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Entretiens

[Podcast] "Nous devons être meilleurs en développement collectivement" #2

Entretien avec Christian Berger, directeur général de l’office de tourisme Arras Pays d’Artois, en charge du tourisme, des loisirs et du tourisme d’affaire sur un territoire qui regroupe quatre communautés de communes, soit environ 250 communes. DEUXIEME PARTIE.

Comment se passe le travail que vous menez ? Comment voyez-vous l'évolution de l'offre en termes de volume d'ici fin 2021 ? Pouvez-vous nous donner l'analyse de votre territoire ?

Plus que jamais, il va falloir travailler ensemble. Il y a eu des périodes où les offices de tourisme avaient des contacts relativement éloignés avec leurs offres au niveau de la commercialisation et de la promotion. Sur Arras Pays d’Artois, nous avons la chance de travailler ensemble et c’est le cas sur à peu près tous les sujets notamment économiques.

Très vite, j’ai mis en place un groupe Covid pour essayer de trouver des idées. Il y avait deux grands types d’idées : comment soutenir économiquement les hébergeurs ou les restaurateurs avec la communauté urbaine d’Arras ? Nous avons mis en place une série de mesures économiques avec par exemple des financements spécifiques, des subventions pour l’hôtellerie, des garanties de prêts ou des avances remboursables quinze jours à partir du moment où il y a eu le confinement.

Cela nous a permis aussi de réfléchir sur d’autres secteurs à comment nous pouvions mettre en place une aide sur des activités économiques connexes ? En quinze jours, nous avons créé une aide spécifique d’hébergement agricole avec une plateforme sur les circuits courts et sur les commerces ouverts au temps de Covid. Après le confinement, cela a été le moment de voir qu’il y avait une vraie recherche là-dessus. Nous avons fait en trois semaines, plus de vingt mille connexions sur le site internet dédié. Nous avons réuni plus de 300 producteurs et commerçants sur cette plateforme.

Nous avons eu l’idée de coordonner à la fois l’aide et le financement de la relance marketing. Et dans la relance marketing, nous avons plein d’idées notamment deux pass que nous avons mis en place : un à destination des habitants avec une offre de réduction sur l’ensemble de prestataires locaux et un autre pour les touristes cette fois-ci en lien avec les hébergeurs (en disant « Vous pouvez télécharger le pass pour vos touristes, leur offrir et ils bénéficieront ainsi des offres du territoire »).

J’ai vu notamment sur certains hôtels, cela correspond à 25% de leur clientèle aujourd’hui. Les touristes viennent parce qu’ils ont entendu parler du pass, et parce qu’ils ont eu un cadeau qui est fait sur le territoire, ils réservent dans l’hôtel.  Je pense que nous allons multiplier ce genre d’actions à l’avenir, avec ou sans crise. Ce qui nous permettra que le territoire ou la destination soit le support en fait de l’offre commerciale des hébergements.

Comment pressentez-vous parce que malheureusement c’est difficile d’avoir des certitudes la rentrée qui arrive à grands pas, d’un point de vue activité touristique sur le territoire ?

Intellectuellement, la crise que nous traversons accélère à peu près tout ce que j’ai pu voir dans le tourisme depuis 2008. Toutes les grandes tendances se sont accélérées aujourd’hui avec cette crise. Ce n’est pas une révolution en tant que telle, c’est vraiment une accélération peut être brutale pour certains, mais une accélération de ses grandes tendances du tourisme.

Parmi ces tendances, il y a dématérialisation et je pense qu’elle va impacter énormément le tourisme d’affaires. Lorsque nous aurons des congrès ou des réunions d’affaires, cela sera beaucoup plus restreint sur notre territoire. Nous travaillons avec les entreprises locales pour garder ce rythme-là. Par exemple, le territoire offrira le pot d’accueil aux gens qui se réuniront chez nous dans des salles commerciales. Nous allons voir une baisse assez conséquente.

Les groupes ne vont pas revenir, en tout cas pas tout de suite. Et donc nous allons être encore de nombreux mois à faire sans les groupes et cela impacte un peu tout le monde.

Le troisième élément est que nous allons devoir penser plus attractivité que tourisme pur et dur. Et donc être beaucoup plus coordonné en offrant des opportunités qui ne sont pas que des opportunités touristiques et qui peuvent être des opportunités d’hébergements de bureau pendant un temps donné ou des endroits conviviaux que nous avons développé avec une entreprise locale qui est le groupe Decima, deux péniches de bureau sur la Scarpe.

Avec mes collègues en région, nous nous intéressons au développement du circuit court notamment avec les restaurateurs. Nous avons développé une plateforme des restaurateurs engagés sur les circuits courts et qui verra le jour définitivement au mois de septembre. Cette plateforme pour essayer finalement d’être meilleur en développement que nous l’avons été ces dernières années et lorsque je dis « nous », c’est collectivement.

Nous avons eu une période ou le marketing était vu uniquement comme un moyen d’accéder au client avec un discours qui était souvent lié à l’expérience. Il y avait un maquillage de l’offre pour qu’elle corresponde à ce que le client attendait et parfois ce discours pouvait être décevant.

Aujourd’hui, nous sentons bien que le marketing sera aussi un travail de développement derrière et cela sera particulièrement intéressant.  C’est une maturité que nous sommes en train d’atteindre sur notre territoire. Nous nous disons qu’il ne faut pas uniquement faire du discours, qu’il faut aussi adapter son offre aux attentes des clients et ce n’est pas simplement en mettant un jeu de société pour une famille que ça va le faire. Il faut aller beaucoup plus loin et réfléchir.

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