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Tendances

Développements hôteliers mondiaux : les continents matures cèdent du terrain

Avec plus de 19 millions de chambres à commercialiser, l’hôtellerie mondiale reste un secteur dynamique dont l’offre progresse régulièrement pour accompagner le développement du tourisme international. Depuis dix ans, un rééquilibrage est engagé qui donne plus de poids relatif au continent asiatique et à l’Amérique latine. Le mouvement s’est confirmé en 2012, avec une poussée nettement plus forte des enseignes hôtelières.

Malgré la crise économique qui s’enracine à travers le monde, le développement hôtelier reste à l’ordre du jour. A périmètre équivalent d’une année sur l’autre, le parc hôtelier mondial – hôtellerie sous enseignes ou non– gagne près de 395 000 chambres nettes, soit une hausse de 2%, dont plus de 266 000 chambres sous la seule impulsion des groupes hôteliers (Voir page 68), une hausse deux fois plus rapide. Dès lors, la pénétration des enseignes au sein de l’offre globale gagne quelques points pour approcher le seuil des 40%. Ce mouvement traduit la volonté des hôteliers d’intégrer une organisation plus structurée pour faire face aux challenges de la distribution en ligne et de l’évolution technologique.Si un continent « mature » comme l’Europe reste stable, faute de développements majeurs, affichant un quart de son parc hôtelier au sein de chaînes hôtelières, les « nouvelles destinations » se structurent et s’équipent à grande vitesse. De fait, l’offre globale du Vieux Continent augmente d’un peu plus de 1%, même si elle reste la plus importante a u m o n d e ( 6 , 5 m i l l i o n s d e chambres), quand elle « bondit » de 4,6% en Asie-Pacifique. Cette progression est très largement entretenue par les groupes hôteliers dont la pénétration au sein du parc global gagne six points en Asie-Pacifique. Elle est logiquement illustrée par la présence de plusieurs groupes chinois dans le haut du classement mondial. Des groupes souvent encore inconnus de l’industrie hôtelière il y a seulement quelques années. L’exemple le plus révélateur de cette incroyable dynamique est celui de Home Inns Group, comme nous l’explique son directeur général David Sun (voire page 64), passé de 1 à 2 000 hôtels en l’espace de 10 ans, revendiquant aujourd’hui la 9ème place mondiale. A ce rythme là, avec déjà 4,6 millions de chambres commercialisées, l’Asie-Pacifique n’aura besoin que de quelques années pour rattraper son retard en matière d’équipement hôtelier et dépasser les parcs nord-américain et européen. De son côté l’Amérique latine progresse aussi plus rapidement que son grand voisin du Nord (+1,8% de chambres en plus, soit 1,5 million, contre 1,4% pour l’Amérique du Nord). Elle gagne aussi 3 points de taux de pénétration, essentiellement dus au développement du Brésil, mais qui est progressivement relayé par d’autres pays d’Amérique du Sud comme le Pérou ou la Colombie. Avec un taux de pénétration des chaînes proche de 70% sur un parc de quelque 5,4 millions de chambres, l’Amérique du Nord reste par excellence le continent des marques hôtelières avec une prédilection particulière pour le modèle de la franchise, adopté par la plupart des grands groupes anglo-saxons.La hiérarchie hôtelière des continents n’est pas encore remise en cause, mais cela ne saurait tarder. Les continents « matures » cèdent progressivement du terrain. Le graphique II traduit cette lente érosion. Encore au-dessus des 36% du parc hôtelier mondial en 2004 – toutes formes d’exploitation confondues - l’Europe est passée sous la barre des 34% dix ans plus tard. Le sous-continent Nord-américain suit la même tendance en perdant 4 points relatifs, passant de 32% à 28% du parc global. Ces six points sont récupérés par les continents ou grandes régions en phase de développement touristique et hôtelier : l’Afrique et le Moyen- Orient, qui passe de 4,5% à 6,5%, l’Amérique Latine qui progresse plus modestement de 7,5% à 8% ; et surtout l’Asie-Pacifique qui gagne 4 points, de moins de 20% à près de 24% du parc mondial.Une nouvelle géographie hôtelière se met en place, qui évolue encore plus rapidement au niveau des pays. Avec un quart du parc global, les Etats-Unis restent, et de loin, le premier pays hôtelier mondial. Avec un territoire à peu près équivalent et une population de plus du double, la Chine s’est hissée depuis quelques années à la seconde place, mais avec moins de 10% du parc. Pour autant, l’écart se creuse un peu plus chaque année avec les pays suivants, dont les progressions sont désormais marginales. Grâce à son énorme inventaire d’hôtellerie familiale, l’Italie reste au-dessus du million de chambres commercialisables, mais avec un parc vieillissant, longtemps réfractaire aux nouveaux concepts hôteliers. L’arrivée d’une nouvelle génération d’entrepreneurs donnent plus d’espoir aux chaînes hôtelières, nationales et internationales, d’y développer la franchise.L’évolution du parc japonais est quasi nulle. Il est touché, d’une part, par la récession économique et la crise du financement bancaire, et d’autre part, par les malheureuses conséquences du tsunami et de la catastrophe nucléaire évitée de peu. En revanche, des reclassements se sont opérés dans le quatuor européen qui occupe la suite du palmarès. L’Allemagne conforte sa 5ème place avec un bon développement dans ses principales régions de foires et salons. La forte progression du parc d’hôtellerie économique britannique, stimulée par l’organisation des Jeux Olympiques de Londres et le dynamisme des groupes Whitbread et Travelodge, lui font gagner deux places au tableau, bousculant la France et l’Espagne qui reculent chacun d’un cran. Dans ces deux pays, le parc hôtelier se contracte au rythme de la disparition d’une hôtellerie familiale vétuste. Plus bas dans ce classement international, les autres faits notables traduisent la montée de destinations très populaires aux yeux des développeurs  : la Thaïlande, nouveau « tigre asiatique » dont le dynamisme et la popularité régionale n’ont pas été trop touchés par les rivalités militaro- politiques locales : la Turquie, eldorado en Europe de l’hôtellerie de luxe et terrain d’expérimentation des nouveaux concepts ; le Brésil qui se prépare à accueillir deux événements sportifs majeurs, la Coupe du monde de Foot en 2014 et en 2016 les Jeux Olympiques.L’évolution du parc hôtelier mondial reflète également les tendances de fond des flux touristiques, tels qu’ils sont analysés par l’Organisation Mondiale du Tourisme. A ce titre, l’année 2012 a été marquée par un événement majeur, le franchissement du cap d’un milliard de déplacements touristiques internationaux, soit 4% de progression. Tout porte à croire que la tendance va se poursuivre sur l’année en cours.En 2012, la croissance touristique a été plus forte dans les économies émergentes (+4,1%) que dans les économies avancées (+3,6%). C’est une tendance que l’on constate maintenant depuis de nombreuses années dans le secteur. De toutes les régions, c’est l’Asie-Pacifique (+7%) qui a obtenu les meilleurs résultats, soit 233 millions de séjours internationaux. La seule Asie du Sud-Est (+9%) a encore fait mieux, portée par la fréquentation intra régionale. L’Asie du Nord-Est a également enregistré une croissance vigoureuse (+6%) sous l’effet du redressement du marché émetteur japonais tandis que l’Asie du Sud (+4%) et l’Océanie (+4%) connaissaient une croissance plus faible par comparaison.Les arrivées de touristes internationaux en Europe, qui reste la région la plus visitée au monde, ont augmenté de 3%. C’est un résultat très positif compte tenu de la situation économique et des bons résultats de 2011 (+6%). Le total des arrivées a atteint 535 millions, soit 17 millions de plus qu’en 2011, avec un regain pour l’Europe centrale et orientale (+8%) qui ont enregistré les meilleurs résultats. L’Europe méditerranéenne (+2%) retrouve en 2012 un taux normal de croissance.Avec 6 millions d’arrivées supplémentaires, les Amériques (+4%) ont atteint 162 millions d’arrivées au total. Les meilleurs scores en termes de croissance ont été affichés par les destinations de l’Amérique centrale (+6%). L’Amérique du Sud (+4%) a connu un certain ralentissement par rapport à la croissance à deux chiffres dont elle avait bénéficiée en 2010 et 2011. En revanche, les Caraïbes (+4%) ont fait mieux que les deux années précédentes et l’Amérique du Nord (+3%) a consolidé sa croissance de 2011.L’Afrique (+6%) s’est bien rétablie après le repli de 2011 qui s’était traduit par une baisse de 1%, principalement à cause des résultats négatifs de l’Afrique du Nord. Les arrivées ont atteint un nouveau record (52 millions) sous l’effet du rebond en Afrique du Nord et de la poursuite de la croissance des destinations subsahariennes (+5%). Le Moyen-Orient (-5%) s’est mieux comporté qu’en 2011 mais les effets de la guerre civile syrienne se sont fait sentir malgré le net redressement en Égypte.Parmi les dix premières destinations touristiques, les recettes ont augmenté de manière significative à Hong Kong (Chine) (+16%), aux États-Unis d’Amérique (+10%), au Royaume-Uni (+6%) et en Allemagne (+5%). Parallèlement, un nombre important de destinations ont vu leurs recettes du tourisme international augmenter de 15% ou plus : le Japon (+37%), l’Afrique du Sud et l’Inde (+22% toutes les deux), la République de Corée et la Suède (+19% toutes les deux), la Thaïlande (+18%) et la Pologne (+16%). Les dépenses des BRIC restent une source de bénéfice conséquente pour les pays réceptifs, dont l’Europe. Les voyageurs chinois ont augmenté leurs dépenses de 42% et les Russes de 31%. Chez les touristes « traditionnels  », une reprise est constatée aussi en Amérique du Nord +7%, quand la France et l’Italie baissent leurs dépenses touristiques.

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