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Enquêtes

Munich, une stabilité à toute épreuve aux pieds des Alpes

Quel bilan de la destination aujourd’hui ? quelle est la demande ? quelle est l’offre ? quelles pistes d’évolution à venir ? Première partie : Portrait de la destination.

A la porte des alpes bavaroises, Munich est la troisième plus grande ville d’Allemagne avec 1,6 millions d’habitants intra-muros en 2019, et plus de 2,3 millions si l’on comprend son aire urbaine. Installée au sud de la Bavière, la ville jouie d’une situation privilégiée, étant proche des frontières autrichiennes, suisses et tchèques.

Ville la plus riche du pays, sa prospérité est en partie due à nombre d’entreprises qui y ont installé leur siège social, notamment après la seconde guerre mondiale où de nombreuses sociétés ont quitté Berlin ou l’Allemagne de l’Est pour élire domicile dans la capitale bavaroise. Parmi les entreprises présentes, on compte aujourd’hui un des fleurons de l’industrie automobile allemande à savoir le groupe BMW, ou encore le groupe Siemens spécialisé sur l’énergie, mais aussi des sociétés bancaires comme Allianz ou encore des filiales de firmes multinationales comme Amazon.de, McDonald's Deutschland, Burger King Deutschland ou encore Yahoo! Deutschland GmbH.

L’économie de Munich est par conséquent très portée sur l’activité industrielle, en particulier l’industrie automobile et l’aérospatiale. Elle est également reconnue pour son activité autour de la recherche scientifique, des biotechnologies et de la finance, en tant que deuxième place financière du pays après Francfort.

Grand centre d'affaires, la ville est aussi une destination prisée pour le shopping de luxe et la porte d'entrée traditionnelle de la Bavière et de ses châteaux.  Le tourisme constitue par conséquent un secteur clé de l’économie munichoise, notamment à travers son célèbre festival de la bière qui se produit de fin septembre à début octobre, l’Oktoberfest, qui accueille chaque année environ six millions de visiteurs.

A l’échelle de l’année, ce sont 8 265 994 arrivées (nationales et internationales) qui ont été enregistrées en 2018, correspondant à une hausse de +6,5% par rapport à l’année précédente (données de l’Office de tourisme de Munich). Au total 17 089 892 nuitées ont été réalisées, en progression de +11,9%, soit une croissance plus rapide que celle des arrivées, indiquant un rallongement des séjours touristiques.

La destination accueille autant pour son festival annuel que pour ses attractions culturelles (musées, châteaux, …), sportives (sports d’hiver dans les Alpes, sports de nature dans l’arrière-pays, etc.) ou encore ses sièges d’entreprises qui attirent nombre de voyageurs d’affaires chaque année. Son infrastructure d’accueil de qualité assure des conditions optimales pour l’organisation d’évènements internationaux.

En effet, la ville a accueilli 93 444 participants de congrès et réunions internationales en 2018, si bien qu’elle se situe au 4ème rang mondial dans le classement annuel des villes selon l’organisme ICCA. En nombre stricto sensu d’évènements, la ville est néanmoins à la 35ème place du classement, avec au total 67 réunions internationales, dont deux évènements majeurs qui ont reçu environ 30 000 participants.

Une destination qui a du succès

Le nombre de nuitées a considérablement cru ces dernières années. Depuis 2009, elles ont quasiment doublé entre 2009 et 2018, passant de 9,9 millions à 17,0 millions de nuitées. En effet, les nuitées ont augmenté chaque année, à l’exception de 2016 où un recul de l’activité a été observé.

Une baisse de -0,2% du résultat a été enregistrée en 2016, en grande partie à cause de l’attentat qui s’est produit le 22 juillet 2016 dans un centre commercial en banlieue de Munich. Cette fusillade qui a fait une dizaine de mort et seize blessés a affectée la destination, à l’instar des évènements similaires qui se sont produits à Paris et à Bruxelles. Par conséquent les nuitées retombent à 14,02 millions en 2016. Mais le tourisme repart de plus bel l’année suivante : +8,9% de nuitées supplémentaires en 2017.

L’année 2018 marque également la période avec la deuxième meilleure croissance après 2010, soit une hausse de +11,9% des nuitées pour atteindre un total de 17,0 millions. En 2010, la croissance était de +12,4%, soit un gain net de 1,23 millions de nuitées.

  Nuitées

 

Une demande majoritairement nationale

Une des raisons pour lesquelles la demande n’a été que légèrement impactée par l’évènement de 2016, est notamment à mettre en lien avec l’origine de la clientèle. En effet, celle-ci est avant tout nationale.

Les nuitées allemandes ont représenté un peu plus de la moitié (51%) de l’ensemble des nuitées en 2018, à raison de 8,75 millions de nuitées au total. Ce marché arrive donc en première position des marchés émetteurs pour la destination. Loin derrière arrive ensuite la clientèle américaine, qui totalise 7% de la demande locale, pour 1,16 millions de nuitées.

Les autres pays sources sont majoritairement européens (UK, Italie, Suisse, Autriche, Espagne) ou relativement proches (pays du golfe, Russie), à l’exception de la Chine qui figure tout de même dans ce top 10, et représente individuellement entre 2 et 3% des nuitées totales réalisées.

Munich est par conséquent une destination avant tout tournée vers le monde germanophone, que ça soit pour la clientèle allemande, autrichienne ou suisse. Avec une reconnaissance internationale certaine mais un rayonnement encore relativement réduit, la destination repose avant tout sur une demande domestique qui lui assure une certaine stabilité de ses performances, celles-ci étant moins sensibles aux évènements marquants comme peut l’être la clientèle étrangère.

  Nuitées nationalité

Des performances stables pour un marché mature

Le marché de Munich démontre dans l’ensemble des résultats relativement stables depuis les sept dernières années. Sur la période 2012-2019, la fréquentation du parc n’a que très peu varié. Seul le prix moyen a relativement cru, notamment dû à l’inflation naturelle des prix, provoquant une légère hausse du revenu par chambre disponible sur l’intervalle de sept ans.

Preuve d’une destination à la fois mature et à succès, les trois quarts des chambres d’hôtels de l’agglomération munichoise ont été occupées en 2018, soit un taux d’occupation (TO) annuel moyen de 77,28%. Cet indicateur est en progression, avec un gain net de +0,66 point par rapport à 2017. Les trois premiers trimestres de 2019 ont démontré néanmoins une rechute des performances, avec un TO en recul de -0,25 point par rapport à la même période en 2018. Aussi la période de 2012 à 2019 a été particulièrement marquée par un recul de l’activité hôtelière en 2016, après l’attentat de juillet 2016.

A la différence de Bruxelles, Munich a eu quelques difficultés à retrouver le niveau de performance de 2015. La fréquentation du parc a connu le recul le plus important de l’intervalle 2012-2019, si bien que le TO de 2019 (77,0%) n’a pas encore atteint le résultat précédent l’année de l’attentat (77,86%). En réalité, la différence n’est que très faible, à raison de moins d’un point d’écart entre 2015 et 2019 : seulement de -0,83 point d’occupation.

La « chute » de 2016 correspond à un recul de -1,5 point de l’occupation du parc munichois pour redescendre à un TO de 76,4%. La reprise est certes progressive, à raison de +0,3 pt en 2017 et +0,7 pt en 2018, le taux d’occupation affiche néanmoins des résultats relativement stables malgré le tragique évènement de 2016. Par ailleurs, le résultat est en croissance par rapport au début de la période : +2,88 points de plus en 2019 par rapport à 2012, où le TO était de 74,16%. La croissance est donc réelle à l’échelle de l’intervalle de temps.

A titre de comparaison, le taux d’occupation de Bruxelles a perdu -10,9 points l’année des attentats, pour en regagner +9,8 l’année suivante. La variation est donc très importante, avec autant de cycles de forte croissance que de cycles de forte baisse. Munich révèle au contraire un marché plutôt régulier, nourri d’une solide demande qui n’est que peu sensible aux évènements.

  TO annuel

Pour ce qui est des tarifs, le prix moyen (PM) témoigne d’une variation bien plus importante, comme évoqué précédemment. Sur l’ensemble de la période 2012-2019, le PM annuel a effectivement cru de +16,8%. Celui-ci n’a fait qu’augmenter d’année en année, à l’exception de 2017, où l’impact de l’attentat de 2016 s’est fait ressentir, conduisant à une baisse de -3,6% par rapport à 2016. Mais les tarifs repartent à la hausse dès 2018, à une vitesse de +5,4%, pour se stabiliser à +2,7% durant les trois premiers trimestres 2019.

En comparaison, Bruxelles a démontré des pertes (-1,8% en 2016) et des gains (+5,6% en 2017) de PM à peu près similaires, rebond qui est à peu près équivalent à Amsterdam (+6,0%), Paris (+8,5%), et même supérieur à Londres (+1,5%).

Le prix moyen mensuel munichois parvient ainsi à atteindre 109,26 € HT en novembre 2019, contre 101,63 € HT à la même période en 2012. Mais son plus haut niveau est néanmoins atteint en septembre 2018, avec un PM mensuel de 161,65 € HT.

Côté revenu par chambre disponible (RevPAR), la fluctuation est tout aussi importante que celle du prix moyen. Alors que le PM gagne 17,32 € HT entre 2012 et 2019, le RevPAR gagne 16,31 € HT, un résultat légèrement en dessous de l’évolution du PM en raison d’une fréquentation assez stable qui a légèrement « ralenti » l’évolution du RevPAR sur la période.

Il atteint une moyenne annuelle de 92,90 € HT en 2019, légèrement au-dessus du niveau de 2018 (90,76 € HT, soit une évolution de +2,4% entre 2018 et 2019), niveau qui est largement supérieur à celui de 2017 (85,42 € HT, soit une évolution de +6,3% entre 2017 et 2018). En 2017, le RevPAR a reculé de -3,2%, en passant de 88,25 € HT en 2016 à 85,42 € HT en 2017.

Cette baisse est largement en-deçà du recul du marché bruxellois pendant la période post-attentat en 2016 (-16,6%) – même si l’indicateur a tout aussi rapidement retrouvé son niveau en 2017 (+18,2%) et même en 2018 (+12,1%).

  Pm et RevPAR annuels

Une saisonnalité marquée seulement par les tarifs

Munich est un marché avec une demande à la fois stable d’une année à l’autre mais également tout au long de l’année. En effet, la variation intra-annuelle de l’occupation du parc hôtelier n’est que très faible. Certaines périodes de l’année affichent des résultats légèrement meilleurs que d’autres, mais dans l’ensemble, l’occupation ne varie que très peu chaque mois par rapport à la moyenne annuelle.

  TO mensuel

Seul le prix moyen indique une certaine « saisonnalité » de la destination. Les hôteliers ont en effet tendance à tirer les prix à la hausse en avril, où l’activité de séminaires et d’évènements est particulièrement intense (salon bauma en avril 2013, 2016 et 2019 – plus grand salon de BTP au monde qui se tient tous les trois ans, cf. partie « Le tourisme d’affaires » du dossier pour plus de détails) et les mois de septembre et octobre, période de l’Oktoberfest.

 

RevPAR mensuel

 

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