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Enquêtes

Paris Île-de-France, une destination polymorphe et résiliente [1/2]

Nombreux sont les touristes, les visiteurs mais aussi les professionnels à voir la destination francilienne sous le prisme de ses atouts phares qui aimantent chaque année des dizaines de millions de visiteurs, en faisant l’une des destinations mondiales les plus visitées. Nombreux les professionnels du secteur également qui, après avoir investi pour être présents dans des lieux fortement générateurs de clientèle, se sont habitués à dépasser leurs objectifs et devoir refuser de la clientèle. Mais que se passe-t-il le jour où la crise s’installe et que le secteur perd le contrôle de sa destinée pour un temps ?

Ils ont été nombreux à chercher des solutions pour s’adapter et maintenir leur activité, d’autres luttent pour survivre et devront évoluer rapidement. Tous s’interrogent enfin sur leurs clients et le meilleur moyen de les convaincre, de les satisfaire et donc de les fidéliser. Comment mieux irriguer ce territoire qui peut offrir de nombreuses propositions à des cibles variées ? Quel tourisme durable en Île-de-France ? Comment développer les capacités de résilience de la destination, qui est particulièrement touchée par les conséquences de la crise liée à la COVID 19 puisque 20 millions de visiteurs « seulement » sont attendus en 2020, contre les plus de 50 millions qui avaient visité la région capitale en 2019 ? Quelle place d’un hôtelier, d’un restaurateur ou encore d’un site de loisirs ou de congrès dans cet écosystème ?

PARIS ÎLE-DE-FRANCE, UNE DESTINATION QUI SURPERFORME MAIS AVEC UNE RÉPARTITION DES CLIENTÈLES INÉGALE

Avec 50,3 millions d’arrivées touristiques en 2019, la destination Paris Île-de-France occupe, depuis de longues années, les premières places du podium international des destinations en termes de nombre de touristes reçus.

Ainsi, après avoir stagné aux alentours de 32 millions jusqu’à 2015, le nombre d’arrivées hôtelières avait fortement rebondi dès 2017, se stabilisant auxalentours des 35 millions en 2018 (35,5) et 2019 (35,4).

L’attractivité de la Ville Lumière et de ses atouts est indéniable pour une clientèle de primo visiteurs qui rêvent pour certains de visiter la Tour Eiffel ou encore le Musée du Louvre. Mais cet important volume d’arrivées cache une forte disparité des retombées sur le territoire, avec une concentration majeure des touristes et visiteurs sur certains sites moteurs de la destination. Arrivées à Paris IDFNuitées à Paris IDF

En dehors de Paris, seuls le Parc Disneyland Paris, locomotive de l’est parisien, et le Domaine de Versailles sont comparables en termes d’attractivité par rapport aux lieux emblématiques parisiens. Les autres sites de visite hors Paris restent sous le seuil du million de visiteurs annuel. Fréquentation des sites touristiques Paris IDF

La région bénéficie d’atouts patrimoniaux, culturels et immatériels extrêmement forts, qui battent de nombreux records de visites, entrainant parfois des problématiques de surtourisme et des frottements avec les habitants. De nombreuses réflexions sont en cours pour améliorer l’expérience visiteurs dans ces lieux saturés, le Musée du Louvre a par exemple totalement repensé son parcours d’accueil visiteur inauguré en 2016. La crise liée à la COVID-19 permet une accélération de la mise en place de certaines pratiques qui accompagnent la régulation des flux de visiteurs et l’équilibrage de la fréquentation sur une journée, tout en surveillant les jauges. Billets coupe files, billetterie horodatée avec créneau de visite prédéfini, visites virtuelles de certains espace, etc. Il aura fallu une crise majeure pour que ces pratiques, déjà largement mises en place dans d’autres destinations, se généralisent au sein des sites patrimoniaux et culturels de la destination. 

L’accessibilité de certains sites est également une problématique importante de la destination qui, bien qu’elle bénéficiedu réseau de transports en communs le plus dense et  le plus performant au monde, abrite encore des zones à fort potentiel pour le tourisme de proximité, et qui ne sont accessibles que par voie routière.

UNE OFFRE HÉTÉROGÈNE

La structure du parc hôtelier global varie nettement selon l’implantation géographique : ainsi, les segments moyen et haut de gamme représentent 81,3% de l’offre parisienne en nombre de clés, contre 72,99% en Ile-de-France et 64,06% en Île-de-France hors Paris, où l’offre haut de gamme est historiquement moins développée.

A l’inverse, la proportion d’offre entrée de gamme est logiquement plus importante dans les départements hors Paris : 35,94% de l’offre contre 18,87% à Paris et 27,01% sur toute la région. Etablissement hôtelier Paris IDFNombre de chambres Paris IDF

Depuis une vingtaine d’années, le marché hôtelier français monte en gamme. L’hôtellerie indépendante d’entrée de gamme recule en zone rurale notamment, où la demande ne suffit pas toujours à assurer la reprise des établissements dont le gestionnaire part en retraite. Les difficultés pour investir et mettre les établissements aux normes participent également à cette tendance qui n’échappe pas au marché francilien, mais avec des proportions qui restent disparates.

Illustration de cet effet trompe l’oeil de l’offre francilienne, le pôle d’hébergements de Marne la Vallée, dans et aux abords du Parc Disneyland Paris, fait remonter le parc départemental en gamme apportant des établissements plus haut de gamme avec des capacités d’accueil plus importantes que le reste de la moyenne du département de Seine-et-Marne. Cette offre pèse lourd dans le parc seine et marnais. Les taux d’occupation de la zone primaire autour du parc Disneyland Paris atteignaient 82,7% en 2019, contre 75,4% pour l’ensemble du département.

DES HÉBERGEMENTS MARCHANDS PROCHES DE LA SATURATION SUR CERTAINS MARCHÉS

La tendance baissière des taux d’occupation des hôtels parisiens amorcée en 2015 (près de 10 points de baisse sur le cumul des 2 années) s’était inversée en 2017 avec un rebond de 6,4 points d’occupation. 2018 voyait se poursuivre la hausse généralisée de la fréquentation engagée en 2017, grâce notamment au retour des clientèles touristiques internationales mais également à la meilleure santé économique du pays. En 2019, le taux d’occupation s’était maintenu à des niveaux pré 2015, dépassant les 76% sur toute la région.

Mais les tendances sont hétérogènes selon les territoires : alors que la Province ne progressait que légèrement (+0,2 point) en 2018, Paris revenait à un taux d’occupation de 81,3% après une progression de 2,5 points sur l’année. L’Île-de-France hors Paris atteignait un remplissage record : 74,5% (+3,6 points). Cette tendance est confirmée en 2019, avec un remplissage à 80,20% pour Paris intramuros, 77,66% pour la Métropole du Grand Paris et 76,08% en Île-de-France. L’Île-de-France hors Paris atteignait quant à elle 72,88% d’occupation, avec toutefois des marchés extrêmement porteurs en termes d’occupation comme les zones aéroportuaires qui tirent les performances vers le haut masquant les performances moyennes de certains secteurs. Performances Métropole du Grand ParisPerformances Ile-de-France

Les prix moyens étaient également fortement repartis à la hausse, grimpant de +8,3% en 2018 et +2,2% en 2019 pour la région.

L’amélioration du réseau de transport francilien, l’intégration progressive des mobilités douces, la mutation du parc hôtelier (qui tend à se réorienter vers la petite couronne, au détriment de la grande couronne), la dynamisation de certaines villes en périphérie de Paris et le développement des pôles aéroportuaires permettent à l’Île-de-France de gagner en attractivité, dans un contexte où les hôtels de Paris intra-muros étaient de nouveau très remplis.

UN CHOC PLUS VIOLENT QU’EN RÉGIONS FACE À LA CRISE

L’année 2020 a placé les professionnels du tourisme franciliens face à un contexte qui est loin de leur être familier pour la majorité d’entre eux. Ils ont été plus nombreux à fermer que leurs collègues en province, et pour plus longtemps, face à l’absence de clientèle estivale dans la Capitale, les Français étant partis se mettre au vert après plusieurs semaines de confinement. A l’inverse des tendances structurelles du marché hôtelier francilien, c’est la grande couronne qui s’en est le mieux sortie, attirant une clientèle de proximité en courts séjours. A septembre 2020, les établissements hôteliers cumulent 46,6 points d’occupation sur la région, -54,1 points à Paris contre -40,9 points pour la région hors Paris.

Performances Paris Intra-MurosPerformances Paris Intra-Muros

 

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