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Analyses

La Côte d’Azur subit un choc meurtrier

L’émotion sur la Promenade des Anglais est encore très palpable. Les familles, les amis, les proches viennent témoigner et s’associer à la douleur ressentie par toute une ville traditionnellement accueillante et festive en ces mois d’été.

L’attentat au camion, qui a fauché plus de 80 victimes et blessé plusieurs centaines d’habitants et de visiteurs, est d’autant plus un choc que la Côte d’Azur n’a jamais été visée à ce jour par les terroristes et ceux qui se réclament du fanatisme religieux. La stupeur et l’incrédulité sont encore plus marquées.Au-delà des premières réactions de panique, les conséquences sur la fréquentation de la destination se font déjà durement ressentir. En deux jours à peine, le samedi et le dimanche qui ont suivi l’attentat, les hôtels de l’agglomération niçoise, de Biot à Cannes, de Mougins à Grasse, d’Antibes à Saint-Laurent du Var, en passant bien sûr par Nice ville, ont enregistré des baisses de fréquentation moyenne de près de 20 points par rapport à la même période de l’an passé. La baisse parallèle et immédiate des prix moyens sur la seule journée de dimanche conduit à un recul du RevPAR, l’indicateur de performances hôtelières, de plus de 23% le dimanche 17 juillet.Au-delà des touristes qui ont décidé d’écourter leur séjour, la baisse d’activité risque de plonger encore davantage en raison du nombre des annulations de séjours non entamés qui se multiplient auprès des hôteliers de la Région. Les annulations de manifestations festives, comme le concert de Rihanna ou les derniers jours du Festival de jazz d’Antibes, ne contribuent pas à soutenir l’activité touristique.Il est difficile de se projeter dans les semaines qui viennent. Traditionnellement, les mois de juillet et août sont marqués par la venue des grandes délégations moyen-orientales dans les villas et palaces de la Côte, générant d’énormes retombées économiques. Il est à craindre que d’autres destinations méditerranéennes soient préférées à la Riviera française.La réaction immédiate est comparable autour de Nice à celle vécue quelques jours après les attentats au Stade de France, dans les rues de Paris et au Bataclan, qui ont fait 130 victimes. La réaction des visiteurs a même été plus violente en termes de désaffection. La mauvaise nouvelle vient d’une plus lente remontée d’activité constatée dans les semaines et les mois qui ont suivi les attentats de Novembre 2015. Autant après l’attaque contre Charlie Hebdo en janvier 2015, la volonté d’effacer la terreur et de ne pas donner prise à la peur a fait rebondir l’activité touristique, autant depuis neuf mois Paris peine à se relever du coup qui lui a été porté. La comparaison avec l’année précédente laisse toujours un écart à deux chiffres et nombre d’hôteliers sont en réelle difficulté.« Dans les années passées, l’expérience a montré que la vie était plus forte que la violence et la peur, et que chacun avait surtout envie de reprendre le cours normal de ses activités. Le tourisme et les voyages internationaux, même vers les destinations les plus touchées, reprenaient assez rapidement leur niveau antérieur », commente Georges Panayotis, Président de MKG Group. « Mais autrefois phénomène conjoncturel, le terrorisme a changé de nature, les actes prémédités d’une cellule organisée ou instinctifs d’un individu perturbé sont désormais structurels. Chacun est en train d’accepter l'idée que l'on va vivre en permanence dans un monde troublé et incertain. En France, en Belgique, aux Etats-Unis, au Moyen-Orient, en Afrique ou en Asie, la violence change de nom et de revendications mais elle fait désormais partie du paysage, comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête des populations ». Par ailleurs, compte tenu du poids du secteur dans l'économie française et de l'impact européen des attentats, Georges Panayotis insiste : « Comme pour toute industrie sinistrée, il serait bon de prévoir dès à présent un plan de soutien et de relance de l'activité, et parallèlement d'agir pour renforcer les conditions de sécurité des établissements. Une coordination européenne dans ce sens serait nécessaire, voire indispensable».

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