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Analyses

Le monde du tourisme en pleine tempête Covid-19, lutte pour sa survie (troisième partie)

Bien des acteurs, qu’ils soient hébergeurs ou transporteurs, subissent les contrecoups des mesures sanitaires qui ont fleuri partout dans le monde pour lutter contre la propagation de la pandémie du Coronavirus. Hospitality ON fait un tour d’horizon de la situation, avec pour troisième et dernière partie, une analyse des mesures et solutions pour assurer la survie de l’industrie de demain.

L’économie mondiale est en difficulté. Nous entamons une période de récession, qui à l’échelle de la France, va se manifester par un recul de 6% de la croissance du PIB, d’après la première estimation de la Banque de France. Dans ce même rapport, l’instance rappelle que les secteurs les plus durement touchés au cours de ce premier trimestre de l’année sont ceux de la construction, du commerce, des transports, de l'hébergement et de la restauration. En d’autres termes, tout ce qui contribue à l’activité touristique.

Alors que les hôtels sont pour la plupart à l’arrêt voire fermés, la construction de nouvelles unités qui devaient enrichir le parc hôtelier français cette année a dû être reportée. Il y avait parmi ceux-ci, le Hilton Garden Inn à Nice (120 chambres), le Hilton Tour Eiffel (118 chambres), un Kimpton du groupe IHG (149 chambres) et au sein des Tours Mercuriales, un Sheraton (570 clés) et un Moxy (272 chambres).

En effet, le secteur du BTP subit le contrecoup du confinement, mettant à l’arrêt tout chantier de construction. Mais l’activité reprend doucement, suite à la publication d’un « Guide de préconisations de sécurité sanitaire pour la continuité des activités de construction » élaboré par les partenaires sociaux, l'OPPBTP et l'Etat et publié le 2 avril.

Celui-ci permet la reprise des chantiers, à condition que le constructeur s’assure de mesures sanitaires préventives pour empêcher la propagation du Covid-19 auprès de ses employés. Mais cela implique une réorganisation des tâches et du temps de travail afin de limiter au maximum le contact entre ouvriers. Bien entendu, un contrôle de toutes les personnes sur le chantier doit être assurée, afin d’isoler toute personne présentant les symptômes du virus. Toutes ces solutions impactent lourdement la reprise, qui va par conséquent continuer de fonctionner au ralenti.

Du côté des hôteliers, restaurateurs et voyagistes, aucune reprise n’est possible pour le moment, jusqu’à la fin totale du confinement. Par conséquent, les professionnels se tournent vers l’après-crise, envisageant les différents leviers de croissance qui permettrait de repartir de manière rapide mais également responsable, de sorte à assurer la pérennité de l’industrie sur le long terme.

C’est pour cette raison que dans un premier temps, l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) a annoncé la création d’un Comité mondial de la crise du tourisme regroupant des associations et instances internationales comme l'IATA, l'OACI, l’OMS et les ministères en charge du tourisme des pays membres. Une réunion à distance tous les 15 jours assurera l’élaboration de solutions en concordance avec les intérêts et les urgences des uns et des autres de ces contributeurs.

Ensuite, l’OMT a appelé les investisseurs, entreprises et startups du secteur à proposer des solutions pour stimuler la reprise, qui d’après elle, viendra de l’innovation. Ainsi l'agence de tourisme spécialisée des Nations lance un appel mondial aux entrepreneurs et aux innovateurs en déclarant « leur demande[r] de soumettre des idées qui peuvent aider le secteur du tourisme à atténuer l'impact de la pandémie et à relancer les efforts de relance ».

Enfin, l’agence onusienne a publié dans un troisième temps ses « recommandations » à destination du secteur public comme celui du privé. Celles-ci ont pour but d’« atténuer l'impact sur l'emploi et les liquidités, protéger les plus vulnérables et préparer la reprise », comme l’expliquait le Secrétaire général de l'OMT, Zurab Pololikashvili.

Ces 23 solutions se recoupent en trois catégories, à savoir l’imiter l’impact de la crise, accélérer la reprise et préparer l’industrie de demain. Dans la première partie, on retrouve des solutions telles que réviser la taxation et la règlementation en vigueur pour les entreprises du secteur touristique et des transports, mais aussi soutenir les travailleurs indépendants ou encore assurer la liquidité des sociétés impactées.

Dans le deuxième volet, la reprise est envisagée grâce à des leviers comme la stimulation financière à travers des investissements, le développement des compétences de la main d’œuvre (notamment en matière numérique), l’établissement de partenariats tout en assurant « la durabilité environnementale dans les mesures de stimulation et les plans de relance ».

Enfin l’avenir du tourisme ne peut être envisagé selon l’OMT sans une diversification de l’industrie (marchés, produits, services), des investissements supplémentaires en intelligence économique, un renforcement de la gouvernance du secteur, une réflexion intégrée de l’industrie à l’économie globale des pays, un investissement dans le capital humain (notamment grâce au développement de nouvelles compétences), et enfin la transition vers l’économie circulaire.

Les acteurs du privé rejoignent cette vision, notamment vers une amélioration de l’activité et de la relation client. Outre les conditions environnementales, certains envisagent le tourisme de demain comme plus qualitatif, davantage respectueux des communautés hôtes comme de leurs « invités ». L’assurance du bien-être des visiteurs sera ainsi davantage au centre de la réflexion, notamment en lien avec la santé, dans un contexte de post-crise sanitaire. La clientèle pourrait en effet être davantage sensible à la propreté des espaces et des lieux d’un établissement.

Une solution en quatre étapes permettant de délivrer des « chambres pour respirer » a été développée par la société Room To Breath. Ces chambres conçues initialement pour les personnes hyper-sensibles aux pathogènes et allergènes ambiants, pourrait très bien se développer dans un tel contexte post-crise.

Ces espaces ont en effet la particularité de pouvoir tuer 99,99 % des virus et des bactéries, notamment les coronavirus.

La première étape consiste dans le nettoyage de la chambre grâce à une machine à vapeur qui monte à très haute température pour tuer microbes, virus et pathogènes présent sur les surfaces multiples (mobiliers, literie, espaces sanitaires…).

Ensuite, un revêtement antimicrobien, la formule BioTouch, est appliqué sur toutes les surfaces qui capture tout virus et bactérie avant de se désintégrer.

Troisième étape, la literie et le mobilier reçoivent une couche composée de toxine qui élimine tout nuisibles (punaises de lit, acariens, …) de la surface, toxines mortelles pour ces organismes vivants mais inoffensives pour l’homme.

Enfin, elle propose aussi une aération efficace voire une filtration de l’air des chambres et espaces communs grâce à une technologie développée par la NASA.

Mais un autre scénario prospectif envisage un avenir davantage en difficulté, parsemé de difficultés financières et de solutions de reprise au détriment des efforts environnementaux. A l’instar des prévisions de la croissance de l’économie, le tourisme va accuser d’un ralentissement certain, annoncé de 20 à 30% pour l’année 2020.

Mais alors que les acteurs devront se remettre en mouvement une fois les mesures de confinement et les barrières de voyage levés, ceux-ci pourraient être considérablement ralentis par leur trésorerie mise à mal par l’absence d’activité, voire par le remboursement des produits qui auront été annulés. Tous devront revoir leur priorité et leurs dépenses pour optimiser au mieux le bilan de l’année.

Aussi, les solutions de reprise pourraient se montrer plus polluantes qu’auparavant, puisque de nombreux pays suspendent leurs lois environnementales, afin de privilégier la reprise économique la plus rapide.

C’est le cas de l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) qui a temporairement levée toute obligation et n’imposera aucune sanction concernant la pollution de l’air ou de l’eau. De la même manière, le gouvernement américain a revu à la baisse ses émissions de gaz à effet de serre (GES), en passant de 5% à 1,5% de GES en moins émises par les voitures.

En France, c’est le tri et recyclage des déchets qui est temporairement suspendu dans certaines communes comme à Paris, alors que des établissements hôteliers de la capitale avaient initié des mesures inédites dans ce domaine, à l’instar du premier hôtel zéro plastique à usage unique en France.

Seul l’avenir nous dira si la levée des restrictions environnementale se généralisera, et pour combien de temps, si tel est le cas. Il reviendra aux instances nationales, internationales et gouvernementales de réguler l’activité de sortes à préserver ce qui constitue la richesse de notre industrie, à savoir ses territoires, avec son patrimoine naturel et ses communautés, dont la pérennité est l’enjeu du tourisme de demain.

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