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Le monde du tourisme en pleine tempête Covid-19, lutte pour sa survie (première partie)

La déclaration est tombée comme un couperet. Le groupe Accor annonce fermer les deux tiers de ses unités à travers le monde. L’ouragan du Covid-19 est passé par là, avec toutes les restrictions, limitations et confinements qu’il implique. Mais loin s’en faut, bien d’autres acteurs, qu’il s’agisse d’hébergeurs, de transporteurs ou d’autres acteurs du monde du voyage, subissent les contrecoups de ces mesures sanitaires. Hospitality ON fait un tour d’horizon de la situation, reprenant les solutions et les conséquences auxquelles les entreprises du secteur doivent faire face. Première partie : le secteur hôtelier lève le pied pour optimiser les dépenses tout en tendant la main au secteur de la santé.

Face à de telles pertes de revenus, le sixième groupe hôtelier mondial n’a eu d’autre choix que de renoncer au paiement des dividendes prévues au titre de l’exercice 2019, à savoir 280 millions d’euros. Autre mesure, le PDG de Accor, Sébastien Bazin, a accepté de renoncer à 25% de son salaire le temps de la crise, afin d’alléger les charges du groupe.

Par ailleurs, un quart des dividendes de 2019 financeront un programme de soutien aux équipes et partenaires en difficultés du groupe. Ce budget de 70 millions d’euros, baptisé « Fonds ALL Heartist », servira à aider les collaborateurs, partenaires et personnels soignants impactés par la crise sanitaire et économique actuelle. En effet, le fonds permettra de soutenir financièrement les frais d’hospitalisation de 300 000 employés atteints du Covid-19 et ne bénéficiant pas d’une couverture sociale, mais aussi de soutenir « au cas par cas » des collaborateurs « en grande difficulté financière » liée « à des mesures de chômage technique » ou pour d’autres raisons, et enfin, de multiplier les actions pour venir en aide aux personnels soignants et aux associations, notamment à travers le prêt de chambres d’hôtel afin d’héberger à titre gracieux ceux qui sont « en première ligne face à la crise ».

Sébastien Bazin, Président-directeur général de Accor, déclarait ainsi qu’« Accueillir, protéger et prendre soin des autres est l’essence même de notre métier ». C’est pour cette raison que des mesures « concrète[s], tangible[s] et immédiate[s] » et « dans l’esprit de nos valeurs et de nos engagements » ont été mises « devant l’urgence et l’ampleur de la situation ». Le groupe exprime par là sa volonté de faire preuve de solidarité et de gratitude « à l’égard de tous ceux qui dans cette crise font preuve de beaucoup de courage et d’abnégation ».

Loin de s’en tenir seulement aux équipes médicales, le dirigeant transmet également sa gratitude à tous « les principaux actionnaires du Groupe sans lesquels la création du « Fonds ALL Heartist » n’aurait pas été possible » ainsi que « l’ensemble des équipes Accor à travers le monde » qui « affrontent cette situation avec un courage, un dévouement et un professionnalisme absolument admirables ».

Le PDG a tenu aussi à rappeler que malgré ce « moment difficile » qui a amené l’hôtelier à « prendre des décisions difficiles », le groupe se tourne déjà vers l’avenir, jouissant d’un « bilan solide » qui permettra de surmonter la crise et « d’en sortir avec force au moment de la reprise ». Il conclue en déclarant être « persuadé que Accor retrouvera bientôt le chemin de la croissance ».

Pour ce qui est du retour vers la croissance, une lueur d’espoir apparaît du côté du soleil levant. En effet, le marché chinois, foyer source de l’épidémie qui a subi près de deux mois de confinement entre fin janvier et fin mars, a entamé un retour à la normal. Le pays aurait réussi à endiguer la propagation du virus sur son territoire, si bien que les nouveaux cas détectés sur son sol proviendraient aujourd’hui de voyageurs en provenance de l’étranger. Observant la remise sur pied de sa population, le gouvernement chinois a décidé de lever progressivement le confinement de ses habitants, leurs permettant de retourner à leurs occupations et de retrouver une liberté de déplacement dans le pays. Les premiers jours démontrent déjà un retour des voyages et des séjours en Chine, et ainsi une relance de l’activité hôtelière sur le territoire.

Le groupe annonce ainsi que parmi les 25 000 personnes employées sur le marché chinois, pas moins de « 80 % d’entre eux sont retournés dans les hôtels qui sont en fonctionnement pour accueillir des clients ». Ce retour d’activité intervient alors qu’une « reprise progressive des taux d’occupation et de l’activité de restauration » est observée dans l’empire du milieu. Une lueur d’espoir qui reste néanmoins relativement limitée, puisque la reprise « se fait surtout par le segment économique » grâce à la clientèle domestique, pour des taux d’occupation autour de 50% pour la plupart des hôtels.

Mais en attendant cette relance d’activité de par le monde entier, le séisme engendré par le Coronavirus secoue tous les acteurs de l’industrie hôtelière. Parmi eux se trouve le NH Hotel Group, qui a dû fermer de son côté 90% de ses hôtels en Espagne et en Italie et environ la moitié d’entre eux dans le reste de l'Europe.

Cette baisse drastique de l’activité a amené l’hôtelier à mettre la plus grande partie de ses effectifs au siège au chômage partiel, à l’instar de 75% des effectifs dans les sièges français et étrangers chez Accor, permettant de lever 60 millions d’euros d’économie sur les coûts fixes au deuxième trimestre de 2020. Chez NH Hotel Group, toutes les dépenses ont également été considérablement à la baisse, afin de diminuer coûts fixes comme coûts variables. Ainsi, les membres du conseil d'administration et du comité de direction ont baissé leur salaire brut de moitié pendant quatre mois à compter du 1er mars. Aussi, toutes les dépenses non indispensables à la survie temporaire de l’activité, tel que les investissements en marketing ou encore les déplacements professionnels des collaborateurs du groupe.

En parallèle de cette stratégie d’économie des coûts, le groupe, conscient que les premiers impactés demeurent les propriétaires d’établissement, adaptent les conditions tarifaires « afin de minimiser l'impact des baux » nous explique un communiqué. Ainsi « des discussions sont en cours avec les fournisseurs pour réduire les coûts d'approvisionnement et obtenir de meilleures conditions de paiement ».

Enfin, solidaire dans la crise qui touche tous les secteurs, en premier desquels celui de la santé, le groupe espagnol a décidé de médicaliser plusieurs de ses hôtels pour faire face à l’affluence de malades et palier au manque de capacité des hôpitaux sur place. Il y a par exemple l'hôtel NH Parla qui avec ses 88 chambres, « permettra de récupérer les patients atteints de coronavirus dont les symptômes nécessitent une surveillance médicale isolée mais sans avoir besoin d'être admis à l'hôpital ».

Des hôtels du NH Hotel Group sont également réservés à l’hébergement de personnel soignant et autres fonctions essentielles à la lutte contre la crise du Covid-19. Pour ce qui est des autres établissements maintenus fermés, leurs stocks de nourriture périssable ont été envoyés à des associations telle que la Banque alimentaire « qui a fait don de la nourriture à la Fondation REMAR ».

Du côté d’Airbnb, les initiatives de solidarité ne manqueraient pas non plus, avec des milliers de logements mis à disposition du personnel soignant gratuitement et la création d’un fonds d’aide débloqué pour compenser les pertes financières des hôtes ayant fait face à des annulations entre le mois de mars et le mois de mai.

Tout d’abord, pas moins de 11 000 nuitées auraient déjà été réalisées par des personnes de la santé et des travailleurs sociaux grâce à la plateforme d’hébergement. Le dispositif, annoncé le 24 mars en France, est assez simple et a rencontré un franc succès. Il s’agit de mettre en relation le personnel mobilisé avec un hôte qui propose l’entièreté d’un logement gratuitement. Les hôtes perçoivent néanmoins une compensation pour les frais opérationnels (ménage, disponibilité…) à hauteur de 50€ par logement.

Cette initiative s’intègre à une déjà préexistante : Open Homes. Celles-ci avaient déjà par le passé porté secours à des personnes dans le besoin, en partenariat avec le Ministre chargé de la Ville et du Logement. Un hôte témoignait ainsi de ces actions de solidarité soutenue de la plateforme depuis quelques années : « Je vis à Marseille et je suis hôte sur Airbnb depuis 2016. En 2018, l’effondrement d’immeubles de la rue d’Aubagne a provoqué de nombreuses évacuations dans la ville, laissant des centaines d’habitants sans domicile du jour au lendemain. Grâce au programme Open Homes, la communauté Airbnb de Marseille a pu se mobiliser pour reloger en urgence des familles qui avaient tout perdu. Le dispositif d’Airbnb a facilité la mise en relation entre les hôtes et les demandeurs d’hébergement ».

Enfin, la startup californienne a débloqué un fonds d’urgence d’un montant de 250 millions de dollars pour compenser les pertes financières engendrées par les annulations de séjour chez ses hôtes afin de « les aider à payer les frais d’annulation de Covid-19 » comme l’expliquait le dirigeant et cofondateur d’Airbnb, Brian Chesky dans une communication récente.

La mesure intervient dans un contexte de mécontentement de la communauté. Celle-ci aurait reproché à la plateforme d’avoir accepté le remboursement intégral des réservations suite aux consignes de confinement et aux restrictions de voyage en cours dans différents pays du monde. Pour dédommager ses clients propriétaires, la plateforme annonce payer les hôtes à hauteur de 25% des revenus qu’ils auraient dû percevoir pour les séjours annulés entre le 14 mars et le 31 mai.

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