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Analyses

France 2014 : Le contexte économique déteint sur l’hôtellerie

Rattrapée par la morosité économique en 2013, l’activité hôtelière française n’a pas été en mesure de remonter la pente en 2014. Freinée par la pression fiscale, un pouvoir d’achat en berne et une croissance qui se fait attendre, elle termine l’année avec un recul de 0,2% de son Revenu par chambre disponible hors taxes. Le retour au vert des performances TTC, de Paris et de l’hôtellerie haut de gamme sont néanmoins des lueurs d’espoir.

Pour la deuxième année consécutive, le Revenu par chambre disponible (RevPAR) de l’hôtellerie française est en berne. Certes modeste, son recul de 0,2% HT sur l’ensemble de l’année 2014 atteste de la morosité du climat économique actuel et des difficultés que rencontre le marché domestique. Cette baisse est principalement le fruit de la contraction du prix moyen, alors que la fréquentation des hôtels s’est stabilisée à 65,7% de taux d’occupation, en amélioration de 0,1 point par rapport à l’an dernier. La contraction de 0,4% du prix moyen hors taxes, qui s’établit à 83,6 euros au niveau national, relève principalement du renforcement de la pression fiscale et plus précisément de l’augmentation du taux de TVA applicable à l’hôtellerie, qui est passé de 7% à 10% au 1er janvier 2014. Contrairement au scénario de 2012, les hôtels français ont en partie absorbé le relèvement de TVA au lieu de le répercuter entièrement sur les prix pratiqués auprès des clients. Exprimé en euros TTC, le RevPAR a ainsi crû de 2,6%.  Cette évolution aurait pu se traduire par un léger rebond des performances hôtelières dès 2014 si ce regain n’avait pas été trop faible pour impacter les résultats hors taxes. Le marché hôtelier français n’est ainsi pas aussi structurellement morose que pourrait le laisser penser la tendance 2014. Une évolution en « tôle ondulée »A l’image des dernières années, 2014 s’est caractérisée par une évolution des performances mensuelles en « tôle ondulée », alternant des périodes de rebond et de repli sans qu’une dynamique durable ne soit parvenue à s’installer. Le phénomène atteste de la fragilité de la tendance de marché, fortement influencée par la teneur du calendrier évènementiel dont dépend la demande hôtelière, notamment internationale. Bénéficiant d’un bon remplissage de son agenda culturel et d’affaires tout au long de l’année, notamment avec l’organisation biennale du Mondial de l’Automobile, et de son attrait touristique traditionnel auprès des clientèles internationales, Paris reste un cas à part. La capitale (intramuros) bénéficie d’une activité largement supérieure au reste du pays et termine 2014 avec un taux d’occupation stable par rapport à l’an dernier, proche des 84%. Elle tire ainsi les performances nationales vers le haut en enregistrant une progression de 0,9% de son Revenu par chambre disponible. L’Ile-de-France bénéficie également de l’aura parisienne et de l’organisation de salons en périphérie de la capitale, avec une croissance de 1,3% de son RevPAR. Tirée par les commémorations du 70ème anniversaire du Débarquement en juin et l’accueil des Jeux Equestres Mondiaux, la Normandie a elle aussi profité d’une fréquentation touristique dynamique cette année.Hors Paris et sa région, seules deux grandes agglomérations enregistrent des évolutions positives de leurs performances : Strasbourg (+1,1% de RevPAR) et Lille (+0,5%). A l’inverse, l’absence de la clientèle russe en raison de la crise ukrainienne s’est faite ressentir sur l’activité hôtelière de Nice et de la Côte d’Azur, notamment en ce qui concerne le haut de gamme. L’agglomération niçoise affiche en effet un recul de 0,4% de son RevPAR pour 2014. La fréquentation internationale pour dynamiser l’activitéEn France, le dynamisme de la fréquentation internationale, porté notamment par les arrivées croissantes de touristes chinois et le retour des américains (attirés par la baisse de l’Euro, une tendance qui pourrait s’amplifier en 2015), a permis de maintenir une hausse des performances de l’hôtellerie haut de gamme et luxe. La progression de 1 point de la fréquentation sur ce segment a compensé le recul de 0,9% du prix moyen hors taxes, pour une croissance de 0,5% du RevPAR. A l’inverse, les hôtels économiques, qui bénéficient moins des retombées de la clientèle internationale et dépendent plus du marché domestique, sont ceux qui ont le plus pâti de l’atonie de l’économie française. La clientèle nationale, souffrant de la hausse du taux de chômage et de la baisse du pouvoir d’achat, représente 64% de la demande hôtelière, et les jours «affaires» (jours de semaine hors période estivale) les deux tiers du chiffre d’affaires annuel des hôtels. Avec ces indicateurs moroses, la France reste à la traîne de la reprise observée chez ses voisins européens. Tous les autres principaux pays du continent ont en effet enregistré une progression significative de leur activité hôtelière en 2014 : le RevPAR a crû de 4,1% en Allemagne, 4,6% en Italie, 7,0% au Royaume-Uni, ou encore 8,0% en Espagne. Tandis que le Royaume-Uni et les pays d’Europe du Nord bénéficient actuellement de leur meilleure dynamique économique, la reprise hôtelière des pays d’Europe du Sud s’appuie fortement sur le rebond des clientèles internationales. Cet article est extrait du Bilan hôtelier européen 2015

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