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Enquêtes

Bruxelles, une destination en pleine mutation. Partie 1

Quel bilan de la destination aujourd’hui ? quelle est la demande ? quelle est l’offre ? quelles pistes d’évolution à venir ? Première partie.

Capitale administrative de la Belgique, Bruxelles compte près d’1,2 million d’habitants fin 2018, et plus du double dans son agglomération élargie. Ville d’excursions touristiques pour les européens grâce à son emplacement, son patrimoine et son histoire, Bruxelles s’appuie également sur une activité soutenue de tourisme d’affaires, la ville abritant de nombreux sièges de multinationales et d’organes liés aux institutions européennes (cinq pour l’Union Européenne) ainsi qu’internationales (siège de l’OTAN), et accueillant de nombreux congrès associatifs. De ce fait, Bruxelles est aujourd’hui une capitale mondiale au niveau du lobbying, des congrès, de la presse internationale et de la diplomatie, ce qui, conjugué à une importante capacité d’accueil pour les grands évènements, la place parmi les premières destinations d’affaires du continent européen. Cette complémentarité, entre l’offre d’affaires et celle de loisirs, permet à la ville de maintenir son taux d’occupation à un bon niveau tout au long de l’année.

L’année 2018 a été un bon cru pour la métropole selon les données SPF économie, corrigées par visit.brussels. La capitale belge a reçu 3,91 millions d’arrivées, en croissance de +9%, et 7,36 millions de nuitées, en augmentation de +10%. Etant une destination d’affaires très développée, 51% des arrivées (soit 2 millions d’arrivées) et des nuitées (3,74 millions de nuitées) à Bruxelles ont un motif professionnel, et 49% des arrivées (soit 1,91 millions) et des nuitées (soit 3,62 millions) ont été pour le loisir. graph 1

Cet écart tend à se réduire au fur et à mesure des années, Bruxelles s’affirmant de plus en plus sur la scène internationale comme une destination culturelle et artistique, notamment pour son offre d’institutions culturelles (121 musées et la Grand-Place classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO) et de concerts (22 salles de concerts). Ce sont 8 745 visites guidées qui ont été effectuées en 2018.

Aujourd’hui la ville se concentre sur la promotion d’événements récurrents, comme les Plaisirs d’Hiver qui se tiennent de fin novembre à début janvier et accueillent trois millions de visiteurs chaque année. A l’opposé l’été est une période creuse pour la destination. La ville cherche donc à se développer sur cette période, en plus d’essayer de maintenir et de renforcer le reste de l’année son activité MICE (tourisme d’affaires évènementiel : réunions d’affaires, incentives, conférences, expositions orientées business…).

Sur ce dernier créneau, la destination a récemment perdu un de ses plus grands salons annuels, le salon SeaFood, au profit d’une ville concurrente. Preuve que ce type d’évènements constitue un véritable enjeu pour Bruxelles, cette perte devra être compensée par un voire plusieurs autres évènements professionnels pour pallier le manque de clients que cela va engendrer.

La stratégie de développement déployée par la destination sur la clientèle loisirs est très concluante, 2018 marquant la première année où les séjours loisirs sont à peu près au même niveau que les séjours d’affaires. Noémie Wibail de Visit.brussels témoignait ainsi que « ce qui est exceptionnel, c’est l’écart très faible entre les week-ends et les jours de semaine, ce qui indique un bon mix entre loisirs et affaires » pour le mois de juillet 2019.

Cette situation est d’autant plus surprenante puisque de faibles performances étaient attendues en 2019 en raison des élections européennes au mois de mai. En réalité, la demande a seulement chuté durant la semaine des élections, pour repartir de plus belle par la suite. Dès le 31 mai, le TO affichait déjà une croissance à deux chiffres spectaculaire (+23,51 pts), tendance qui s’est poursuivie par la suite tout au long du mois de juin et jusqu’au début du mois de juillet.

Aussi, pour ce qui est de la partie affaires, elle accueille prioritairement des évènements internationaux, notamment grâce à la présence de plusieurs instances de l’Union Européenne, telles que le Parlement européen, le Conseil de l'Union européenne, le Conseil européen, la Commission européenne, le Comité économique et social européen, ou encore le Comité des régions. Ainsi 763 réunions d’associations internationales se sont tenues en 2018 d’après UIA, et 112 réunions d’après le classement ICCA dans les 30 centres de conférence et d’exposition et les 199 lieux de réunion prévus à cet effet.

Un parc hôtelier très qualitatif

L’agglomération bruxelloise compte au 1er janvier 2019 un total de 394 hébergements touristiques enregistrés, soit 17 440 chambres disponibles (données issues du rapport annuel 2018 de visit.brussels) sur le marché toutes solutions d’hébergements confondues (hôtels, appart-hôtels, résidences de tourisme et meublés, centres d’hébergement de tourisme social, hébergements chez l’habitant déclaré…).

A noter qu’une offre alternative et non systématiquement déclarée est en train de monter sur le marché à travers des plateformes comme Airbnb ou Home Away. La ville de Bruxelles estime à 5 815 en moyenne le nombre de logements privés mis sur le marché chaque année (données AirDNA, retransmises dans le rapport annuel 2018 de visit.brussels), quantité non négligeable qui fluctue d’un mois à l’autre au cours de l’année, avec un pic durant l’été (en août 2018, 6 748 logements auraient été identifiés).

L’offre strictement hôtelière est de 141 établissements hôteliers pour 15 742 chambres (données visit.brussels), soit l’essentielle de l’offre d’hébergement marchand. Par ailleurs, le parc hôtelier renferme avant tout des établissements de grandes chaînes hôtelières telles que le groupe Accor, Jian Jiang, Intercontinental Hotel Group (IHG), ou encore Thon Hotel et Pandox, ces deux derniers étant les plus gros propriétaires de ce marché. Le parc de chaîne totalise 107 établissements (15 568 chambres) sur les 141 hôtels qu’enregistre l’agglomération (données MKG Consulting – European Hospitality Report Belgique). L’offre hôtelière de chaîne n’a cru que modérément l’an dernier, à hauteur de +1,1% de chaînes supplémentaires, soit un gain net de 172 clés.

Ces établissements sont majoritairement situés dans les segments milieu et haut de gamme. En 2018 le moyen et le haut de gamme incorporent 6 343 chambres pour le moyen et 6 704 chambres pour le haut de gamme. La catégorie super-économique et économique est largement minoritaire sur le marché, incorporant seulement 8% des chambres disponibles. En d’autres termes, ce marché est très représentatif d’une destination très tournée vers le segment affaires. graph 2

 

Des résultats sur la pente ascendante, témoins d’une bonne résilience de la destination

Le prix moyen par chambre est de 117,20 € TTC et le taux d’occupation est de 74,7% en 2018, conduisant à un revenu par chambre disponible de 87,50 € TTC, en progression de +12,1% par rapport à 2017.

Les nuitées ont bien évolué en 2018, mais surtout en 2017 avec une croissance qui frôle les deux chiffres (+9,8 points). En effet, cette importante progression fait suite à la récession de 2016, causée par les attentats du 22 mars 2016 qui ont fortement impacté la destination cette année-là. Mais le marché bruxellois étant très résilient, les résultats sont rapidement repartis à la hausse.

  graph 3

C’est ainsi que le taux d’occupation des hôtels oscillent entre 61,1% en 2016 et 75,0% sur la période de 2012 à 2018. L’année 2018 atteint presque le niveau des performances de 2012, avec un TO de 74,7%, en croissance de +4,3 points, face à 70,7% en 2017 (+9,8 points). D’un point de vue plus détaillé, l’occupation par segment est assez homogène et reflète la moyenne annuelle en 2018 : 79% (+4,5 pts) pour l’éco, 73% (+4,4 pts) pour le moyen de gamme et 67,5% (+4,6 pts) pour le haut de gamme. graph 4

Comme énoncé plus haut, le prix moyen s’établit à 117,20 €TTC en 2018, montant qui est en croissance de +5,6%. L’année précédente, il était évalué à 108,40 €TTC (+1,9%). Par rapport à 2012, le PM de 2018 a augmenté de +41,9%, passant de 82,60 € TTC à 117,20 € TTC, et ce malgré la période de récession de 2016, année où le PM a baissé de -1,8%.

A titre de comparaison, les PM des autres grandes capitales européennes ont cru bien moins vite en 2018 : celui d’Amsterdam de +6,0%, celui parisien de +8,5%, et celui londonien était stable (+1,5%). Pour ce qui est du revenu par chambre disponible, il fluctue d’autant plus sensiblement sur la période 2012-2018, avec des variations à deux chiffres pendant la sombre année de 2016 (-16,6%), mais aussi en 2017 (+18,2%) et en 2018 (+12,1%).

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