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Analyses

2014 en Europe : la reprise s’installe au nord et au sud

Alors que de premiers signes de croissance économique se font ressentir dans plusieurs pays européens, après des années très difficiles pour certains, l’activité hôtelière s’engage franchement sur le chemin de la reprise. L’industrie termine ainsi l’année 2014 avec une progression de 3,8% de son Revenu par chambre disponible. Si la plupart des pays d’Europe sont dans le vert, le regain d’activité a été soutenu par les forts taux de croissance enregistrés dans les pays du sud de l’Europe.

L’hôtellerie européenne accélère sa croissance en 2014. Après avoir plutôt bien tiré leur épingle du jeu en 2013, les pays faisant partie de l’Union Européenne terminent l’année avec une nouvelle progression de 3,8% de leur Revenu par chambre disponible (RevPAR). La croissance a été marquée cette année par la remontée du prix moyen, dont la tendance était davantage à la stabilité en 2013, et qui s’est appuyée sur la hausse continue de la fréquentation.Le taux d’occupation s’est un peu plus rapproché des 70%, et a gagné 1,6 point en comparaison avec l’année précédente. Ces données traduisent une reprise de la fréquentation de l’hôtellerie de chaîne dans la plupart des destinations, bien que plus marquée dans le Sud de l’Europe où la Grèce, le Portugal et l’Espagne ont enregistré les plus fortes progressions de taux d’occupation. Il faut dire que la compétitivité-prix de ces pays fortement touchés par la crise financière de 2008, et leur attrait auprès des clientèles étrangères, notamment dans un contexte géopolitique et économique tendu, ont pleinement bénéficié à leur industrie touristique et hôtelière. Si la progression des taux d’occupation est plutôt bien équilibrée au niveau des différentes catégories hôtelières, elle reste néanmoins plus marquée dans le haut de gamme où les taux d’occupation ont augmenté de 2 points. Cela relève du fait que le segment haut de gamme dépend davantage de la présence des clientèles internationales que de l’activité du marché domestique, qui se relève encore progressivement car affectée par les conséquences de la crise économique sur le pouvoir d’achat des ménages et des entreprises, le chômage et la croissance. Le segment Budget est resté sur une courbe négative en 2014 (-0,2% de RevPAR), l’offre étant numériquement moins nombreuse et plus concentrée en France et dans les zones périphériques, où les difficultés économiques sont encore très présentes auprès de la clientèle domestique. Le prix moyen renoue avec la croissanceEncore sur une tendance stagnante en 2013, le prix moyen de l’hôtellerie européenne a enclenché sa reprise en 2014. Il a en effet progressé de 1,4% pour se rapprocher des 90 euros hors taxes.  La densité des flux de fréquentation, notamment étrangers dans la plupart des destinations, ont permis aux hôteliers de rehausser leurs tarifs, mais pas seulement. Le retour à la croissance du prix moyen traduit également une amorce de reprise économique dans certains pays du continent, où la fréquentation domestique retrouve peu à peu son pouvoir d’achat. En effet, les niveaux de croissance observés dans quelques pays européens permettent progressivement aux entreprises et aux ménages d’augmenter le budget alloué à leurs déplacements professionnels et personnels, bien que la tendance ne soit pas encore généralisée.L’Europe du Sud en plein rebond, l’Europe du Nord sur sa lancéeLa croissance des indicateurs hôteliers est de mise dans la quasi-totalité des pays européens. Portée par les pays du nord du continent l’an dernier, elle a été plus marquée cette année dans le sud, où les destinations ont enregistré de forts taux de progression de leurs indicateurs. De manière générale, elles récoltent les fruits de leurs ajustements passés et de leur forte compétitivité-prix, qui leur permet d’accueillir de nombreux évènements pour soutenir leur demande, tandis que les clientèles individuelles font aussi leur retour sur ces marchés. La Grèce et le Portugal sortent grands vainqueurs de cette reprise avec des progressions à deux chiffres de leur RevPAR, de respectivement 24,4% et 10,6%, alors qu’ils se remettent à peine de plans d’aide financière en provenance de l’Union européenne et du FMI.Financièrement attractives auprès pour les clientèles étrangères, notamment celle en provenance des pays voisins, les deux destinations ont pleinement profité du dynamisme de leur fréquentation internationale, alors que les prémisses d’un regain d’activité se font actuellement ressentir sur le marché domestique. Dans la même région, l’Espagne a elle aussi terminé 2014 avec un nouveau record de fréquentation touristique dont a bénéficié l’hôtellerie. Outre la reprise du secteur enclenchée l’an dernier, l’activité du pays a été dynamisée par l’organisation de plusieurs manifestations sportives d’envergure internationale, tels que les Championnats du Monde de Voile ou les Championnats du Monde de Basketball.  Le regain d’activité s’observe également en Europe Centrale, où la Hongrie se démarque par une progression à deux chiffres de son RevPAR.  Poussées par la démocratisation de l’accès aérien du pays et sa compétitivité-prix, les clientèles internationales ont afflué dans la destination. Plusieurs évènements d’envergure ont aussi fait pression sur la demande, comme le Championnat d’Europe Féminin de Handball. Les indicateurs hôteliers sont également en hausse en République Tchèque  et en Pologne, où le secteur semble avoir opéré un retour à l’équilibre après avoir en partie absorbé la nouvelle offre créée pour l’Euro de Football de 2012. L’hôtellerie en Europe du Nord et de l’Ouest a montré sa résistance, avec des indicateurs en hausse. Le Royaume-Uni affiche une nouvelle fois les taux d’occupation les plus élevés du continent, proches des 80%, et voit son RevPAR augmenter de 7% sur l’année. Qu’il s’agisse d’offre, de fréquentation ou de prix moyen, le pays a fait progresser ses indicateurs depuis qu’il a accueilli les Jeux Olympiques de 2012. En Allemagne, le succès des grands salons professionnels et foires mais aussi la popularité croissante du pays en tant que destination week-end ont bénéficié à l’hôtellerie, dont le RevPAR est en hausse de 4,1 % sur l’ensemble de l’année.  Profitant d’une activité affaires dynamique et d’un calendrier évènementiel rempli, les autres destinations de la région ont également participé à la croissance européenne, à l’image de l’Autriche (+5,7% de RevPAR), la Belgique (+2,4%) et les Pays-Bas (+3,6%).Seule ombre au tableau européen, la France est à la traîne de la reprise observée chez ses voisins avec un RevPAR en retrait de 0,2%. Si la fréquentation s’est stabilisée grâce à la présence des clientèles étrangère, les hôteliers n’ont pas été en mesure d’améliorer leur prix moyen en raison de la hausse de 3 points du taux de TVA appliqué à l’hôtellerie-restauration, qu’ils ont partiellement absorbée. Compte tenu de ce fort impact fiscal, la tendance structurelle en France n’est pas aussi négative qu’elle le paraît.Portée par le rebond de l’Europe du Sud et une tendance maintenant engagée en Europe du Nord, c’est bien toute l’Europe hôtelière qui a rebondi en 2014.Cet article est extrait du Bilan hôtelier européen 2015

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