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Brésil: l'avenir en jaune et vert

Le 3 octobre 2009, lorsque le CIO a accordé l’organisation des Jeux Olympiques de 2016 à Rio de Janeiro, le président Lula n’a pas pu retenir ses larmes : “c’est un des jours les plus émouvants de ma vie. Nous avions seulement besoin d’une opportunité pour montrer que nous sommes une grande nation. Je suis fier d’être Brésilien. Rio le méritait. Le Brésil le méritait. Le peuple brésilien le méritait”. Avec l’accueil de la Coupe du monde de football dans moins de quatre ans maintenant, le Brésil s’apprête à vivre une décennie remplie d’espoir, d’allégresse, mais aussi de défis. Car 2014 et 2016 serviront à la fois de révélateurs des progrès accomplis par le géant sud-américain et de tremplin sur la pente qui le mène inexorablement vers un statut de grande puissance mondiale.“Accor, avec Novotel, est présent depuis 1975. Et, dès la fin des années 90, nous avons développé l'hôtellerie économique. Nous avons commencé par quelques hôtels filiales, puis la location à loyer variable et la gestion. Aujourd’hui nous continuons les deux modes d’exploitation en accélérant notre développement en franchise. Des investisseurs viennent pour lancer nos marques et nous savons comment travailler avec les partenaires locaux. Nous n’avons pas de partenaire majoritaire, mais un réseau d’acteurs régionaux de taille moyenne qui développent nos hôtels selon nos spécifications. Avec un pipeline de 61 hôtels et 8 000 chambres dont 48 Ibis et Formule 1, notre objectif est de couvrir 95 villes d’ici 3-4 ans contre 60 à ce jour. Avec un tourisme domestique important, il est essentiel d’être présent dans les villes secondaires et tertiaires pour la reconnaissance de nos marques. Sur ces marchés où la place est souvent limitée, nous privilégions la franchise.”Jusqu’ici, le Brésil maintient le cap. Le pays s’est rapidement relevé de la tempête qui a agité le monde en 2009. “Avant, lorsqu’il y avait une crise, le Brésil s’effondrait. Là, le pays a résisté, démontrant sa capacité à se réaliser et à suivre son propre chemin”, félicite Roland de Bonadona, le directeur général d’Accor Hospitality pour la région. Prudent, le secteur bancaire, mené par la banque publique Banco do Brasil et l’union de Itaú-Unibanco, n’a pas été touché par la crise. La bourse de Sao Paulo et le real ont rapidement retrouvé leur niveau d’avant la faillite de Lehman Brothers. Et, confiant en l’avenir, l’investissement local et étranger ne s’est pas tari, même au plus fort de la tempête. Conséquence de cela, la croissance du PIB devrait être supérieure à 5% en 2010.Il est loin le temps des régimes autoritaires et de l’inflation à trois chiffres.Depuis le milieu des années 90, les présidents Fernando Cardoso, puis Lula, ont progressivement assis la place économique et politique du pays sur la scène internationale. A partir d’octobre prochain, le successeur du charismatique leader brésilien aura la lourde charge de poursuivre sur cette voie sans briser cet élan porteur. Géant agricole et énergétique avec la découverte récente de réserves pétrolières au large de l’état de Rio, stable économiquement avec des taux d’intérêt bas permettant de développer le crédit, avec une classe moyenne qui vient de dépasser les 50% de la population, stimulant d’autant la consommation intérieure : sa tâche devrait être facilitée par des fondamentaux de plus en plus solides.Mais tout n’est pas rose pour autant. Les défis qui attendent le Brésil sont à la dimension du pays. Plusieurs points noirs limitent encore son développement, à commencer par un niveau d’éducation faible et une pauvreté toujours importante et génératrice de violence. S’extraire de ces travers communs à nombre de pays émergents sera, à n’en pas douter, un travail de longue haleine soutenu par le cours logique du développement économique. Cependant, un des autres points négatifs, qui pèse lui aussi sur l’économie brésilienne pourrait être plus rapidement corrigé.Avec l’accueil des deux événements majeurs du sport mondial, les infrastructures du pays, longtemps délaissées, s’apprêtent à faire un grand bond en avant. Selon l’agence de notation Moody’s, 2014 et 2016 devraient générer un investissement global de $80 milliards, destinés en particulier à améliorer le réseau routier, ce dont profitera le secteur agricole mais surtout l’industrie touristique. Autre projet majeur qui devrait être achevé, en tout cas en partie, à l’horizon 2014 : la ligne ferroviaire à grande vitesse Rio-SaoPaulo- Campinas qui reliera les deux pôles du pays ainsi que leurs aéroports en moins de trois heures.Dans le cadre du chantier pré-Coupe du monde, l’hôtellerie sera elle aussi choyée. Recevoir les touristes dans les meilleures conditions est considéré comme stratégique par le gouvernement. Car le pays sera sous le feu des projecteurs et compte sur cette caisse de résonance pour faire décoller un tourisme au compteur bloqué depuis une dizaine d’années entre 5 et 6 millions d’arrivées internationales. Sous l’impulsion du ministère du Tourisme, la Banque nationale de développement économique et social a débloqué une enveloppe d’un milliard de reals (420 millions d’euros) pour la modernisation des établissements existants et la construction de nouveaux hôtels. Un financement attractif avec des taux d’intérêt de 6,9% à 8,8% par an est offert aux projets qui, pour y prétendre, doivent s’inscrire dans une démarche durable. Selon les autorités fédérales, ce programme couvrira 80% des besoins de l’industrie hôtelière brésilienne. Le pays s’attend à voir son parc croître de 5% d’ici 2016, mais cette ligne de crédit devrait permettre en premier lieu de redonner un coup de jeune à une offre bien fatiguée. Car, à la différence d’un pays comme l’Inde qui s’ouvre seulement à l’hôtellerie, le Brésil dispose déjà d’un parc ancien et conséquent, certains marchés frôlant même la surchauffe. Avec de nombreux hôtels familiaux souvent dépassés mais coûteux à rénover, des groupes hôteliers locaux bien implantés dans les grandes métropoles pour satisfaire une importante demande domestique affaires et quelques acteurs internationaux pionniers comme Accor, Sol Melia, Pestana ou Choice Hotels, se jeter dans la mêlée n’est pas chose aisée. Pourtant, avec les perspectives de croissance à la fois du tourisme de loisirs et d’affaires et la formidable vitrine que constituent les JO et la Coupe du monde, les candidats sont nombreux à vouloir arriver à destination avant le coup d’envoi des deux événements. Une course à l’implantation dont sortiront vainqueurs les plus fins tacticiens…Dionisio Pestana, CEO de Pestana Hotels & Resorts“Nous avons fêté l’an dernier nos dix ans de présence sur le sol brésilien. Au début des années 2000, avec la dévaluation de la monnaie et la fin de l’hyperinflation, nous avions vu une excellente opportunité pour investir dans le pays. A cette occasion, nous avons démontré nos espoirs en investissant dans le pays alors que beaucoup de nos concurrents se tournaient vers la gestion. Aujourd’hui, l’acquisition de ces hôtels coûterait deux à trois fois plus cher. Se développer au Brésil n’est pas donné avec des coûts de financement et des taxes élevées. Mais il y a deux ou trois grandes villes où nous aimerions nous implanter comme Belo Horizonte, Porto Alegre et Vitoria. La plupart de nos nouveaux établissements seront des nouvelles constructions car l’inventaire actuel n’est pas de bonne qualité ou assez fatigué.”Peter van Voorst Vader, CEO de Brazil Hotel Group“Dès le premier jour, notre stratégie a été de prendre une part active dans la consolidation du marché hôtelier. Au Brésil, il n’existe pas de gestionnaires d’hôtels, aucun groupe comme le nôtre, à la fois spécialisé dans la propriété et la gestion. Nous sommes aujourd’hui le 3e acteur dans le pays derrière Accor et Atlantica. Nous ne recherchons pas d’hôtels en fonction de la Coupe du monde. Cet événement est juste un plus. Nous ouvrirons 1 500 nouvelles chambres cette année et regardons en priorité les opportunités à Rio, Sao Paulo ou Belo Horizonte. Nous ciblons principalement des hôtels d’affaires ou loisirs individuels. Point essentiel : leur activité ne doit pas dépendre des tour opérateurs et autres intermédiaires pour maîtriser notre stratégie tarifaire. Je suis très satisfait de notre partenariat avec Golden Tulip et il ne fait pas de doute que les relations vont se poursuivre sur les mêmes bases.”Rolan de Bonadona, Directeur général de Accor Brésil

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