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Ça balance pas mal à Lille-Lesquin

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Publié le 01/02/11 - Mis à jour le 17/03/22

A l’initiative de Trait d’Union, asso­ciation qui regroupe les anciens cadres et salariés d’Accor, Paul Dubrule et Gérard Pélisson ont accepté le principe d’un face à face avec de jeunes élèves en école de management et de jeunes entrepreneurs autour du récent ouvrage de Jean-Philippe Bozek «Le Bonheur d’Entre­prendre», qui raconte leur «formidable aventure humaine, de Novotel à Accor».Invité de Trait d’Union, Denis Hennequin n’a pas boudé son plaisir. “J’ai beaucoup appris en venant écouter les deux fondateurs et on n’insiste pas assez sur cet humour per­manent qui caractérise leur relation et crée un climat de complicité”.Dans le grand salon du Novotel de Lille-Lesquin, première concrétisation de leur engagement hôtelier, les co-fondateurs du groupe Accor étaient entourés de leurs anciens proches collaborateurs pour évoquer le démarrage de l’entreprise, leurs relations personnelles, leur philosophie du manage­ment et tracer les pistes du succès. Etait-ce l’atmosphère chaleureuse et quasi-familiale de la réunion, qui regroupait quelque 200 fidèles et admirateurs ? Etait-ce le lieu sym­bolique du 1er Novotel qui a mobilisé tant de leur énergie ? Etait-ce la présence au premier rang de Denis Hennequin, nouveau P-dg du groupe Accor, débarqué le matin même d’un voyage au siège Accor Amériques de Dallas? Toujours est-il que les deux fondateurs n’ont pas mâché leurs mots pour décrire à la fois le subtil et parfois rugueux équilibre de leur complicité de près de 50 ans, la proximité avec leurs équipes opérationnelles, la com­bativité nécessaire pour mener à terme des projets ambitieux, sans pour autant tomber dans la langue de bois à propos de leurs échecs, de leurs difficiles relations avec le monde de la finance, et de la difficulté de transmettre à leurs successeurs le modèle de gestion qui a fait leur originalité.Animé à la fois par l’auteur, Philippe Bozek qui passé beaucoup de temps à les écouter pour rédiger son ouvrage, et par Jean-Michel Lobry, journaliste économique local, le débat s’est longuement attardé sur cette alchimie particulière qui a conduit le jeune cadre pro­metteur d’IBM à lâcher son futur brillant pour s’associer à un jeune diplômé de retour d’Amérique, passionné par la distribution. Avec leurs mots, sans jamais se départir d’un humour parfois vachard et de petits coups pieds dans les tibias, Gérard Pélisson et Paul Dubrule ont insisté sur les éléments qui ont soudé leur duo : le temps pris pour se connaître et s’apprécier avant de commencer à travailler ensemble, une culture commune, nourrie de l’observation américaine, le res­pect et la confiance indéfectible dans l’hon­nêteté intellectuelle de chacun, l’instauration de règles de strict partage des responsabili­tés, des décisions, des profits. “Beaucoup de partenaires s’étonnaient que notre dévelop­pement s’appuyait souvent sur des associa­tions à 50/50 avec un partenaire local. C’est pourtant la base de la confiance et le signe du respect mutuel qui nous a toujours été profitable”, insista Gérard Pélisson. “Etre de mauvaise foi dans la discussion pour empor­ter la décision faisait partie du jeu, mais jamais nous ne mettions en doute l’honnêteté de l’autre et sa volonté de la réussite com­mune”, plaisante Paul Dubrule en dévoilant les coulisses du quotidien des co-présidents.Sans se voiler la face, les deux fondateurs du groupe reconnaissent aussi librement leurs erreurs : les ratages dans la restauration com­merciale, les moments de faiblesse et l’ac­ceptation des compromis avec la commu­nauté financière, la difficulté de trouver le bon pilote pour prendre la suite du tandem historique qui a forgé le groupe. Comme un message adressé directement à Denis Hennequin, autant Paul Dubrule que Gérard Pélisson ont insisté pour que la vision indus­trielle et l’ambition du groupe ne soient pas mise à mal par la pression des actionnaires et des groupes financiers. Rappelant l’impor­tance vouée aux équipes de terrain, Gérard Pélisson a donné sa vision du succès : faire passer la même passion de l’entreprise aux 150 000 collaborateurs du groupe, leur don­ner envie de s’investir dans le travail avant d’en réclamer le bénéfice immédiat, voir statutaire. “C’est ce qui me trouble avec les nouvelles générations”, a-t-il concédé.

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