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Analyses

Au Caire l'hôtellerie refait son nid

Après des années de disette, l'Egypte et tout particulièrement Le Caire connaissent une croissance timide mais certaine du secteur hôtelier. Les performances, grâce à un retour progressif de la demande, commencent à s'améliorer significativement. Première destination de notre série d'analyses sur les villes d'Afrique du Nord, le Caire illustre ce renouveau de ces territoires qui avaient beaucoup souffert au cours de la décennie écoulée.

Pays touristique depuis des décennies, l'Egypte accueillait avant 2011 près de 15 millions de visiteurs internationaux par an. La révolution qui a secoué le pays dans la foulée du printemps arabe s'est accompagnée de troubles politiques puis d'attaques terroristes successives qui ont fait plonger son industrie touristique. En 2016, l'Egypte n'a ainsi accueilli que 5,25 millions de visiteurs, soit environ le tiers de ce qu'elle accueillait en 2011. Cette contraction spectaculaire de la demande a eu un impact financier significatif sur le pays. Le tourisme est descendu à 7,2% du PIB en 2016, contre plus de 12% en 2011.

Si les principales attractions touristiques d'Egypte, millénaires (pyramides, Sphinx, temples pharaoniques), mais aussi plus contemporaines (resorts au bord de la Mer Rouge), sont restées indemnes, le pays peine à convaincre de nouveaux touristes. Le Caire, capitale égyptienne mais aussi principal point de départ pour rejoindre Gizeh et ses pyramides, a particulièrement été touchée par les évènements de 2011 et leurs suites.

Le RevPAR a ainsi connu une chute spectaculaire entre 2010 et 2013 (-62% sur la période). Cette baisse a notamment été causée par la chute du taux d'occupation, passé de plus de 70% à 42% dans l'hôtellerie de chaînes, du fait des secousses politiques et de la fragilisation du pouvoir en place. Mais malgré ce premier mouvement de chute importante, le RevPAR et surtout les taux d'occupation se sont dans les années suivantes progressivement améliorés.

Cette reprise partielle est due à un redressement régulier des taux d'occupation, revenus à 67% dans les hôtels de chaîne en 2016 et à 71% sur les 8 premiers mois de 2017. Ce rebond est toutefois à relativiser, car il s'inscrit dans un contexte de baisse des prix pour les visiteurs internationaux suite à l'effondrement de la monnaie locale en novembre 2016 : sa valeur relativement à l'euro ou au dollar a été divisée par deux. La forte hausse des prix exprimés en monnaie locale ne s'est donc pas encore matérialisée sur les tarifs exprimés en euros et en dollars.

Mais dans l'ensemble, les résultats restent en progression, ce qui devrait inciter les groupes à se ré-engager dans un pays qu'ils ont quitté brutalement dès 2012. Les grands projets immobiliers et hôteliers sont en tous cas le fer de lance de la croissance, qu'il s'agisse d'investissements publics ou de projets privés

Les investissements hôteliers en Egypte semblent donc promettre la région à un avenir touristique meilleur. Et sa capitale reprend des couleurs : la plupart des indicateurs clés du tourisme y ont enregistré une reprise timide depuis les creux de 2011 et 2012, et ce malgré les difficultés toujours persistantes de l'économie locale. Du haut de ces résultats, les Cairotes pourront sans doute contempler de meilleurs lendemains.

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