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Analyses

La croisière s’amuse, jusqu’au bout du monde

Nous pouvons voyager sur toutes les mers du monde, du pôle Nord au pôle Sud, mais à quel prix. Face à une forte croissance, l’industrie cherche à innover pour limiter son impact sur l'environnement et les villes portuaires qui les accueillent.

Naviguer dans le cercle arctique l’espace d’un voyage et vivre une expérience unique aux confins du monde, voici ce que certains armateurs proposent. Du Groenland aux portes de la Russie, de nombreux itinéraires sont disponibles, permettant d’observer bien des paysages atypiques.

Cependant, de telles activités soulèvent des problèmes environnementaux. Polluant, ce moyen de transport impacte de façon significative son espace. Entre l'utilisation du fuel lourd, plus nocif que le diesel, le rejet d’eaux usées, de déchets alimentaires et plastiques, et évidemment la pollution de l’air, cette forme de tourisme présente une part sombre.

Mais n’en déplaise à de nombreuses associations, le marché semble plus que jamais en progression. En 2019, quelque 30 millions de touristes partaient en croisière, soit près de 70% de plus qu'il y a dix ans, selon l'Association internationale des compagnies de croisières (CLIA).

Malgré tout, la question environnementale demeure. Milieux naturels, villes, ports, tout est concerné. La pollution des navires, moins visible que celle des voitures, contribue déjà à la contamination des zones escales. Selon l'ONG Transport et l'Environnement rendue publique début juin 2019, en 2017, 47 navires du groupe américain Carnival (numéro un mondial de la croisière) avaient rejeté environ 10 fois plus d'oxyde de soufre au large des côtes européennes que les 260 millions de voitures en Europe.

A l’heure du développement durable et du tourisme éco-responsable, la croisière fait donc débat.

Pourtant l’engouement généralisé pour ce type de tourisme génère de nombreuses retombées économiques. Outre la création d’emploi, ces voyages se révèlent parfois même être capitaux pour leurs escales, l’afflux de touristes favorisant l’économie locale et le développement de la zone d’arrêt.

Quelles seraient donc les incidences en cas d’arrêt quasi-complet des croisières dans le monde ?

Hypothèse presque impossible il y a deux ans, l’interruption est en cette période plus que jamais d’actualité. Bien que s’en sortant mieux que l’industrie en général, le milieu des croisières a tout de même subi la pandémie. Armateurs et acteurs liés ont vu, à l’image du voyage dans son ensemble, leurs revenus fortement réduits. Par exemple, l’Île Maurice, dont un quart du PIB est lié au tourisme, connait aujourd’hui sa plus forte crise depuis 40 ans.

Il est nécessaire de repenser le futur des croisières, pour un modèle plus respectueux de l’environnement, sans toutefois en minimiser son potentiel.

Certaines compagnies ont ainsi opté pour un développement plus durable, notamment en alimentant leur flotte avec des carburants moins polluants (fuel léger, gaz naturel liquéfié, électricité, …). A l'exemple, Ponant, spécialisé dans les voyages très hauts de gamme, qui propose un navire hybride électrique propulsé au GNL. En alliant confort, sécurité et respect de l’environnement, Ponant a donc adapté son offre à une clientèle exigeante et consciente des enjeux propres à notre planète.

Dans la même lignée, l’armateur s’est associé à National Géographique afin d’offrir à ses clients une expédition où le loisir côtoie le milieu scientifique. Les passagers pourront ainsi échanger avec un expert (écrivain, archéologue, anthropologue, …) et un photographe de renom désirant partager leur passion. Ce type de voyage est donc autant à des fins de loisirs que de pédagogie.

Face à la contrainte climatique, la croisière doit se moderniser. A la dégradation de l’environnement s’ajoute la pollution de plus en plus importante dans les villes accueillant ces géants de mer. Récemment, Marseille ont mis fin à son adhésion au Club de la Croisière en raison de son impact croissant sur l'air de ville. En effet, à quai, les navires continuent de fonctionner et concentrent leurs rejets au niveau du lieu d'accueil.

Des solutions sont cependant possibles ou le seront dans un futur proche. Des compagnies comme Ponant ou Hurtigruten en ont même déjà adopté certaines et se dirigent aujourd’hui vers une forme d’éco-tourisme.

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