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Analyses

Brexit, quel bilan aujourd'hui ?

Alors que le Royaume Uni quittera officiellement l'Union Européenne ce soir à minuit (23 h heure de Londres), le voile d'incertitudes qui portait sur la situation britannique est levé. Mais qu'en est-il du tourisme ? Quel retour peut-on faire jusqu'ici ? Et à quoi peut-on s'attendre pour l'année 2020 ?

Après avoir repoussé la date officielle du Brexit du 31 octobre 2019 au 31 janvier 2020, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a finalement réussi à convaincre les députés britanniques lors d'un vote historique le 9 janvier dernier. L’accord a par la suite été ratifié par la chambre des lords avant d’être promulgué officiellement par la reine Elizabeth II le 23 janvier.

Le 31 janvier 2020 achève donc cette période d’incertitude et confirme la sortie tant attendue par les Britanniques de l’Union Européenne. Mais cette sortie est pour l’instant simplement symbolique, l’année 2020 étant une période de transition, d’ici la signature d’un accord avec l’UE.

La réelle date buttoir fatidique est donc celle du 31 décembre 2020, date à laquelle la réelle sortie de l’Union Européenne sera véritablement effective. L’éventualité d’un délai supplémentaire d’un an ou de deux ans est également une possibilité, si aucun accord n’était trouvé avec l’UE d’ici la fin 2020, situation qui repousserait l’entrée en vigueur du Brexit au 31 décembre 2021 ou au 31 décembre 2022.

Concernant cette période transitoire, le gouvernement français rassure à cet égard :

Avec la ratification de l'accord de retrait, le Royaume-Uni sort de l’Union de façon ordonnée le 31 janvier 2020 à minuit, et le droit de l'Union européenne continuera de s'appliquer au Royaume-Uni jusqu’à la fin de la période de transition prévue jusqu’au 31 décembre 2020. La période de transition définie par l’accord de retrait garantit que, pendant l’année 2020, rien ne change pour les particuliers et les entreprises, afin de laisser le temps à chacun de préparer la mise en œuvre de l’accord de retrait et d’anticiper la relation future entre l’UE et le Royaume-Uni, qui doit encore être négociée.

L’union Européenne confirme également l’absence de changement dans les faits pour les personnes britanniques ou citoyens de l’UE, expliquant que « tous les droits » en matière de libre circulation « seront maintenus […] comme si le Royaume-Uni était encore membre de l’Union européenne » (Mémo de la Commission Européenne, publié le 26 novembre 2018).

Malgré le maintien des règles de circulation jusqu’à présent, l’année 2019 a néanmoins été marquée par un léger recul de l’activité touristique dans le royaume. Alors que le journal économique anglosaxon Bloomberg évalue à 170 milliards de dollars les pertes économiques pour le Royaume-Uni provoquées par l’annonce du Brexit depuis le référendum en juin 2016, ces pertes s’observent également à l’échelle du tourisme.

Le taux d’occupation (TO) des chambres d'hôtels au Royaume-Uni a en effet reculé de -0,3 point en 2019, pour une moyenne qui demeure très élevée : un TO de 80,0% (données OK_destination). Ce résultat monte même à 83,3% pour la ville de Londres.

Mais à l’échelle de l’année, celle-ci est principalement marqué par un recul des performances, notamment en fin d’année (période à laquelle le Brexit devait initialement prendre effet - le 31 octobre 2019) : en septembre (-0,3 pt, TO 88,6%), en octobre (-0,8 pt, TO 89,0%), en novembre (-0,8, TO 85,7%) et en décembre (-0,7 pt, TO 80,8%). En réalité, ces baisses enregistrées ne sont que très minimes, avec des variations négatives inférieures à 1 point de perte d’occupation.

Quant au revenu par chambre disponible au Royaume-Uni, il a même réussi à grimper légèrement de +1% pour atteindre 73,20 € HT, grâce à une hausse des prix des chambres de +1,3% pour un prix moyen de 91,50 € HT. Pour ce qui est de Londres, la mégapole poursuit une croissance de RevPAR encore un peu plus rapide que celle nationale (+3,8%) pour une moyenne de 116,19 € HT par chambre disponible en 2019. Ce chiffre n’a cessé de croître depuis l’année du référendum en 2016 : il part de 105,01 € HT en 2016, passe à 109,10 € HT (en croissance de +3,9%) en 2017, puis à 111,97 € HT (+2,6%) en 2018 pour terminer à 116,19 € HT en 2019 (+3,8%).

Etant donné que l’année 2020 est une année « blanche » où aucune mesure ne sera encore appliquée concernant la séparation du Royaume-Uni de l’UE, il est fort à parier que ces résultats se maintiendront à un bon niveau encore cette année. Seules les variations du taux de change pourraient avoir un éventuel impact positif ou négatif sur la fréquentation de la destination, ou sur les départs en vacances des ressortissants britanniques.

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