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Analysis

L'hôtellerie d'aéroport ne chôme pas pendant la grève

Si depuis lundi les lignes Air France sont paralysées par la grève des pilotes de la compagnie, les conséquences sont moindres pour les hôtels situés à proximité des aéroports. Les annulations de dernière minute ont en effet été compensées par les nuitées réservées en urgence.

La grève des pilotes d'Air France, initiée au début de la semaine, a entraîné la suppression d'environ 60% des vols depuis lundi. Dans les principaux aéroports français toutefois, les effets de la réduction du trafic aérien n'ont pas impacté les performances des établissements hôteliers situés à proximité. En effet, les hôtels des deux aéroports parisiens affichent des taux d'occupation toujours proches de la saturation en début de semaine. A Roissy, le taux d'occupation depuis la grève est resté sur une tendance positive amorcée plusieurs jours auparavant, tandis qu'à Orly, les légères fluctuations du taux de remplissage ne peuvent pas directement être imputées aux conséquences de la grève. Les hôtels des zones aéroportuaires de province, par exemple à Toulouse ou Marseille, ne ressentent pas non les effets du trafic réduit. Cette absence de conséquences sur la fréquentation des aéroports s'explique par le fait que les passagers aériens n'ont pas obligatoirement pris de dispositions particulières pour annuler leur programme de voyage pour cette première semaine de grève, et que l'impact négatif sur la fréquentation des annulations de dernière minute est compensé par le besoin de nuitées en " emergency " de passagers bloqués à l'aéroport. Un même phénomène d'absence d'impact de grèves courtes sur l'hôtellerie aéroportuaire avait d'ailleurs été observé au cours de la grève d'Air France et des contrôleurs aériens survenue fin juin 2014 et qui avait duré moins d'une semaine, sans impacter significativement la fréquentation ni les prix des hôtels. Cependant, la situation est différente lorsque les situations de blocage se prolongent. C'est ce qu'avait notamment démontré l'épisode de l'éruption du volcan islandais en 2010. Lors des premières fermetures des espaces aériens et suppressions de vols le 15 avril 2010, il avait d'abord été observé un maintien des taux de remplissage dans les hôtels des aéroports parisiens, voire une forte augmentation dans certains aéroports de province, s'expliquant notamment par la présence de passagers aériens bloqués dans les aéroports due à la surprise provoquée par la brusque annulation des vols. La réelle chute des taux de remplissage ne s'était amorcée qu'à partir des 4ème et 5ème jours après le début de la crise, se prolongeant ensuite toute une semaine encore, avec notamment des reculs du taux d'occupation de 10 à 25 points par rapport à l'année précédente dans les aéroports parisiens. Ceci s'expliquant par les dispositions prises par les passagers, et la réduction considérable du trafic dans la durée faisant ressentir ses effets. En cas de prolongement, la grève des pilotes d'Air France pourrait donc bien finir par impacter les performances dans les hôtels des aéroports au cours de la semaine prochaine, naturellement dans des proportions bien moindres que celles de l'épisode du volcan islandais qui avait affecté l'ensemble du trafic aérien européen.

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