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Tendances

Cap-Vert, un archipel balayé par des vents favorables pour le tourisme

La République de Cap-Vert, petit archipel balayé par les vents, situé dans l’Océan Atlantique, apparaît comme un îlot de stabilité politique et économique en Afrique de l’Ouest. Ceci lui a permis de développer toutes voiles dehors son industrie touristique, premier secteur contributeur du pays, et de s’affirmer en tant que destination balnéaire prisée des Européens.

Des îles ouvertes aux quatre vents

Cap-Vert est un archipel composé de 10 îles et huit îlots, situé dans l’Océan Atlantique au large des côtes du Sénégal, de la Mauritanie et de la Gambie. Occupant une surface d’environ 4 000 km², le chapelet d’îles compte plus de 500 000 habitants. Au Nord, parmi les îles de Barlavento (« les îles au vent »), Santiago abrite la capitale du pays, Praia, tandis que les îles de Sotavento (« les îles sous le vent »), constituent la partie sud de l’archipel.Le Cap-Vert, du fait de sa situation géographique et de ses faibles ressources, est particulièrement isolé et dépend donc économiquement et financièrement des pays étrangers. Après avoir enregistré une forte croissance jusqu’en 2011, le pays a toutefois été affecté par le ralentissement économique de l’Union Européenne, et particulièrement celui de ses partenaires privilégiés que sont l’Espagne et le Portugal. Sa croissance est ainsi passée de plus de 4% en 2011 à 1% en 2013 puis 2% en 2014, une remontée étant toutefois attendue pour 2015. Par ailleurs, le secteur primaire ne représente que 8% du PIB de l’archipel, tandis que le secteur des services domine, générant près des trois quarts de la richesse nationale. Le pays fait également face à des faiblesses structurelles, notamment un taux de chômage élevé (plus de 16%), particulièrement chez les jeunes, et des infrastructures encore peu développées.En dépit de ces vents contraires, le pays apparaît aujourd’hui comme l’un des plus dynamiques et les plus stables politiquement de l’Afrique de l’Ouest. Ancienne colonie portugaise, le Cap-Vert a obtenu son indépendance en 1975, et a depuis bénéficié d’une stabilité et d’un volontarisme politiques qui lui ont permis de connaître un fort développement économique. La constitution d’un Etat solide, ayant fixé un cap et des objectifs stratégiques, ainsi qu’une certaine discipline monétaire et une bonne gouvernance ont permis aux îles capverdiennes de pallier leurs insuffisantes ressources, et d’afficher un PIB parmi les plus élevés d’Afrique. Le secteur du tourisme a fait partie intégrante des plans de développement : il est aujourd’hui l’un des premiers secteurs économiques du pays, générant près de 21% de la richesse nationale. Cap-Vert s’appuie sur son climat et la grande variété de ses îles et de ses paysages pour adopter un positionnement de destination balnéaire et ensoleillée. Elle valorise aussi sa culture, traversée par les influences européennes et africaines. Les îles de Sal et de Boa Vista, qui accueillent chacune l’un des quatre aéroports internationaux que compte l’archipel, sont les plus prisées pour leurs paysages désertiques et leurs plages exotiques de sable fin. Sao Vicente est quant à elle réputée pour abriter la plus belle des villes de l’archipel, Mindelo, où la vie nocturne est particulièrement animée. Santo Atao se démarque des autres îles au paysage lunaire par sa végétation luxuriante, offrant de nombreuses possibilités de randonnée, tandis que Santiago, où se situe la capitale Praia, se montre plus propice pour le tourisme historique, abritant le premier village fondé par les Portugais. Enfin, l’île de Fogo est la seule à abriter un volcan encore actif, constituant le point culminant de l’archipel. Les différentes îles sont reliées par des liaisons aériennes et par ferry. Cap-Vert apparaît comme une destination africaine abritée et sûre pour les touristes. Les clientèles internationales – majoritairement européennes – composent l’essentiel de la fréquentation puisqu’elles représentent plus de 95% des nuitées réalisées en 2014. Les Britanniques sont la première nationalité représentée, générant 839 500 nuitées, soit près d’un quart du total. Ils sont suivis par les Allemands, pesant pour 15% des nuitées, puis la Belgique et les Pays-Bas cumulant 385 700 nuitées (11,3% du total). Ces trois nationalités ont connu une forte croissance entre 2010 et 2014. Les Portugais, pays avec lequel Cap-Vert a naturellement des liens privilégiés, totalisent quant à eux 9,3% des nuitées, juste devant les Français (8,4%), et les Italiens (5,8% des nuitées), ce dernier marché ayant toutefois nettement reculé depuis 2010 (-28%).Une offre hôtelière se développant à grande vitesseEn 1975, au moment de l’indépendance, l’archipel ne comptait qu’un seul hôtel dans la capitale. En 2015, selon les données du Ministère du Tourisme, le pays capverdien compte un total de 226 établissements et 10 626 chambres, pour majorité dans des hôtels, cette offre comprenant aussi quelques pensions, les résidences et appart-hôtels. L’offre d’hébergement a connu une croissance rapide, en progressant de 80% soit 4 735 chambres supplémentaires sur les 5 dernières années, et a plus que doublé sur la décennie. Toutefois on observe une stabilisation en 2015, où le parc a reculé pour la première fois de 2%.Les deux principales îles touristiques du pays concentrent l’offre hôtelière : Sal accueille près de la moitié du parc national avec plus de 5 000 chambres (soit un doublement de sa capacité en dix ans), et Boa Vista un quart de l’offre, soit 2 600 chambres. C’est cette dernière qui a connu le développement le plus important sur la décennie 2005-2015 : elle a ainsi gagné 2 000 chambres en dix ans, et est aujourd’hui le second parc hôtelier de l’archipel. L’île de Santiago accueille quant à elle 11% de la capacité hôtelière nationale, du fait de la présence de la capitale Praia, et Sao Vicente 7,4%. Les autres îles de l’archipel concentrent chacune moins de 3% du parc.L’offre indépendante reste majoritaire dans l’archipel des îles au vent, les chaînes intégrées représentant 44% du parc total, soit 4 680 chambres dans 9 établissements, selon les données Hospitality ON. L’ensemble de ces établissements de chaîne sont concentrés sur les îles de Sal (63% du parc) et de Boa Vista (52%), hormis le Pestana Tropico localisé dans la capitale. En effet, sur les deux principales îles touristiques a été développée une offre de resorts haut de gamme tout compris, opérés par des groupes hôteliers européens. Au premier rang, l’allemand TUI Hotels & Resorts opère 1 631 chambres dans deux resorts situés sur Boa Vista. Les groupes ibériques sont également présents : l’espagnol Melia International est présent via deux établissements totalisant 1 436 chambres, tandis que les groupes Iberostar et Pestana (portugais) opèrent chacun un hôtel. Enfin, le britannique Thomas Cook opère un établissement sous enseigne Smartlines de 244 chambres.Peu de projets sont annoncés de la part des groupes hôteliers. Hilton devrait cependant ouvrir dans les prochaines années un établissement sur la plage de Santa Maria sur l’île de Sal, d’une capacité de 240 chambres. Il serait ainsi le premier opérateur américain à s’implanter dans l’archipel capverdien.Une demande forte et soutenueL’archipel a vu son tourisme se développer de manière considérable sur la dernière décennie, le demi-million d’arrivées ayant été dépassé dès 2012. Le nombre d’arrivées dans les établissements hôteliers de Cap-Vert a ainsi plus que doublé entre 2005 et 2015 pour atteindre 569 387 arrivées, et le nombre de nuitées a triplé sur la même période et s’établit à 3,7 millions en 2015. Après une forte croissance depuis l’année 2000, la crise n’a eu qu’un léger impact sur la fréquentation des hébergements en 2009 (-0,9% d’arrivées), puis la croissance repart. En 2014, le vent tourne pour le tourisme capverdien, qui souffre des répercussions de l’épidémie d’Ebola sévissant en Guinée et au Sénégal. Même si celle-ci n’a pas atteint l’archipel, elle a eu un impact sur la fréquentation touristique qui recule de 2,3%. Les touristes reviennent toutefois en 2015, les arrivées progressant de nouveau de 5,5% (60 000 arrivées supplémentaires) et les nuitées de 8,6%. Les îles de Sal et de Boa Vista sont les moteurs de cette croissance : en 2015, la première accueille à elle seule 1,8 million de nuitées, et la seconde 1,5 million.Le nombre de nuitées sur l’archipel a également augmenté sur la dernière décennie grâce à un allongement significatif de la durée de séjour, qui est passée à 6,3 nuits en moyenne en 2015, contre 3,9 dix ans auparavant. Cette tendance à la hausse de la fréquentation pourrait toutefois être menacée en 2016 avec l’arrivée dans le pays du virus Zika au mois de mai.Si le nombre de nuitées et de chambres a crû de manière quasi-discontinue sur la décennie, le taux d’occupation des hébergements a connu diverses variations. Il convient tout d’abord de noter qu’il reste à des niveaux annuels relativement bas, du fait d’une forte saisonnalité de la fréquentation concentrée sur la moitié de l’année. Après un pic à 58% atteint en 2011, le taux d’occupation est depuis sur une tendance baissière jusqu’en 2015 où il atteint 49%, pouvant s’expliquer en partie par la hausse de l’offre, plus rapide que celle de la demande. Ce taux d’occupation moyen cache aussi de fortes disparités : l’ensemble des îles, y compris Santiago, ne dépassent pas les 25% de taux d’occupation, tandis qu’il atteint 49% à Sal. Boa Vista caracole en tête avec un taux d’occupation de 76%, et a atteint 83% à son plus haut niveau historique en 2011. Cap-Vert présente encore un fort potentiel de développement de son tourisme. L’un des principaux enjeux pour le pays consiste à corriger le déséquilibre actuel qui entraîne une concentration des touristes sur Boa Vista et Sal, amplifiée par la faiblesse des liaisons maritimes et aériennes entre les différentes îles de l’archipel. Par ailleurs, les infrastructures aéroportuaires apparaissent encore insuffisantes, en termes de capacité, ce qui peut nuire à l’augmentation de la fréquentation. La promotion de la destination à l’échelle internationale n’est pas toujours suffisamment développée. Enfin, une plus grande diversification des clientèles permettrait de réduire la dépendance aux marchés européens, et ainsi d’assurer une croissance plus forte du nombre de visiteurs. L’archipel devrait donc mettre le cap sur ces nouveaux objectifs, afin de continuer de bénéficier des vents qui pourraient bien continuer de le porter parmi les destinations phares de l’Afrique dans les années à venir.

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