrage fixe ses objectifs pour l'opération et précise le rôle des différents acteurs ; quatorze cibles qui permettent de structurer la réponse technique, architecturale et économique aux objectifs du maître d'ouvrage ; et des indicateurs de performance. Pour une démarche encore plus responsable, une nouvelle version de la démarche HQE a vu le jour sous le nom de THQE, pour Très Haute Qualité Environnementale. Alors que la HQE vise une consom­mation d'énergie de 75kWh/m2/an, la THQE exige une consommation maximale de 50kWh/m2/an. Si le déploiement de la norme HQE est resté symbolique dans l'hôtellerie jusqu'au 21e siècle, notamment en raison du surcoût qu'elle engen­drait par rapport à une construction classique (de l'ordre de 15%), elle est désormais la norme et a été adoptée par la plupart des promo­teurs-développeurs du secteur.La tendance est désormais à celui qui construira le bâtiment le plus respectueux de l'environnement et des générations futures. L'enseigne Radisson Blu, du groupe Rezidor, revendique ainsi le titre de bâti­ment le plus économe au monde pour son hôtel Radisson Blu Waterfront Stockolm & Congress Center. Avec une solution énergé­tique efficace, il est en effet en me­sure de réduire ses émissions de dioxyde de carbone et utilise 50% moins d'énergie que les standards de la construction durable. Dans un autre genre, l'Hôtel de Balnéo Ribeauvillé du Groupe Lucien Barrière est le tout premier établis­sement hôtelier en Europe à être entièrement chauffé de manière naturelle, grâce à l'utilisation du biogaz issu des déchets agricoles et alimentaires, et fourni via un parte­nariat passé avec la société Agrivalor.Enfin, la ville de Paris a récemment communiqué sur le développe­ment, avec la Fédération Unie des Auberges de Jeunesse (FUAJ), d'une auberge de jeunesse 100% durable. Baptisé FUAJ Paris-Pajol, l'établissement propose un loge­ment qui respecte les principes de la norme Haute Qualité Environnementale et qui est label­lisé Bâtiment Basse Consommation. Les installations mises en place sur les 4 400 m2 de l'établissement per­mettent notamment de couvrir les besoins en eau chaude de l'auberge et de supprimer la quasi-totalité des besoins de chauffage lorsqu'elle est occupée.Quand le management devient durableAu-delà de la construction, le déve­loppement durable se reflète égale­ment dans le management hôtelier. Il s'agit alors pour les profession­nels d'adopter un comportement qui prend en compte le respect de l'environnement et des populations dans l'exploitation d'un établisse­ment, pour le bien-être présent et futur de tous. Concrètement, un management responsable passe ainsi par la capacité d'un hôtel d'économiser l'énergie, de réduire ses déchets, de recycler et de contri­buer à l'économie locale. Pour y arriver, plusieurs leviers d'actions sont maniables par les hôteliers : la formation des équipes, la sensibili­sation des clients, l'entretien des locaux, ou encore l'adoption de gestes respectueux de l'environne­ment. Afin d'être guidés et d'orga­niser leur démarche de manière ri­goureuse, un grand nombre d'entre eux prennent le chemin de la certi­fication. Reste à régler la question du choix du label qui peut s'avérer difficile au vu de la prolifération des certifications qui attestent de procédés de production respec­tueux de l'environnement, de l'uti­lisation de matériaux recyclables, ou encore d'une gestion salariale solidaire. Il existerait ainsi plus d'une dizaine de labels en France et une quarantaine à l'échelle euro­péenne. Christian Mantéi, directeur général d'Atout France, relativise néanmoins le risque de confusion et met en garde sur l'importance du choix : "Bien valorisés et promus, la­bels et certifications peuvent constituer des leviers commerciaux pour séduire ou convaincre un public fortement sen­sibilisé ou en passe de le devenir ! Mais il ne faut pas se tromper, "bien faire et pleinement s'engager" est indispen­sable pour le faire savoir ! Et non l'in­verse .... D'autant plus qu'une nou­velle dimension s'impose sur toutes ces questions, l'impact des réseaux sociaux qui mettent très vite en difficulté une démarche ou un label écologique qui n'en a que le nom sans les exigences ni le suivi".Parmi les principaux labels pré­sents sur la scène internationale, on retrouve l'Ecolabel Européen. Existant depuis 1992, il est apprécié des hôteliers pour être le seul label écologique officiel européen utili­sable dans tous les pays membres de l'Union. En France, l'Ecolabel Européen est délivré par Afnor Certification et a pour spécificité de tenir compte des impacts environ­nementaux sur l'ensemble du cycle de vie des produits, d'intégrer les critères qui dépassent le champ des spécificités techniques normalisées pour faciliter les échanges. En 2012, près de 180 000 hôtels étaient certi­fiés Ecolabel Européen, dont 55 des 315 établissements français du groupe Best Western. " En utilisant l'un des programmes de certification les plus exigeants, vérifié par un orga­nisme indépendant et reconnu par le gouvernement, nous pouvons assurer à nos clients que nos établissements sont respectueux de l'environnement. Best Western met à la disposition de ses hôtels une équipe de deux personnes afin de les accompagner vers la certifi­cation, et de les aider pour l'audit réa­lisé tous les deux ans ", précise le groupe hôtelier. Les objectifs du programme sont notamment la ré­duction de 50% de la consomma­tion d'électricité, l'économie d'eau, la réduction des déchets, ou encore la formation des équipes aux gestes responsables.A l 'échelle internation a l e , GreenGlobe est un autre système de management du développement durable, conçu en 1993 au Royaume Uni pour l'industrie du tourisme et des voyages. Ses membres doivent être en mesure d'économiser leurs ressources en eau et en énergie, de réduire leurs coûts opérationnels, d'aider positivement les commu­nautés locales et leur entourage, tout en répondant favorablement aux attentes des voyageurs, loisirs ou affaires. Plusieurs groupes hôte­liers ont fait le choix de cette certifi­cation verte, à l'image de Mövenpick Hotels & Resorts. "Nous avons décidé d'adopter le processus de certification GreenGlobe pour l'en­semble de nos établissements à l'inter­national", déclare Alex Rawson, Vice President Talent Development du groupe, avant d'expliquer : "GreenGlobe est basé sur trois piliers qui sont importants pour nous, soit la responsabilité environnementale, la responsabilité sociale et la responsabi­lité salariale. Le processus de certifica­tion et l'utilisation de produits du­rables nous permettent de démontrer et communiquer sur l'approche durable de notre travail. De plus, GreenGlobe est actuellement en train d'étendre son processus de labellisation au segment du MICE et du tourisme d'affaires, avec un site Internet dédié. Nous re­vendiquons ainsi 'l'équilibre durable' entre environnement, employeur et domaine social. Concrètement, l'envi­ronnement correspond au nombre de produits 'verts' et biologiques que nous utilisons, à la réduction de la consom­mation d'eau en litre, l'économie d'énergie en kiloWatt et la réduc­tion des émissions de CO2 en kilo par nuitée de client. L'aspect employeur comprend le degré de diversité des équipe, soit le nombre de possibilités d'apprentissage et de développement prévues, d'heures de formation par employé et de membres du personnel qui participent à la sensibilisation aux problématiques de développement du­rable, la réduction des accidents sur le lieu de travail, ainsi que l'embauche des populations locales et la promotion in­terne. Enfin, la caractéristique sociale peut être représentée par le montant d'argent récolté ou d'heures de bénévo­lats réalisées en faveur d'initiatives sociales".Autrefois intégré dans GreenGlobe, EarthCheck est aujourd'hui un autre label indépendant géré par Sustainable Tourism Cooperative Research Center. En 2012, le nombre d'entreprises ayant adopté le programme EarthCheck dépas­sait les 1 300 entités réparties dans 70 pays des cinq continents, dont des grands noms de l'hôtellerie in­ternationale comme Accor, IHG, Taj Hotels, Sandals ou Banyan Tree. Clé Verte ou Green Key est un autre label environnemental plébiscité des hôteliers, et l'un des premiers compétents à l'international pour l'hébergement touristique et la res­tauration. Créé au Danemark en 1994, il regroupe aujourd'hui plus de 1 900 établissements labellisés dans 36 pays des cinq continents, dont plus de 650 sur le territoire français. Accordé pour une durée de trois ans, il implique un long processus de démarche de labelli­sation qui passe par un audit et la décision d'un jury.Dans la longue liste des certifica­tions vertes à l'international, on retrouve également la Norme ISO 14001, gérée par la fédération mon­diale d'organismes nationaux de normalisation regroupant près de 140 pays, ISO. Elle constitue un cadre qui définit les règles d'inté­gration des préoccupations envi­ronnementales dans les activités d'un organisme afin d'en maîtriser les impacts sur l'environnement, et ainsi concilier les impératifs de son fonctionnement et le respect de l'environnement ; et concerne les aspects environnementaux liés aux interactions entre les activités, pro­duits et services et les composantes de l'environnement.La norme ISO 14001 a notamment été choisie par le Groupe Lucien Barrière Hôtels & Casinos pour la labellisation de ses 60 établisse­ments, et l'implication de ses 7 000 collaborateurs dans les probléma­tiques liées au respect de l'environ­nement. Les objectifs du groupe s'articulent ainsi autour de trois engagements : la réduction de 10% des consommations d'eau et d'éner­gie, le tri de 100% des déchets dan­gereux et la réduction de 10% des consommations de papier. Ils com­prennent également des engage­ments sociétaux : accompagner et prévenir les situations de risque liées au jeu, en renforçant son pro­gramme de Jeu Responsable, pour­suivre et déployer son accord Handicap Groupe, pour l'intégra­tion, l'accompagnement et l'épa­nouissement de son personnel en situation de handicap, et déployer son plan d'action sur "la pénibilité liée au travail" dans tous les mé­tiers du Groupe. Lucien Barrière a notamment été en mesure, depuis la mise en place du programme, d'économiser plus de 18 millions de kWh/par an, 32 tonnes de papier, et 100% de ses établissements trient aujourd'hui leur déchets dange­reux.Nordic Eco-label ou Nordic Swan est, quant à lui, l'éco-label officiel des pays Nordiques depuis 1989. Il fournit un dispositif certifié qui doit contribuer à une consommation durable et fonctionne sur une base volontaire pour les produits et les services. Il sert également de "boîte à outils" pour les consommateurs afin de faciliter leur choix de pro­duits responsables. Le Nordic Swan (Cygne blanc) est délivré aux pro­duits et services éco-responsables pour une période de 3 ans renouve­lable.La liste des certifications et labels environnementaux est longue et regroupe de nombreuses appella­tions locales et internationales, au point de risquer de créer une confu­sion auprès des professionnels comme des consommateurs. Les hôteliers doivent ainsi rester vigi­lants lorsqu'ils entreprennent leur démarche de labellisation pour leurs établissements. "Si les labels ne sont à mes yeux pas source de confusion pour les hôtels, les orga­nismes doivent néanmoins se rensei­gner sur ce qu'implique telle ou telle certification avant de s'engager dans un partenariat et pour s'assurer d'être cohérent avec leur communication et direction des consommateurs. Sinon leurs clients ne s'y retrouve­ront pas", confie Alex Rawson, vice president Talent Development, Mövenpick Hotels & Resorts. "Il faut souligner qu'un label renvoie avant tout à une démarche qualitative que tout exploitant ne peut revendi­quer. Il doit le mériter par son action. Un label crée de la valeur ajoutée et apporte un gage de confiance aux consommateurs. Par ailleurs, il est cer­tain qu'il y a des "locomotives", des labels qui ont atteint une dimension unique en raison de leur notoriété ou du processus d'attribution comme celui du "Patrimoine mondial de l'Unesco", des "Grands Sites de France" ou le "Pavillon Bleu" pour les plages. Au niveau des confusions possibles, je constate déjà une première difficulté entre labels et marques : Relais & Châteaux, Leading Hotels of the World, Gîtes de France, pour ne citer que celles-là, sont autant de marques qui ont une dimension qualitative et même environnementale pour certaines, mais elles ne correspondent pas aux critères stricts d'un label, voire d'une certifica­tion. Sous le terme "label", il faut que l'on retrouve un cahier des charges, une procédure d'attribution, un méca­nisme de contrôle et la possibilité de perdre le label accordé. C'est ce qui en fait la valeur. Pour autant, à ma connaissance, la prolifération n'affecte pas la qualité de chacun. En revanche, d'un point de vue marketing, une trop forte multiplication de labels nuit à la compréhension du consommateur. Le travail d'analyse, réalisé par Atout France, se préoccupe de donner les élé­ments d'information sur chaque label existant pour qu'un exploitant privilé­gie la mise en exergue et la démarche de celui qui sera le plus en phase avec ses attentes et ses objectifs commerciaux", expliquait Christian Mantei, direc­teur général d'Atout France, dans un entretien accordé à Hospitality ON. Les groupes hôteliers s'en mêlentAu-delà des labels officiels, certains groupes hôteliers et chaînes inté­grées ont mis en place leur propre démarche environnementale en interne. En plus d'attester de l'im­portance accordée aux probléma­tiques de développement durable, elles ont l'avantage d'être appli­cables dans absolument tous les pays où les groupes sont présents, sans contrainte de frontières. En 2012, le groupe Accor s'est ainsi doté d'une nouvelle stratégie de développement durable, baptisée Planet 21. Elle détermine 21 enga­gements et objectifs à mettre en place et à respecter dans les hôtels du groupe d'ici l'année 2015, au­tours de sept piliers : la santé, la nature, l'empreinte carbone, l'inno­vation, le développement local, l'emploi et le dialogue. La nouvelle stratégie comprend également le déploiement d'un programme d'in­formation et de mobilisation des clients et des collaborateurs afin de réinventer l'hôtellerie de manière durable, dont un e-learning créé par et pour les hôteliers et qui a déjà permis de former plus de 16 000 collaborateurs, dont 5 000 en France. Un an après le lancement de Planet 21, plus de 60% des hôtels du réseau ont atteint l'un des ni­veaux définis par le programme qui permettent le suivi et le pilotage de la performance de développement durable : 30% des établissements avaient mis en place les dix actions permettant d'atteindre le niveau bronze, 24% les actions pour accé­der au niveau argent, 6% les 30 ac­tions du niveau or, et 0,6 les 40 ac­tions du niveau platine. L'atteinte de ces standards garantie que l'hô­tel a mis en place plusieurs actions en la matière, telles que le suivi et l'analyse des consommations d'eau et d'énergie, l'utilisation de pro­duits d'entretien écologiques, de régulateurs de débit d'eau ou en­core de lampes basse consomma­tion, la mise à la carte de plats équi­librés, ou encore la lutte contre le tourisme sexuel impliquant les en­fants.Autre acteur majeur de l'hôtellerie responsable, le groupe Rezidor est pleinement engagé dans le déve­loppement durable. "Je pense que le développement durable ne doit pas être une priorité uniquement pour nous mais également pour tous les acteurs de l'industrie hôtelière internationale. Nous sommes déterminés à jouer notre rôle d'entreprise responsable autours de plusieurs composantes : celle de l'impli­cation sur le marché local, en étant actif auprès des communautés des pays dans lesquels nous sommes installés ; celle de la protection de l'environne­ment et de la durabilité, en préservant les ressources de notre planète pour les générations futures ; et celle de l'écono­mie d'énergie, pour laquelle nous dis­posons d'un programme leader 'Save the Planet', visant une économie de 25% d'énergie en cinq an. Depuis cinq ans, nous faisons d'ailleurs partis des 100 entreprises les plus éthiques au monde et nous avons une feuille de route précise à suivre pour les pro­chaines années", déclarait Wolfgang M. Neumann, P-dg de The Rezidor Hotel Group, dans un entretien accordé à Hospitality ON. Lancé en janvier 2012, le programme Think Planet de Carlson Rezidor a été imaginé pour permettre au groupe de réduire de 25% sa consomma­tion d'énergie en cinq ans. Cette nouvelle stratégie est construite autours de cinq piliers : Think Planet habits, pour l'économie d'énergie dans l'opérationnel ; Think Planet Tools, soit une série d'outils faciles à installer pour ré­duire les consommations des hô­tels, comme des détecteurs de mou­vements pour la lumière ; Think Planet Lighting, pour l'installation de LED dans toutes les parties des établissements ; Think Planet Investments, pour le déploiement de technologies innovantes en fa­veur de l'économie d'énergie en termes de chauffage, ventilation ou climatisation ; Think Planet Standar, comprenant des standards à respecter pour toutes nouvelles constructions. Près de deux ans après son lancement, le programme a permis de réduire de 7,6 % la consommation d'énergie par chambre occupée dans ses 250 hô­tels de la zone Europe, Afrique et Moyen-Orient, et 23 des établisse­ments du groupe ont déjà réussi à atteindre l'objectif de 25% de réduc­tion de la consommation.Via son programme Green Engage, le groupe IHG est également impli­qué dans le développement durable et s'est donné deux objectifs clés à remplir d'ici l'année 2017 : réduire de 12% l'empreinte carbone et la consommation d'eau par chambre occupée de l'ensemble de ses éta­blissements. Pour y arriver, le groupe hôtelier a mis en place une plateforme en ligne afin de promul­guer des conseils à ses hôteliers sur les moyens de préserver leurs res­sources, d'économiser de l'énergie et donc de l'argent, et pour leurs fournir des rapports sur leur consommation et les aider à mettre en place des plans d'action. Pour l'heure, le groupe hôtelier est en bonne voie de remplir ses objectifs, ayant déjà réduit sa consommation d'énergie de 11,7%, fait adopter son programme à 50% de ses hôtels et réduit l'empreinte carbone par chambre occupée de ses établisse­ments en propriété et en contrat de management de 19%. Le développement de la responsabilité socialeCes dernières années, la respon­sabilité sociale s'est positionnée comme un élément incontour­nable du développement du­rable au sein des programmes dédiés des entreprises, notam­ment dans l'industrie hôtelière. Ainsi, les groupes hôteliers sont plus vigilants aux aspects so­ciaux, environnementaux et culturels du développement durable et prennent des mesures adaptées. L'implication des po­pulations locales dans l'exploita­tion des établissements en fait partie, et a pour objectif de per­mettre aux communautés de ti­rer un bénéfice de l'activité des hôtels. Plusieurs moyens sont utilisés : l'embauche des membres des communautés autochtones, la formation des populations environnantes, la sollicitation des producteurs locaux pour l'approvisionne­ment en produits nécessaires à l'exploitation de l'hôtel. Cependant, certains hôteliers sont sortis des chantiers battus pour mettre en place des pro­grammes innovants, dont les maîtres mots sont la solidarité et la responsabilité.Le groupe InterContinental a récemment remporté le trophée de la Meilleure initiative en ma­tière de Responsabilité Sociale, lors de la dernière édition des Worldwide Hospitality Awards, pour son programme "The Shelter in a Storm". Créé pour venir en aide aux populations victimes de catastrophes natu­relles, il repose sur le IHG Shelter Fund, un fond de sou­tien alimenté par des collectes d'argent réalisées auprès des clients et des employés, et utilisé pour acheminer des biens de première nécessité et un héber­gement aux sinistrés. IHG a éga­lement conclu un partenariat avec l'un des leaders du secours international, CARE, qui lui per­met d'agir plus rapidement en cas de catastrophe et d'envoyer sur place les fournitures néces­saires le plus vite possible. Aujourd'hui, le groupe hôtelier a ainsi été en mesure de collecter plus de 1,7 million de dollars et de donner plus de 1,2 million de dollars aux personnes qui en avaient besoin, notamment après le passage du typhon Haiyan aux Philippines.Avec son programme Room to Rebuild, Choice Hotels s'associe à l'organisation Rebuilding Together pour préserver la pro­priété du logement abordable et revitaliser les communautés lo­cales. Il permet aux partenaires et franchisés du groupe hôtelier de rassembler leurs efforts avec ceux de professionnels pour créer de meilleures conditions de logement, en aidant les mé­nages à faible revenu à réaliser les réparations essentielles à leurs habitations, les travaux d'amélioration de l'accessibilité et de l'efficacité énergétique, sans aucun frais pour le proprié­taire ou le locataire. A ce jour, le groupe hôtelier a réalisé plus de 60 projets d'une valeur estimée à près de 4 millions de dollars, et les 6 000 bénévoles sont venus en aide à près de 85 000 per­sonnes. Choice implique égale­ment ses clients dans le pro­gramme en leur permettant, via leurs points de fidélité Choice Privileges, de faire des dons au p rofit de l'association Rebuilding Together.Qu'il s'agisse d'économie d'éner­gie, de responsabilité sociale ou de recyclage, le développement durable s'étend à tous les do­maines de l'industrie hôtelière et ne cesse de se structurer da­vantage d'année en année. Si chacun y va de sa propre dé­marche verte de manière admi­rable, des efforts sont néan­moins encore à faire pour simplifier, clarifier et générali­ser les procédures de certifica­tion et les objectifs à l'interna­tional.

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