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Quelles conséquences prévisibles de la crise financières ?

Récession, faillites, plans de sauvetage comme de licenciements : les mots qui fâchent font la une de tous les journaux. L’économie mondiale s’enfonce petit à petit dans une crise durable. Cette longue descente aux enfers a commencé à l’été 2007. Avec l’explosion de la bulle des subprimes, les sourires qui étaient jusqu’alors de mise dans le monde financier commencent à se figer.

 Les postures se raidissent alors que les acteurs de la finance partagent une partie du risque de ces crédits immobiliers à risque. Dès lors, les banquiers commencent à froncer des sourcils aux investisseurs venus rechercher les moyens de financer leurs projets. Problème : la dette est un élément primordial dans le secteur immobilier et hôtelier où l’effet de levier est la pierre angulaire de tout investissement. Depuis cet été meurtrier, les grandes opérations sont aux abonnés absents. Oublié le rachat de Hilton par Blackstone, finies les ventes de murs massives. Lors du Global Lodging Forum organisé par MKG Hospitality en mars dernier, soit six mois après le choc de l’été, Jean-Paul Betbèze, directeur des études économiques du Crédit Agricole, estimait : “ce n’est pas encore le credit crunch – la réduction drastique du crédit – mais préparez-vous au credit squeeze – des opérations plus chères nécessitant davantage de fonds propres”.Pour l’instant, si le tableau s’est assombri, l’hôtellerie fait preuve de résistance. Hong Kong, New York, Paris ou Londres affichent des niveaux d’occupation toujours enviables. Et, malgré le ralentissement enregistré, les prix moyens sont toujours sur une courbe ascendante. Toutefois, selon l’analyse des cycles hôteliers présentée par MKG Hospitality (voir encadré), une baisse continue des taux d’occupation ne saurait rester sans conséquence. D’autant plus que, pour soutenir la fréquentation, les établissements devraient s’ouvrir à des clientèles moins contributrices (équipages aériens, groupes loisirs) ou plus sensibles aux prix et promotions. Dans ce contexte, les groupes hôteliers souffrent. Les bourses anticipent le ralentissement de l’activité et sanctionnent lourdement les valeurs du secteur. Sont-ils pour autant devenus des proies potentielles ? Avec le rétrécissement du crédit, leurs plans de développement ambitieux pourront-ils être atteints ? Dans ces temps de crise, les entreprises qui ont les reins solides peuvent-elles entrevoir d’intéressantes opportunités ? Les questions sont nombreuses...Il semble qu’aujourd’hui, les robinets soient bel et bien fermés. Fin de l’été 2008, la finance mondiale subit un deuxième coup de boutoir. La faillite de Lehman Brothers a enclenché une mécanique infernale qui a conduit au blocage complet de la machine financière, et, partant, de toute l’économie. Les conséquences devraient être profondes à court et moyen terme. Pour de nombreux analystes, il faudra deux à trois ans avant de retrouver des conditions normales de crédit et plus encore avant que le marché de l’immobilier ne retrouve du tonus.Le coup de frein à l’économie mondiale ne peut rester sans conséquence sur l’activité hôtelière à travers le monde. Le WT&TC n’est guère optimiste pour l’année à venir. La croissance du tourisme devrait connaître un très net ralentissement en 2009 et adopter un rythme bien loin des 4-5% enregistrés ces dernières années. Confiant jusqu’à un temps récent, le groupe d’experts du Baromètre OMT du tourisme mondial donne lui aussi des signes de perte de confiance sur les perspectives à court terme. Pour Francesco Frangialli, son secrétaire général : “l’expérience nous apprend que le tourisme est résistant, mais il est indéniable qu’au delà d’un certain degré de dégradation de la situation, tous les secteurs de l’économie commenceront à en subir les conséquences”.Très récemment, les groupes hôteliers se sont adonnés à l’exercice difficile des alertes sur résultats. Accor a modifié son objectif avant impôt pour 2008, passant de 910 à 930 millions d’euros à une fourchette comprise entre 870 et 890 millions d’euros. Pour faire face, le groupe a lancé un plan d’économies de 75 millions d’euros, dont 50 millions d’euros en 2009 et des réductions dans son programme d'investissement. Marriott a également revu ses ambitions à la baisse pour 2009, dans la foulée d’un dernier trimestre 2008 pour lequel le groupe américain anticipe une baisse des redevances. Déjà, son troisième trimestre a été difficile. Le revenu net est passé de 122 millions de dollars en 2007 à 94 millions de dollars en 2008. Si l’activité hôtelière du groupe américain tangue mais ne coule pas, son activité time share est fortement impactée par la crise. En raison de son positionnement à la croisée de l’investissement immobilier et de l’hôtellerie de loisirs, deux segments peu porteurs en période de crise, le timeshare enregistre une baisse des ventes de 13% au 3ème trimestre. Baromètre fiable du climat économique, l’hôtellerie n’avait pas attendu la faillite de Lehman Brothers pour ressentir les signes avant-coureurs du ralentissement général. Après un premier semestre dans la ligne d’une estivale en Europe excellente année 2007, la période estivale en Europe a mis en lumière un net fléchissement de la fréquentation. Au mois d’août, le revenu par chambre a viré au rouge (-2,8%). Le mois de septembre est du même acabit, avec un repli de 3,6 %. Et la tendance devrait se poursuivre. Ce phénomène n’est pas circonscrit à l’Europe. En Asie, la fédération des hôteliers de Hong Kong prévoit une baisse des TO de 5% sur les trois derniers mois de l’année, passant de 90% à 85%. A l’épicentre de la crise, l’hôtellerie américaine encaisse les coups. Marriott s’attend à un recul de 3 à 5% du RevPAR sur le plan domestique au 4ème trimestre. New York, une des destinations phares de cet été pour bon nombre d’Européens attirés par un dollar faible, rentre dans le rang. Le mois d’octobre, traditionnellement très fort, a déçu. Les hôteliers ont commencé à constater des annulations et des ventes de plus en plus tardives. Entre tous, le segment MICE risque d’être le plus touché. Les réservations pour 2009 sont en suspens pour plusieurs raisons : attente du budget, attente du périmètre des réunions et anticipation d’une baisse des prix de la part des hôteliers.

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