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Activité hôtelière en France en 2016 : Entre recul des performances nationales et persistance des disparités

L’activité hôtelière française s’est soldée en 2016 par un nouveau recul des performances au niveau national. Des disparités importantes existent cependant entre les résultats enregistrés en région et à Paris comme en Île-de-France et en région PACA, particulièrement touchées par le contexte d’insécurité et la méfiance émise par certaines clientèles, notamment internationale et aisée. Hormis la catégorie super-économique, l’ensemble des hôteliers ont enregistré en 2016 une dégradation de leurs performances et tout particulièrement l’hôtellerie haut de gamme.

Après trois années consécutives de stagnation, l’hôtellerie française enregistre une importante baisse de ses performances. Le taux d’occupation des établissements s’affiche à 64,3% sur l’ensemble de l’année 2016, soit un recul de -1,2 points par rapport à 2015. Le prix moyen est quant à lui en baisse de -3,3% et s’établit à 87,9 euros (HT). La baisse conjointe de ces deux indicateurs aboutit à un repli du RevPAR (revenu par chambre disponible) de -5,1% par rapport à 2015. Seuls les établissements positionnés sur la catégorie superéconomique enregistrent un RevPAR relativement stable en comparaison à 2015 de +0,3%. L’hôtellerie haut de gamme connaît la plus forte dégradation, avec un RevPAR en chute de -9,1%, s’expliquant par un recul conjoint de son taux d’occupation (de -3,4 points) et de son prix moyen de -4,6%. Cette situation résulte notamment de la baisse des arrivées de la clientèle internationale à fort pouvoir d’achat suite aux attentats de novembre 2015.La méfiance à l’égard de la destination est particulièrement visible au regard des résultats enregistrés par les hôtels implantés à Paris (et plus généralement en Île-de-France) et en région PACA. En effet, la capitale enregistre en 2016 une baisse de son RevPAR de -14,3% par rapport à 2015. Ce résultat s’explique par un recul du taux d’occupation des hôteliers parisiens de -6,0 points et un prix moyen également en baisse de -7,1% pour s’établir à 157,1 Euros. L’Île-de-France, dont l’activité dépend davantage de la clientèle affaires, enregistre également des performances en forte baisse, avec un RevPAR en repli de -9,0%, dû à un recul de son taux d’occupation de -5,0 points et à une baisse de son prix moyen de -2,1%.A l’échelle nationale, les performances ont donc été tirées à la baisse par les résultats enregistrés en région parisienne (en janvier et novembre 2015) et en région PACA suite à l’attaque terroriste survenue le 14 juillet 2016. En région, l’hôtellerie enregistre globalement un meilleur bilan. Les professionnels du secteur ont connu une hausse de leur RevPAR de +2,8% s’expliquant par un rebond cumulé de leur taux d’occupation et de leur prix moyen de respectivement +1,1 point et +1,1%. Cela s’explique en partie par un calendrier événementiel favorable, s’illustrant notamment par l’organisation de l’Euro 2016 (qui s’est tenu du 10 juin au 10 juillet 2016). Les villes hôtes de province accueillant cet événement ont globalement bénéficié d’une hausse de leurs indicateurs et son bon déroulement - notamment dans les fans zones - a permis de véhiculer une image positive de la destination. Pour exemple, Saint-Etienne enregistré une fréquentation en hausse de +14,6% et Toulouse de +10,9% et l’ensemble des agglomérations ont enregistré un chiffre d’affaires en net progression. Rappelons cependant que lors de cette compétition sportive le site d’hébergement dit «collaboratif » HomeAway était le partenaire officiel de l’UEFA et était à ce titre l’un des grands gagnants de l’événement. Par ailleurs, le départ du Vendée Globe le 6 novembre dernier a aussi permis aux Sables d’Olonne d’enregistrer des performances en forte hausse (RevPAR en hausse de +67,0% en novembre 2016). En revanche, l’édition 2016 du Mondial de l’automobile (du 1er au 16 octobre 2016) à Paris n’est pas parvenue à rassembler les foules : pendant cette période, les hôteliers parisiens ont enregistré des performances en deçà de celles de l’édition de 2014 (et même comparativement à 2015, sans Mondial de l’Auto). Sur les neuf premiers jours du Salon, le RevPAR des hôteliers était en baisse de -27% par rapport à l’édition 2014. De même, la non tenue du Paris Air Show (habituellement moteur de l’hôtellerie francilienne les années impaires) et l’annulation de la Braderie de Lille ont contribué au ralentissement des performances de l’Hexagone.L’activité hôtelière en France : focus sur Paris, l’Île-de-France et la ProvinceA l’échelle de Paris, la fréquentation enregistrée par les hôteliers parisiens est en forte baisse par rapport à 2015: le RevPAR est en recul de -14,3% pour s’établir à 125,4 euros. Une tendance qui s’inscrit dans la continuité de la tendance amorcée en 2015 (RevPAR en baisse de -3,4 points). Les attentats terroristes, les conditions climatiques particulièrement défavorables (crue de la Seine), les tensions liées au climat social et l’absence de grands événements d’envergure internationale - tels que le salon du Bourget - ont contribué à dégrader les performances hôtelières de la capitale. Le taux d’occupation est ainsi en recul de -6,0 points et le prix moyen en baisse de -7,1%, comparativement à 2015. Sur les trois premiers trimestres de 2016, la baisse de la venue de la clientèle internationale est notoire notamment parmi les clientèles japonaise (-45,2% par rapport à la même période en 2015), italienne (-35,3%) et russe (-33%). Notons par ailleurs que des éléments structurels sont aussi à prendre en compte : le développement de l’économie dite « collaborative » constitue un facteur durable dans la formulation du prix de l’offre hôtelière de la capitale.L’Ile-de-France tend à suivre une tendance similaire, quoique la baisse soit plus contenue. Le territoire enregistre en 2016 un prix moyen en recul de -2,1% par rapport à 2015. Son taux d’occupation est quant à lui en repli de -5,0 points, pour s’établir à 65,4%. Depuis 2005, le delta entre le taux d’occupation des hôtels en région parisienne (hors Paris) et en Province, à 3,1 points n’a jamais été aussi faible. En plus des attentats, l’absence d’organisation d’événements au rayonnement international (comme la COP21 en 2015) ont impacté les performances des hôteliers franciliens. Rappelons que le parc hôtelier du Grand Paris n’est pas uniforme et comprend sur son territoire des marchés spécifiques tels que la ceinture périphérique de Paris, les zones aéroportuaires de Roissy et Orly ou encore le territoire de Disneyland Paris. Ainsi, seuls les hôteliers implantés Porte de Versailles enregistrent un RevPAR en hausse de +1,9% par rapport à 2015, principalement grâce à un prix moyen en rebond de +8,7% (le taux d’occupation est en revanche en recul de -4,7 points). Les zones aéroportuaires franciliennes ont tout particulièrement été impactées par la baisse de la venue de la clientèle long courrier. Cette variation est surtout observable pour les hôteliers de la zone aéroportuaire de Roissy CDG, dont le RevPAR est en baisse de -10,4% ; plus impactée que la zone d’Orly (RevPAR : -6,2%). Ce phénomène touche également le quartier de la Défense, qui affiche un RevPAR en repli de -14,4%, comparable à Paris intra-muros.En région, la fréquentation hôtelière poursuit sur sa dynamique favorable depuis 2013. Par rapport à 2015, le taux d’occupation progresse de +1,1 point. Le prix moyen est quant à lui en hausse de +1,1%, permettant d’afficher un RevPAR en rebond de +2,8%. Le marché n’est toutefois pas uniforme et la croissance profite davantage aux grandes agglomérations qu’au milieu rural et aux villes secondaires. Sur le pourtour méditerranéen, les grandes villes n’ont pas profité de la tendance positive de fond. Notons également que les villes hôtes de l’Euro 2016 ont certes enregistré des performances en forte hausse pendant la durée de l’événement, mais également le reste de l’année.Palmarès des grandes agglomérations françaises en 2016A l’inverse de Paris et de Nice dont les performances ont été impactées par le contexte d’insécurité, en région certaines grandes villes sont parvenues à enregistrer un RevPAR en progression.Lille affiche la plus forte progression de RevPAR (+8,8%) et de prix moyen (+5,8%) parmi les huit grandes villes étudiées et ce malgré l’annulation de sa Braderie, événement majeur de la ville et traditionnel moteur d’activité. Elle a bénéficié à plein de l’effet Euro 2016, avec une hausse de plus de 70% de son chiffre d’affaires hôtelier pendant la durée de l’événement.Toulouse se place en 2e position en termes de croissance de son chiffre d’affaires hôtelier en 2016. La Ville Rose a non seulement crû en termes de fréquentation, mais aussi en termes de prix moyens, grâce au rebond d’occupation qui avait déjà été enregistré en 2015 (+1,2 points, et surtout +4,8 en haut de gamme, qui était auparavant sous-performant). A noter d’ailleurs que le groupe espagnol NH a annoncé son arrivée dans la ville avec un nouvel établissement à l’aéroport Toulouse-Blagnac qui ouvrira ses portes en 2018.La ville de Nantes a également enregistré en 2016 une progression significative de ses indicateurs, et signe le 3e plus fort taux de croissance de RevPAR parmi les grandes agglomérations françaises, principalement imputable à un gain de près de 3 points de taux d’occupation. La cité ligérienne, longtemps en retrait des autres grandes métropoles en termes de fréquentation, repasse ainsi franchement au-dessus des standards nationaux, ce qui devrait à terme y soutenir la croissance des prix. Lyon a également enregistré une hausse de ses indicateurs. Même si la Fête des Lumières n’est pas encore revenue à son «rythme de croisière» d’avant les attentats, son retour a eu un effet très positif. Outre le traditionnel moteur d’activité hôtelière au cours des années paires qu’est Pollutec, elle a aussi pleinement capitalisé sur l’Euro. L’offre hôtelière qui s’est bien développée ces dernières années dans l’agglomération lyonnaise avait marqué une pause dans son développement, alors que l’hôtel Radisson Blu du célèbre crayon a rouvert ses portes après rénovation en octobre.Les indicateurs de Bordeaux sont en progression depuis trois ans déjà, portés par les grands projets de développement touristiques et urbains. La demande touristique suit, comme en témoignent la hausse du taux d’occupation en 2016 ou encore le récent classement de la ville comme la plus «tendance du monde» par le guide Lonely Planet. Cette tendance devrait se maintenir en 2017, alors que la LGV Tours-Bordeaux sera mise en service en milieu d’année.Les résultats sont un peu plus mitigés pour la ville de Marseille, plusieurs facteurs sont envisageables : le fort développement de son offre hôtelière sur les 24 derniers mois (+9,5% de chambres) et le fait que la ville avait été aux avant-postes de la croissance avec Marseille Provence 2013, qui a durablement rehaussé les niveaux d’activité. En 2016, si le RevPAR des hôteliers de la cité phocéenne a progressé par rapport à 2015, le taux d’occupation a lui diminué.En bas de classement figurent Nice et Paris, pour qui l’année 2016 a été dramatique. En cause, les attentats, mais également l’absence de salons tels qu’Airshow et Batimat dans la capitale. Les indicateurs s’effondrent : le RevPAR a reculé de plus de 14% à Paris et de 6% dans l’agglomération niçoise, une baisse qui reste finalement modérée compte tenu de l’ampleur des tragiques évènements qui ont directement affecté la ville au coeur de sa saison touristique.L’écart abyssal qui existait entre Paris et les grandes villes de province est donc en train de se réduire, preuve que celles-ci ont amélioré leur attractivité en 2016. Si Paris et Nice tiennent encore le haut du pavé en termes de niveaux de RevPAR (et ce, malgré une baisse non négligeable en 2016 par rapport à 2015), les grandes villes de province ne sont pas en reste.

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