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Beyrouth, le phénix phénicien

Le tourisme à Beyrouth renaît de ses cendres. En pleine phase de reconstruction après quinze ans de guerre civile, le Liban a connu des années difficiles depuis 2005. 2008 s’annonçait tout aussi morose, mais la signature en mai d’un accord marquant la fin de 18 mois de conflits intercommunautaires a relancé en un instant l’attractivité de la destination. Beyrouth a connu un été record avec un incroyable afflux de clientèle. Depuis, l’optimisme est de mise et devrait conduire à la relance de nombreux projets hôteliers mis en suspens. Avec l’ouverture annoncée de plusieurs palaces, Beyrouth fait tout pour retrouver sa douceur de vivre et le prestige de son passé glorieux.

{{Beyrouth outragée, Beyrouth martyrisée, mais Beyrouth libérée.

}}Alors que Beyrouth est encore convalescente, la ville va devoir relever le défi de capter un important volume de clientèle pour remplir ces nouveaux établissements. “Il y a un risque de surcapacité à court et moyen terme. D’autant qu’avec des accalmies sporadiques, il est difficilement envisageable d’accueillir un plus grand nombre de visiteurs ou d’avoir un parc hôtelier réellement rentable”, remarque, pessimiste, le directeur du Sofitel. Heureusement Beyrouth ne manque pas d’atouts pour attirer ce nécessaire surcroît de clientèle : centre financier et plus grand port de Méditerranée orientale, ville balnéaire et plaque tournante touristique entre les sites historiques d’Anjar, Baalbek, Beiteddine, Deir El Kamar ou Tyr et les pentes neigeuses du Mont Liban, ville shopping avec l’ouverture prochaine des souks de Beyrouth. La ville qui a accueilli le sommet de la Francophonie en 2002 peut également accueillir des réunions d’envergure avec des hôtels de congrès comme le Crowne Plaza ou le Phoenicia. Reste toujours une inconnue majeure et non des moindres dans une région prompte à s’embraser : le calme actuel est-il durable ou seulement relatif ?Celle qu’on surnomme “le Paris du Moyen Orient” a traversé de lourdes épreuves depuis trois décennies. Croisons les doigts, elle semble aujourd’hui entrevoir le bout du tunnel. Depuis la signature en mai de l’accord de Doha, la capitale libanaise a retrouvé le calme. L’élection du président Michel Sleimane et la nomination d’un gouvernement d’union nationale a restauré la confiance. Et cela a eu un impact immédiat sur le tourisme, un des piliers de l’économie nationale. Dès la fin mai, les réservations des hôtels sont montées en flèche. Après plusieurs années de frustration, la diaspora libanaise, les touristes moyen-orientaux fuyant les chaleurs du Golfe – 40% de la clientèle – et les Européens, Français et Britanniques en tête, ont tous retrouvé le chemin du pays du Cèdre. Vols complets, loueurs de voitures débordés, restaurants et boîtes de nuit bondées : la vie a repris ses droits. Symbolique, le chanteur Mika a enfin réussi à organiser le concert dont il rêvait dans sa ville natale.A la fin de l’année, Beyrouth pourrait donc voir tomber le record de l’année 2004. Entre 1,3 et 1,6 million de touristes sont espérés contre 1,2 il y a 4 ans. C’est une bouffée d’oxygène pour le pays du Cèdre, dont le tourisme a subi la descente aux enfers. Représentant 20% du PIB avant le début de la guerre civile en 1975 avec 1,4 millions d’arrivées en 1974, la contribution du secteur est retombée quasiment à zéro jusqu’en 1990. L’hôtellerie a , elle aussi, payé au prix fort les dissensions du pays. Bien malgré lui, le groupe Hilton a été engagé dans la guerre civile. A quelques jours de son inauguration en 1975, l’hôtel est devenu le centre de combats inter-religieux et n’a jamais réussi à ouvrir ses portes. L’hôtel St Georges, symbole des heures de gloire de la ville et lieu de villégiature des hôtes de marque, porte lui aussi les stigmates de la guerre et n’a pas davantage repris son activité. La tour bombardée de l’Holiday Inn, le repaire des snipers, balafre toujours le centre ville de Beyrouth.Ville dévastée, Beyrouth a dû panser ses plaies pour faire disparaître les ravages de la guerre civile. Le gigantesque plan de reconstruction du centre-ville lancé par Solidere, la Société libanaise pour le développement et la reconstruction, a permis de redonner des bureaux aux entreprises, un siège aux institutions politiques, des hôtels et des boutiques aux touristes. De nombreux hôtels ont été reconstruits et rénovés comme le très lifestyle Méridien Commodore tandis que d’autres en ont profité pour ouvrir leurs portes comme le Metropolitan Palace du groupe Habtoor en 2001, le Crowne Plaza en centre ville et le Mövenpick en bord de mer en 2002, puis le Royal en 2003. Grâce à cet effort, le secteur a enregistré une reprise progressive qui a conduit à des taux de croissance proche des 8-10 % au début des années 2000 avec comme point d’orgue l’année 2004.Mais depuis, Beyrouth court toujours après le record établi cette année-là. Annoncé chaque année, il est sans cesse remis aux calendes grecques... ou phéniciennes en l’occurrence. En février 2005, l’assassinat du Premier ministre libanais Rafic Hariri a provoqué un coup de frein à l’essor touristique. 2006 n’en serait que meilleure croyait-on. Hélas non... Si les premiers mois étaient de bon augure, la rechute se produit en juillet. L’offensive israélienne contre le Hezbollah au tout début de l’été a provoqué une vague de départs et d’annulations alors que la saison était très prometteuse. Jamais deux sans trois : l’instabilité politique en 2007 a découragé une grande partie de la clientèle traditionnelle. Les chiffres ont été encore moins bons qu’en 2006. “Pendant cette période, nous avons appliqué une gestion pointue des approvisionnements, un contrôle efficace des coûts, une politique tarifaire plus souple et élastique ainsi qu’une gestion des congés payés sans licenciement ni baisse salariale”, explique Claude Rababy, directeur du Sofitel Le Gabriel. Seul motif de satisfaction pendant cette nouvelle période noire, la diaspora libanaise a tenu tant bien que mal le tourisme sur ses épaules. En 2007, 42 % des touristes venant de l’étranger possédaient le passeport libanais.Pendant de longs mois et jusqu’en mai dernier, les hôtels ont tourné à faible régime, entre 30% et 40% de TO. Sans l’accord de Doha, la saison d’été 2008 s’annonçait tout aussi morose. La bonne surprise vient donc mettre du baume au coeur des hôteliers. Pour le mois d’août, le RevPAR a fait un bond de 193,8% avec un TO de 93,9%, soit 42,7 points de progression ! A titre d’exemple, le Ramada Beirut Downtown (99 chambres) a connu une pré ouverture record, étant plein avant même son inauguration officielle fin septembre. “Il y avait tellement de demande. Les agences de voyages, les individuels : tout le monde cherchait une chambre”, se réjouit Joe Abdel Massih, directeur général de l’hôtel qui voit dans ce succès une confirmation du bon positionnement de l’établissement : “ce type d’hôtellerie manquait en centre ville pour une clientèle qui ne veut pas payer le prix d’un 5* tout en ayant le centre ville à deux pas”.D’ores et déjà, les fêtes de fin d’année s’annoncent excellentes pour les hôteliers. Et si le calme se confirme, la marche en avant du tourisme libanais pourrait s’enclencher. Le développement hôtelier s’apprête à connaître un nouvel élan avec le retour de la confiance. De nombreux projets mis en suspens ces dernières années sont revenus à l’ordre du jour. Le Four Seasons, prévu initialement pour 2005, est en cours de finition face à la marina, dans le quartier des grands hôtels Ain El Mraysseh où se trouvent les deux InterContinental Phoenicia et Le Vendôme. Si tout se passe bien, son ouverture est prévue pour l’année prochaine. Il aura à faire avec un concurrent de choix. Situé en centre-ville, Le Gray, également prévu pour 2009, se positionne d’emblée comme une des futures stars de l’hôtellerie beyrouthine. Gordon Campbell Gray, à l’origine du One Aldwych à Londres, est tombé amoureux de l’atmosphère particulière de la ville. Et il compte transposer au Proche Orient les clés de son succès londonien : un boutique hôtel personnalisé ultra-moderne et ultra-luxueux de 80 chambres.Parmi les autres projets avancés, l’ouverture d’un Grand Hyatt (348 ch.) au cœur du quartier d’affaires est annoncée pour le deuxième trimestre 2010. Tel un phénix, son érection est en cours sur les cendres mêmes de l’ancien Hilton démoli en 2002. Le projet porté par la Société Méditerranéenne des Grands Hôtels devrait coûter plus de 200 millions de dollars. Et Hilton dans tout cela ? Si l’enseigne Holiday Inn, autre victime de la guerre civile, a su retrouver une place à Beyrouth, le groupe américain n’a toujours pas remis les pieds au Liban. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer. Plusieurs fois, des ouvertures ont été annoncées- en 2006 puis en 2008 – puis reportées. Rien n’est pour l’instant d’actualité. Cependant, le groupe ne perd pas espoir de mettre un jour fin à la malédiction qui le frappe. Reste encore une absente de marque dans le parc de Beyrouth : l’hôtellerie économique standardisée. “Il est difficile de s’implanter en centre ville mais c’est une nécessité pour réussir. Celui qui y arrive est gagnant à coup sûr”, conseille Claude Rababy.Alors que Beyrouth est encore convalescente, la ville va devoir relever le défi de capter un important volume de clientèle pour remplir ces nouveaux établissements. “Il y a un risque de surcapacité à court et moyen terme. D’autant qu’avec des accalmies sporadiques, il est difficilement envisageable d’accueillir un plus grand nombre de visiteurs ou d’avoir un parc hôtelier réellement rentable”, remarque, pessimiste, le directeur du Sofitel. Heureusement Beyrouth ne manque pas d’atouts pour attirer ce nécessaire surcroît de clientèle : centre financier et plus grand port de Méditerranée orientale, ville balnéaire et plaque tournante touristique entre les sites historiques d’Anjar, Baalbek, Beiteddine, Deir El Kamar ou Tyr et les pentes neigeuses du Mont Liban, ville shopping avec l’ouverture prochaine des souks de Beyrouth. La ville qui a accueilli le sommet de la Francophonie en 2002 peut également accueillir des réunions d’envergure avec des hôtels de congrès comme le Crowne Plaza ou le Phoenicia. Reste toujours une inconnue majeure et non des moindres dans une région prompte à s’embraser : le calme actuel est-il durable ou seulement relatif ?

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