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Analyses

Londres : le tourisme, antidote au Brexit

Situé dans le Sud-Est de la Grande Bretagne, la capitale du Royaume-Uni symbolise la quintessence de l’âme britannique et continue d’absorber les influences et les cultures de ses immigrants, véritables moteurs de la cité. Avec plus de 9 millions d’habitants et 50 communautés étrangères, Londres constitue un des plus grands centres financiers et culturels du monde.

Pour une analyse plus approfondie du pays, des types de territoires, des régions et des principales agglomérations, consultez l'European Hospitality Report Royaume-Uni 2017.

Cette « ville-monde » penchant vers la mer, culturellement mais aussi physiquement, abrite la Tamise, dont l’influence a été majeure pour le développement de la ville. En effet, Londres ayant été fondée à l’origine sur la rive nord, n’a disposé pendant plusieurs siècles que d’un pont : le London Bridge. Après la construction au 18ème siècle, d’une série d’autres ponts, la ville s’est alors étendue dans toutes les directions.

Longtemps capitale de l’Empire britannique, Londres est désormais le siège du Commonwealth of Nations et une mégalopole de premier plan dans les domaines du commerce, de l’éducation, de l’art, du divertissement, des médias, de la mode, du tourisme et des transports.

Fondée il y a presque 2 000 ans par les Romains sous le nom de Londinium, Londres est la cinquième ville du monde en termes de PUB et la première d’Europe devant Paris Intramuros. Ainsi, le Grand Londres, communément appelé « Greater London », réalise environ un quart du PIB du Royaume-Uni (600 milliards de dollars en 2014) et l’aire métropolitaine de Londres environ un tiers (669 milliards de dollars en 2005). Cependant, la croissance de la consommation, qui portait celle du PIB depuis trois ans, a ralenti à +1,4%, du fait des prix à la consommation en hausse (+2,7%) en 2017.

La capitale est devenue un centre financier majeur peu après 1795, lorsque la République hollandaise s’est effondrée devant les armées napoléoniennes. L’économie de Londres s’est alors orientée vers les services beaucoup plus tôt que d’autres villes européennes. Très fortement tertiarisée, la ville connaît une importante spécialisation dans la finance. Elle est la première place financière mondial et l’un des principaux centres d’affaires internationaux avec des exportations financières qui contribuent grandement à la balance des paiements du Royaume-Uni. En outre, elle est également la première destination d’investissement au monde.

Environ 85% de la population du « Greater London » (soit 3.2 millions de personnes) travaillent dans le secteur des services et 500 000 personnes dans l’industrie et la construction. En 2015, plus de 360 000 personnes travaillaient dans le secteur de la finance et Londres abritait 480 banques, soit plus que n’importe quelle autre ville au monde. De ce fait, elle est aussi un plus grand centre mondial d’échange de devises, représentant environ 37% du volume quotidien moyen de 5.1 billions de dollars selon la BIS (Bank for International Settlements).

Par ailleurs, l’industrie de la distribution des médias en est le deuxième secteur le plus compétitif. La société de production BBC est un employeur important, tandis que d'autres médias ont également un siège social autour de la ville. D’autre part, un nombre croissant d'entreprises technologiques se retrouvent basées à Londres, notamment dans l'East London Tech City, également connu sous le nom de Silicon Roundabout. Par conséquent, la capitale a été classée ville européenne du futur dans la liste 2014/20115 de FDi Magazine.

Le succès de Londres dans le secteur tertiaire s’explique par plusieurs des facteurs tels que de bonnes infrastructures de transport, de multiples infrastructures multiculturelles (écoles, lieux de culte, organisations culturelles et sociales) et une économie dérégulée avec peu d’intervention du gouvernement. Néanmoins les inégalités économiques restent fortes et Londres compte de nombreuses poches de pauvreté ainsi qu’un taux de chômage est plus élevé que la moyenne nationale.

Le réseau de transport public, géré par Transport for London (TfL) est un des plus étendus au monde. A l’horizon de 2012 et des Jeux Olympiques, un programme de 7 milliards de livres, soit 7.9 milliards d’euros, a d’ailleurs été mis en place pour tenter l’améliorer. L’élément central de ce réseau est le métro de Londres, Underground ou London Tube, composé de 274 stations et 16 lignes interconnectées. Avec le besoin d'une plus grande capacité ferroviaire, Crossrail – une ligne de chemin de fer de 118 kilomètres en cours de développement à Londres et dans les comtés de Berkshire, Buckinghamshire et Essex – devrait ouvrir ses portes en 2018. A ce jour, il s'agit du plus grand projet de construction en Europe, avec un coût total prévu à 15 milliards de livres sterling, soit 17 milliards d’euros. D’autre part, le service de train Eurostar relie la gare de Saint-Pancras à Lille, Paris, Bruxelles, mais aussi Lyon, Avignon et Marseille.

Pour soutenir sa politique d’éradication de la voiture, la mégalopole a investi très lourdement dans le transport cycliste. En 2006, la ville a dépensé 38 millions d’euros dans les voies cyclables et les parkings à vélo. Des projets de réinsertion du tramway seraient également en cours.

Londres est également une plate-forme de correspondance aérienne mondiale avec six aéroports (Heathrow, Gatwick, Stansted, Luton, London City et London Southend). Heathrow est le deuxième aéroport le plus important au monde en termes de passagers internationaux tandis que Gatwick est l’aéroport prenant en charge le plus de trafic international. Stansted et Luton sont, quant à eux, spécialisés dans les vols court-courriers et Londres-City, le plus petit et le plus proche de Londres, dans les vols privés. En outre, Londres-Southend est le nouveau venu et est utilisé comme alternative, par des compagnies comme easyJet, pour décongestionner les grands aéroports.

A savoir que sur l’ensemble de l’année 2017, l’aéroport d’Heathrow a accueilli 78,0 millions de passagers, marquant ainsi un nouveau record. Parmi les passagers, 67% étaient des touristes d’agrément et 33% des voyageurs d’affaires. Le projet de création d’une nouvelle piste a d’ailleurs été validé par le gouvernement fin 2016, mais doit encore être approuvé par British Airways, qui souhaiterait en réduire le coût.

En parallèle, un plan d’investissement de 400 millions de livres, soit 425 millions d’euros, à l’aéroport de London City a été entériné. Son extension est prévue pour livraison à l’horizon 2025, ce qui permettra de transporter 2 millions de passagers par an de plus. En outre, la construction d’un hôtel de 260 lits y est prévue. A long terme, ces projets devraient permettre de soutenir la croissance des arrivées internationales, aujourd’hui limitée par la saturation des aéroports.

Londres est une des principales destinations touristiques au monde. Les sites touristiques sont concentrés dans le West End, qui comprend les grands magasins d’Oxford Street, les théâtres, et les quartiers tels que Soho, Covent Garden, Mayfair, Piccadilly Circus et la place de Leicester Square. La « ville-monde » compte quatre sites inscrits au patrimoine mondial (la Tower of London, le Maritime Greenwich, l’abbaye de Westminster et les jardins botaniques et royaux de Kew), de nombreux monuments emblématiques (le palais de Westminster et le palais de Buckingham) ainsi que des institutions renommées comme le British Museum (musée d’histoire et de culture humaine) ou le National Gallery (musée d’art). A noter que la ville possède un panel de musées parmi les plus importants au monde (240). De nombreux monuments célèbrent des personnalités ou des événements qui ont marqué la ville tels que la colonne Nelson, un monument national situé à Trafalgar Square qui sert généralement à marquer le centre de Londres.

Les loisirs constituent une part importante de l’économie londonienne. Globalement, la ville est l’une des quatre grandes capitales mondiales de la mode et le troisième centre de production cinématographique le plus fréquenté au monde. Elle joue un rôle important dans l’industrie cinématographique avec quatre grands studios situés dans la ville (Pinewood, Shepperton, Elstree et Leavesden), ainsi que de nombreuses entreprises spécialisées dans la postproduction et les effets spéciaux.

Londres est la seule ville au monde à avoir organisé trois fois les Jeux Olympiques (1908, 1948, 2012) ainsi, elle connait une variété d’événements annuels, à commencer par le défilé du Nouvel An et le célèbre carnaval de Notting Hill. Par ailleurs, elle bénéficie de son statut de capitale anglophone en Europe et attire ainsi chaque année de très nombreux étudiants du continent venus apprendre la langue anglaise. Dès lors, une importante économie du tourisme estudiantin s’est développée autour de cette manne.

Portée par une dynamique économique, la capitale britannique a accueilli 19,0 millions de visiteurs internationaux en 2016 (contre 18,6 millions en 2015) ayant dépensé 11,9 milliards de livres (13,4 milliards d’euros).

En 2017, le nombre d’arrivées internationales a considérablement augmenté avec +7,5% sur les 9 premiers mois de l’année. En outre, la ville concentrait 53% des recettes touristiques du pays et 40% des nuitées en 2016.

A long terme, l’impact du Brexit reste difficile à évaluer, mais s’est d’ores et déjà traduit par un recul significatif de la livre sterling relativement à l’euro. La dévaluation de la livre relativement aux principales autres monnaies ampute ainsi le pouvoir d’achat des ménages, la consommation et potentiellement, à terme, l’activité dans le secteur tertiaire, prépondérant dans l’économie. Néanmoins, il est juste de souligner que la compétitivité-prix de l’hôtellerie londonienne pour les visiteurs loisirs internationaux s’est trouvée renforcée par les évolutions récentes du taux de change. Selon l'Office national des statistiques, les visiteurs étrangers, ont décidé de profiter de leur pouvoir d'achat et ont dépensé 2,8 milliards de livres (3,2 milliards d'euros) au mois d'août 2017, soit une hausse de +3% par rapport à l'année précédente à la même époque.

A moyen terme, ce sont cependant les décisions relatives aux implantations des entreprises qui pourraient avoir un impact plus significatif sur le marché. Or, ces décisions dépendront des modalités de sortie encore en négociations de l’Union Européenne.

LES PERFORMANCES HOTELIERES

Entre novembre 2015 et octobre 2016, la croissance tendancielle du RevPAR britannique a été freinée par le ralentissement de la demande, notamment à Londres, dans un contexte européen perçu comme à risque à la suite des attentats de Paris et dans un contexte domestique marqué par l’incertitude précédant le référendum du Brexit.

Après une forte croissance de l’offre de chaînes en 2012 à l’occasion de l’organisation des Jeux Olympiques, 2013 avait marqué une pause dans le développement du parc londonien, avant le retour d’une progression soutenue ayant culminé à +7,6% en 2016. Cette forte croissance s’est prolongée durant l’année 2017 avec une hausse de +7,8% permettant d’atteindre une capacité hôtelière de plus de 95 500 chambres au 1er janvier 2018.

En 2017, le taux d’occupation des hôtels londoniens a enregistré une légère hausse de +0,2 points, soit une croissance moins forte que l’année passée (+0,4 points en 2016). Le segment milieu de gamme, dont la fréquentation augmente de +2,0 points, a permis d’obtenir ce résultat positif tandis que le segment haut de gamme enregistre un recul de -0,3 point. Cette légère baisse de fréquentation est essentiellement compensée par la hausse du prix moyen qui a augmenté de +5,5%, alors que les hôtels milieu de gamme majoraient leurs prix de +3,0%. Toutes catégories confondues, Londres affiche un RevPAR en hausse de +5,0% à 121,8 €. En 2017, la croissance des performances est ainsi portée par le milieu de gamme (+5,5%) et le haut de gamme (+5,1%) avec un léger ralentissement de la part des segments économiques. Globalement, la croissance s’est donc accélérée par rapport à 2016 (+1,1%).

Whitbread consolide sa domination à Londres avec sept établissements et près de 9 000 chambres sous enseigne Premier Inn. Au même moment, Travelodge s’étend à Londres avec un ajout de plus de 400 chambres.

Les plus fortes croissances de parc en budget et économique sont à mettre à l’actif de Point A Hotels et Hampton by Hilton. La première est une chaîne nouvellement créée par la joint-venture Raag Hotels qui a repris un portefeuille d’hôtels existants auparavant exploités sous l’enseigne malaisienne Tune Hotels. A l’inverse, AccorHotels voit la capacité de son portefeuille budget et économique londonien reculer légèrement due à la fermeture de l’hôtel Ibis London Euston St Pancras en préparation de la construction de la voie ferroviaire à grande vitesse HS2 entre Londres et Birmingham.

Le segment moyen de gamme, quant à lui, enregistre de nombreux mouvements avec le recul d’Holiday Inn (IHG) et l’extension de 305 chambres de l’enseigne DoubleTree (Hilton). Par ailleurs l’enseigne boutique MGallery by Sofitel (AccorHotels) fait son entrée sur le marché.

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