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Autriche: une accélération du RevPAR pour une destination de rêves 3/3

L’Autriche est une destination touristique d’importance : 29,5 millions d’arrivées internationales dans le pays en 2017 pour 106 millions de nuitées (source : OMT). Et depuis de nombreuses années : en 2009 l’Autriche représentait 4,6% des arrivées internationales en Europe ; presque 10 ans plus tard, ce chiffre n’a quasiment pas bougé pour rester à 4,39% en 2017. Pourquoi alors parler de l’Autriche ? Y a-t-il encore quelque chose à dire sur ce pays qui fait figure de vieux sage du tourisme ? La réponse est simple : oui. Car dernièrement l’Autriche a réalisé des scores impressionnants : des progressions de RevPAR à deux chiffres, des taux d’occupation qui s’envolent, un nombre de touristes en hausse de 5% en 2017... L’Autriche cacherait elle encore des surprises ?

L’Autriche : une diversification du produit ?

Une stratégie sur les prix ne peut à elle seule expliquer la hausse du taux d’occupation. En outre il faut évacuer deux écueils. Le premier consisterait à voir dans cette hausse du TO une simple conséquence d’un changement de parc : moins d’hôtels donc des hôtels plus remplis. Or l’hébergement en Autriche est plutôt stable, voire en légère hausse : +1,56% de chambres entre 2008 et 2017, soit 4 475 clefs en plus. Le second, serait de voir dans cette hausse du TO une conséquence seule de la hausse du nombre de touristes en Autriche. Car, oui, le nombre de touristes en Autriche a considérablement augmenté sur la même période : 19 076 785 millions en 2008 pour 26 906 005 en 2017, soit une hausse de 36%. Bien plus que le nombre de chambres donc. C’est une première raison, mais il faut aller plus loin. Il suffit de prendre un contre-exemple : entre 2008 et 2018, la France accueille 45% de touristes en plus, comme l’Autriche avec ses 35% d’arrivées en plus ; et, comme en Autriche le parc français reste stable sur les 10 dernières années, avec une hausse du nombre de lits de 4%, un chiffre comparable avec la hausse de 1,5 % du nombre de clefs en Autriche. Pourtant le TO de la France prend à peine 5 points en 10 ans, là où celui de l’Autriche frôle les 10 points d’évolution. D’autant plus qu’une partie de la hausse des arrivées est absorbée par d’autres structures d’hébergements que les hôtels.

Autriche

C’est ce que montrent les chiffres d’Eurostat : si en 2008 les hôtels représentaient 81% des nuitées, ils n’en représentent plus que 77% en 2018, soit une perte en absolue de 3,5 millions de nuitées. Ce chiffre de 22,5% des nuitées, celles qui ne sont plus effectués dans l’hôtellerie classique donc, représente des séjours en auberge de jeunesse, en appartement meublés de tourisme, en camping. Un chiffre certainement sous-évalué, notamment pour la catégorie des appartements meublés de tourisme pour des courts séjours, qui sont forts difficiles à traquer, bien plus volatiles qu’une chambre d’hôtels fixes. En fait, la meilleure preuve que la hausse des arrivées n’a pas profité qu’aux simples hôtels reste tout simplement de regarder les chiffre d’Airbnb, ceux donné par AirDnA par exemple, pour compléter cette tendance qui apparait avec les chiffres d’Eurostat. Ainsi, entre 2016 et 2018 au moins 5000 appartements ont été ajoutés sur les plateformes Airbnb et Home Away, seulement sur la capitale, Vienne. C’est beaucoup par rapport aux 33 610 chambres d’hôtels de la ville.

Il est donc clair qu’Airbnb a profité de la hausse des arrivées et des nuitées. C’est une nouvelle indication : un enjeu sur la pénétration des chaines, sur les prix qui se démocratisent, mais aussi des prix en lien avec une nouvelle offre, moins chère, pour une clientèle qui a moins l’habitude des hôtels. Des jeunes avec les auberges de jeunesse, des familles avec les séjours de plein air : vraisemblablement, le profil type du touriste en Autriche évolue sensiblement.

Ce changement de profil des touristes est sans doute l’une des pistes pour comprendre l’évolution du T.O : avec les effets de parcs, la hausse des arrivées et l’appel d’air des prix, il y a un changement des profils. Les nouveaux touristes restent moins longtemps que les anciens : le taux de croissance des arrivées progresse bien plus vite que le taux de croissances des nuitées. C’est le fameux « city break », entre autres. D’ailleurs Marriott à ouvert un Moxy en Autriche en 2018, une marque plus connectée, plus jeune : un pari sans doute gagnant au vu des chiffres. Les hôtels intégrés, sont présents avant tout dans les espaces le plus renommés et les espaces urbains : les lieux prisés des city breaks, weekends, courts séjours. D’où les hausses de TO. Vienne prend 10 points en 10 ans par exemple. Il suffit de regarder la durée moyenne de séjour en Autriche, c’est-à-dire le nombre de nuitées divisés par le nombre d’arrivées.

Autriche durée moyenne de séjour

La durée de séjour est en baisse constante sur les dix dernières années. Il faut dire que l’Autriche partait de très haut : avec une durée moyenne de quasiment 4,5 jours en 2018. C’est loin des 2 jours de séjours en France par exemple. Un bon score notamment permis par les séjours aux skis, plus long. Mais la durée moyennes des séjours d’hivers a baissé, de 5 à 4 jours : mathématiquement l’ensemble suit avec un séjour moyen qui atteint un peu moins de 4 jours en 2018.

La tendance s’observe d’ailleurs tant dans les chiffres de l’OMT que dans les chiffres d’Eurostat. Un raccourcissement des séjours qui n’est pas nécessairement la règle générale du tourisme en Europe, si les tendances à partir plus mais moins longtemps sont au centre des recherches, la durée moyenne de séjour dans l’Union Européenne de tous les internationaux finalement reste stable, voire augmente en passant de 2 jours en 2008 à 2,5 jours en 2018. Dans cette comparaison, l’Autriche apparait au carré comme une destination de plus courts séjours. Les années 2013, 2014 et 2015 sont notamment à retenir comme le début de la déconnection entre arrivées et nuitées : c’est ce que montre le graphiques ci-contre, sur les arrivées des internationaux en Autriche (là encore, un préalable à noter : le graphique est un croisement entre les chiffres de l’OMT et d’Eurostat, qui n’ont pas les mêmes échantillons, ou manière de compter, il s’agit avant tout de comprendre les tendances et les ordres de grandeurs, les chiffres exacts ont toujours une marge d’erreur). En 2013, 3% de croissance pour les arrivées, seulement 1,65% pour les nuitées, en 2014, la bascule s’effectue, avec 2% d’arrivées en plus mais une baisse de 0.5% des nuitées, en 2015 l’écart s’accélère avec 5% pour les arrivées et 3% pour les nuitées. Sur les 10 dernières années, la croissance des nuitées ne dépasse jamais la croissance des arrivées, c’est particulièrement visible via les courbes de tendances, ici calculées en moyenne mobile pour plus de clarté.

Autriche

Une des autres explications, de cette croissance des arrivées, du taux d’occupations, est peut-être l’arrivée d’une nouvelle intra destination : Salzbourg. En 2017, le nombre d’arrivée y a augmenté de 8%, de même pour les nuitées, et de telles hausses avaient déjà été atteintes en 2012. D’où là encore des performances en hausse : +20,4% de RevPar en 2018 par rapport à 2017.
Attention toutefois, pour Salzbourg des effets de parcs sont à prendre en compte, car le RevPar augmente en relatif, mais pas en absolu. Cela dit là encore tous les indicateurs sont au vert.

Salsburg

Du rêve et du RevPar : c’est cela l’Autriche. Car les rêves de sommets enneigés et de palais impériaux sont, dans la république des Alpes, aussi synonymes de RevPAR en hausse, avec des taux de croissances à deux chiffres sur les deniers mois. Depuis 5 ans : les arrivées, les nuitées; la demande dans son ensemble est en hausse ; favorisant les taux d’occupation, et par là les performances. Une vitesse de croisière rare pour un pays pourtant touristique depuis longtemps.
D’ailleurs, la meilleure preuve de cette santé insolente du tourisme autrichien se trouve dans la part du tourisme européen que représente le pays : depuis 10 ans, le pays compte pour 4.5% des arrivées internationales en Europe. Sur la même période la France est passée de 16 % à 12%, l’Italie de 9,3% à 7,2%. L’Autriche garde ses parts, quand ses voisins les perdent. Alors : est-ce l’Autriche qui rêve, où les autres destinations qui rêvent des mêmes chiffres ?

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