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Tendances

Avril 2016: l'hôtellerie française perd le fil

Après un mois de mars qui avait fait naître de timides lueurs d'espoir, le retour à la réalité d'un contexte très morose a été difficile le mois dernier pour les hôteliers de l'Hexagone, avec des performances en forte baisse dans l'ensemble des catégories. Le tourisme peine encore à rebondir à la suite des attentats de novembre et du contrecoup lié aux attentats de Bruxelles fin mars. Les établissements parisiens et franciliens ont de nouveau souffert.

Avec un Revenu par chambre disponible (RevPAR) en baisse de 9,4% à l'échelle nationale en comparaison avec le mois d'avril 2015, les hôtels français enregistrent leur plus mauvaise performance depuis les tragiques événements qui ont frappé le pays l'an dernier. Le taux d'occupation est en forte chute pour l'ensemble des établissements, subissant une baisse de 3,1 points toutes catégories confondues pour atteindre un modeste niveau de 63,3%. Sur la pente descendante, la fréquentation a par ailleurs entraîné dans son sillage les prix moyen et leur évolution, en chute nette de 5% en avril 2016 par rapport à la même période l'an dernier. La plus forte dégradation des performances a été enregistrée dans les établissements haut de gamme (-13,6% de RevPAR). Dans un contexte particulièrement difficile qui n'aura épargné aucun segment de l'hôtellerie hexagonale, les hôtels super-économiques sont ceux qui ont relativement le mieux résisté (-4,5% de RevPAR), du fait de leur moindre présence en Ile-de-France relativement aux autres segments.Résultats mensuels des chaînes hôtelières par catégorie Avril 2016Rarement un "April in Paris", mois pourtant si charmant chanté par Ella Fitzgerald et Louis Armstrong, aura été si moribond pour les hôteliers parisiens. La capitale subit de plein fouet la dépression du tourisme français, avec un RevPAR en baisse de 20,3% sur l'ensemble du mois d'avril 2016 - après une baisse de 6,1% "seulement" en mars. Ce n'est guère mieux en ce qui concerne le reste de l'hôtellerie en région Île-de-France, avec un RevPAR en chute de 13,9%. Dans la capitale, la clientèle n'est toujours pas au rendez-vous, puisque le taux d'occupation est en baisse de 10,5 points sur l'ensemble du mois dernier -une tendance baissière concomitante à celle des prix moyens, en diminution de 8,4% par rapport au mois d'avril 2015. Le reste des régions françaises résiste un peu mieux à ce long hiver pour le secteur touristique : les établissements ont réussi à y limiter la chute des taux d'occupation (-0,3 point) et des prix moyens (-0,8%), pour atteindre un RevPAR légèrement dégradé le mois dernier (-1,3%).Ce mois d'avril confirme en tout cas le début d'année difficile de l'hôtellerie tricolore, avec un RevPAR en chute de 4% de janvier à avril toutes catégories confondues. La contraction de l'activité est particulièrement marquée pour les établissements haut de gamme (-5,6% de RevPAR depuis le début de l'année) et milieu de gamme (-4%), plus dépendants de la clientèle internationale et de la bonne santé d'une hôtellerie parisienne aujourd'hui en souffrance. A Paris intra-muros, le RevPAR a diminué de 12,8% depuis le mois de janvier, la baisse s'établissant à -8,3% dans le reste de l'Île-de-France.Si le mois dernier a refroidi les ardeurs d'une hôtellerie régionale jusqu'à présent résiliente, les performances des établissements des douze autres régions métropolitaines est encore positive depuis le début d'année : le RevPAR y a progressé de 3,4% sur les quatre derniers mois, grâce à des taux d'occupation en hausse de 1,3 point depuis le mois de janvier. Au contraire des hôtels franciliens pour lesquels les prix moyens ont chuté de 3,8% depuis le début d'année, ceux des établissements du reste de la France sont en très légère augmentation (+0,8%). Alors que le rebond se fait encore attendre cette année à l'échelle nationale, de telles -rares- bonnes nouvelles sont toujours bonnes à prendre pour le tourisme hexagonal. Les hôteliers français, en particulier ceux des dix villes hôtes de la compétition, doivent en tout cas être impatients de goûter à l'embellie annoncée par le Championnat d'Europe de football organisé à partir du mois de juin. Plus qu'une chance de rétablir les comptes annuels, cette échéance apparaît aujourd'hui comme une occasion sans pareille de relancer durablement l'activité en espérant retrouver la confiance de la clientèle internationale.

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