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Brexit : Quelle exposition des pays européens à un possible reflux du tourisme britannique ?

Le Royaume-Uni est l'un des principaux marchés sources pour de nombreuses destinations touristiques internationales. À travers le continent européen et en zone euro notamment, de nombreux marchés hôteliers dépendent fortement de la contribution des arrivées britanniques. Au vu de leur exposition respective à la clientèle du Royaume, quels pays pourraient être les plus affectés par l'issue du référendum ?

Les visiteurs britanniques forment l'un des contingents touristiques les plus importants à travers de nombreux pays européens. Sur les plages de la Méditerranée, dans les montagnes Alpines, ou dans les bars des métropoles européennes, difficile d'ignorer la présence des sujets de Sa Majesté.

Le Royaume-Uni est ainsi le second marché source européen après l'Allemagne pour les hôteliers : les citoyens britanniques ont réalisé près de 215 millions de nuitées hôtelières (et assimilées) dans l'UE en 2014, dont 110 millions hors de leur territoire.À la suite du Brexit, les marchés européens seront différemment affectés par de potentiels changements d'attitude de la part de la clientèle britannique (et notamment l'évolution de la livre sterling sur le marché des changes). Cela dépend notamment de leur exposition actuelle au marché britannique : plus la part des nuitées à mettre sur le compte des visiteurs du Royaume dans chacun des pays européens étudiés est élevée, plus une évolution négative (dont l'ampleur reste encore toutefois inconnue) serait susceptible de se répercuter sur l'activité globale des hôtels du pays.

Dans le haut de gamme, où la part des clientèles étrangères est encore plus importante, l'évolution doit être analysée non seulement au regard du poids des britanniques dans l'activité globale, mais aussi par rapport aux nuitées réalisées par des non-résidents dans chacune de ces destinations. Force est de constater qu'un Brexit pourrait avoir des conséquences bien différentes d'un marché à l'autre, certains pays ne devant guère souffrir d'une éventuelle désaffection de la clientèle britannique, tandis que d'autres destinations - littorales en particulier - sont aujourd'hui plongées dans l'incertitude quant aux évolutions à venir dans les prochains mois et les prochaines années.

Au vu de la part de nuitées qu'ils représentent à travers l'Europe, les touristes britanniques affectionnent tout particulièrement les destinations méditerranéennes. Les hôteliers du littoral sud du continent, habitués à accueillir les visiteurs britanniques, ont donc de bonnes raisons de constater avec angoisse les résultats du référendum annoncés ce matin. Car c'est là toute la question : la dépréciation de la Livre sterling, désormais plus que plausible, aura forcément un impact sur l'inclination des Britanniques à se déplacer à l'étranger. Poussera-t-elle ces derniers à privilégier davantage les destinations domestiques ?

On retrouve notamment parmi les marchés les plus exposés de nombreuses destinations orientées sur le tourisme de loisir, un secteur que des circonstances politiques et économiques extérieures d'une telle ampleur peuvent rendre plus fluctuent - et plus imprévisible. Une baisse du pouvoir d'achat des ménages outre-Manche aurait des conséquences directes sur le choix des destinations des voyageurs, et affecter l'activité touristique de villes ou de régions jusqu'à présent plébiscitées par la clientèle.

Les îles de Chypre et Malte apparaissent comme les plus exposées aux arrivées touristiques britanniques, avec une part des nuitées réalisées de respectivement 31,2% et 30,7% sur le total de leur activité hôtelière. Chypre, pourtant géographiquement très éloignée des côtes britanniques, apparaît ainsi comme le pays européen dont le tourisme sera potentiellement le plus touché par la décision des citoyens du Royaume.

Viennent ensuite trois autres pays du sud du continent : tout d'abord le Portugal et l'Espagne, avec respectivement 16,2% et 16,1% des nuitées à mettre sur le compte des Britanniques. La Grèce est également parmi les premières destinations concernées par l'impact potentiel du Brexit, les ressortissants du Royaume-Uni ayant effectué 11,9% des nuitées enregistrées dans le pays en hôtellerie ou hébergement similaire en 2014. Au vu des marchés les plus réceptifs, la tendance qui se dégage devrait inquiéter en premier lieu les hôteliers de ces destinations, particulièrement ceux des régions littorales et les établissements les plus exposés à la clientèle de loisirs. En tous les cas, avec des britanniques qui représentent plus de 10% des nuitées, et sachant en plus que ces clientèles sont généralement très contributives, l'impact à venir sur ces destinations ne peut pas être neutre.

Plusieurs pays figurant traditionnellement parmi les grands marchés touristiques européens pourraient également ressentir un léger impact global en cas de repli de la demande des visiteurs britanniques. La France, où les Britanniques ont réalisé 5,8% du total des nuitées en 2014, les Pays-Bas (8%) ou encore la Croatie (6%) sont notamment concernés. C'est aussi le cas du voisin irlandais, avec 8% de l'ensemble des nuitées hôtelières à mettre sur le compte des sujets de Sa Majesté. Dans ces pays, ce sont les destinations les plus populaires auprès des touristes internationaux qui devraient être le plus affectées, notamment celles qui concentrent de nombreux établissements haut de gamme (Amsterdam, Paris, Côte d'Azur, etc.)

La Belgique et le Luxembourg restent encore des énigmes, les deux pays étant traditionnellement plus concernés par les nuitées de la clientèle d'affaires - reste à savoir dans quelle direction le résultat du Brexit entraînera l'activité dans les années à venir, alors que le Royaume-Uni doit désormais négocier les termes de sa sortie auprès des institutions européennes.

L'impact du Brexit sur la fréquentation touristique devrait être moindre plus au nord et à l'est de l'Europe. Les pays baltes et ceux de l'Europe centrale sont ceux où le poids de la clientèle britannique apparaît le moins important par rapport aux flux de touristes internationaux. En 2014, les Britanniques n'ont réalisé que 1,1% du total des nuitées en Slovaquie ou en Roumanie, 1,8% en Estonie, ou encore 1,9% en Suède. Cela n'est cependant pas le cas pour l'ensemble des destinations de ces pays : on peut légitimement estimer que des villes touristiques de premier plan comme Prague, Cracovie ou Budapest devraient ressentir l'impact d'une éventuelle désaffection de la clientèle britannique.

D'autres destinations sont dans une situation véritablement intermédiaire. Les visiteurs britanniques représentent par exemple seulement 1,7% des nuitées en Allemagne - bien que leur poids en comparaison de la seule clientèle internationale apparaît  beaucoup plus significatif (7,2%). Là encore, les destinations les plus exposées au tourisme international devraient bien plus que les autres pâtir des conséquences du Brexit. La logique est bien évidemment différente pour des villes telles que Berlin et Hambourg d'une part, et les destinations bénéficiant surtout de la fréquentation domestique d'autre part, comme les stations balnéaires de la Mer baltique ou les marchés urbains secondaires. Là encore, les mois à venir devraient être révélateurs des attitudes de la clientèle britannique.

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