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Analysis

Saint-Etienne, les signaux sont au vert

La ville de Saint-Etienne, implantée en région Auvergne-Rhône-Alpes, connaît une dynamique active de croissance. Ses performances hôtelières ont été portées à la hausse en 2016, notamment du fait de son statut de ville-hôte de l'Euro de Football. Dans le cadre d'une politique de modernisation de son parc hôtelier, un appel à projet a été lancé aux hôteliers indépendants et permet de bénéficier d'une aide correspondant à 25% du montant des travaux programmés (date limite des dossiers : mai 2017).

La destination propose un large panel d'activités culturelles, de plein air et dispose également d'équipements adaptés à l'accueil de la clientèle affaires. La seconde agglomération de la région Auvergne-Rhône-Alpes mise aujourd'hui sur l'innovation via les secteurs du numérique et du design. Son passé industriel lui confère un savoir-faire qu'elle est parvenue à convertir dans le secteur tertiaire notamment dans l'économie du numérique. Si le territoire a connu des crises successives depuis les années 1960, il bénéficie aujourd'hui d'un savoir-faire manufacturier et de design, et semble s'être orienté dans une direction qui lui est aujourd'hui bénéfique.Le secteur industriel fait partie intégrante de l'Histoire de Saint-Etienne. Certaines de ses manufactures ont connues une forte expansion au XIXème siècle mais avaient déjà leur importance dès le XVème siècle. La métallurgie (avec une spécialisation dans la production d'armes blanches, puis d'armes à feu) a contribué à son développement, tout comme la rubanerie (production de rubans) et son importante activité charbonnière. L'impact de la désindustrialisation et la succession de fermetures induites ont eu pour effet un effritement de son tissu économique et social. Depuis 1975, Saint-Etienne a perdu près de 49 000 habitants et son centre-ville tend à se paupériser - les populations aisées privilégient la périphérie. En 2016, l'INSEE a cependant enregistré un ralentissement de cette érosion. La ville comptait ainsi 172 023 habitants en 2013.Cependant la ville a su adapter son savoir-faire industriel à la tertiarisation du marché tout en opérant une politique de rénovation urbaine. Porteuse du label French Tech depuis 2015, décerné par l'État aux territoires capables de créer un écosystème pour développer les entreprises à fort potentiel dans le secteur du numérique, elle compte près de 20 000 entreprises (Groupe Casino, Thalès, HEF, Gibaud, Focal, SNF Floerger, Thuasne ou encore Zannier) dont 150 de plus de 100 salariés. L'agglomération dispose d'un pôle d'enseignement supérieur pluridisciplinaire comprenant 5 campus universitaires et sept écoles d'ingénieurs (notamment l'école des Mines, Ecole Nationale d'Ingénieurs de Saint-Etienne (Enise) ou encore Télécom Saint-Etienne). Par ailleurs, le campus industriel de Saint-Etienne devrait s'enrichir cette année de "la Manufacture du Futur", un projet né d'un consortium de grandes écoles dont l'objectif est d'accompagner 250 entreprises en 5 ans dans la transition industrielle à venir, dont l'impression 3D de pièces métalliques. Un mode de production à fort potentiel dans de nombreux secteurs à vocation nationale et internationale.Saint-Etienne bénéficie de quatre pôles d'excellence en matière d'optique (la région concentre 25% de l'activité du secteur optique en France, elle se distingue en matière d'ingénierie des surfaces et d'images), de procédés avancés de fabrication, de technologies médicales et de numérique. D'un point de vue événementiel, la ville dispose d'une superficie de près de 58 000 m² dédiés à l'accueil d'événements, avec notamment un Parc des Expositions d'une superficie de près de 20 000 m², situé à proximité de la gare principale. Un Centre des congrès de 800 places permet également d'accueillir de grands événements. Selon une étude menée en collaboration avec le cabinet MKG Consulting en 2012, Saint-Etienne dispose d'une superficie d'exposition en centre des congrès et Parcs des Expositions équivalentes à celles de Lille, Clermont-Ferrand et Orléans.Le calendrier événementiel de la capitale est actif : le territoire organise chaque année près de 40 festivals et notamment la Biennale Internationale Design Saint-Etienne qui a attiré en 2015 près de 208 000 visiteurs. Elle se tient cette année du 9 mars au 4 avril et célébrera sa 10ème édition. La Foire de Saint-Etienne a quant à elle attiré environ 110 000 visiteurs en 2016. Le Festival des Arts Burlesques fête cette année sa 14ème édition jusqu'au 4 mars. Le musée d'Art Moderne et contemporain dispose d'une collection qui la positionne seconde après celle du musée Beaubourg à Paris. Viennent compléter cette offre, un Zenith, un planétarium et de nombreux musées. Le territoire de la Communauté urbaine de Saint-Etienne offre également un site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis juillet 2016 : implantée à Firminy, la Maison de la Culture a été créé par Le Corbusier. Le site a été classé pour l'influence de ce dernier sur l'architecture moderne.Rappelons que Saint-Etienne était l'une des villes hôtes de l'Euro, qui s'est tenu du 10 juin au 10 juillet 2016 et a bénéficié de performances hôtelières à la hausse pendant toute la durée de la compétition. Durant cette période, son RevPAR (revenu par chambre disponible) a augmenté de +76,1%, accompagné par un taux d'occupation en rebond de 14,6 points et d'un prix moyen en hausse de 53,6%. Cette hausse de la fréquentation a permis à Saint-Etienne d'afficher un chiffre d'affaire en forte augmentation de +520,3% lors du match Suisse-Pologne (en huitième de finale) et une augmentation de +466,7% de son CA lors du match République Tchèque-Croatie (un match du groupe D). L'impact économique de l'Euro sur la ville est estimé à environ 77 millions d'euros. Par ailleurs, le centre de droit et d'économie du sport (CDES) a estimé que le développement de la pratique sportive à Saint-Etienne, à l'issus de l'Euro, pourrait représenter une économie potentielle sur les dépenses de santé de près de 1,5 millions.Les hôteliers ont enregistré des résultats en progression en 2016 comparativement à 2015, avec un RevPAR en hausse de +8,6%. Cette performance s'explique par une hausse conjointe du prix moyen, en augmentation de +5,5% et de son taux d'occupation de +1,6 points. Les professionnels de l'hôtellerie milieu de gamme sont ceux qui ont enregistré un RevPAR en plus forte progression, de +12,90%, par rapport à 2015. Selon la Responsable Communication de l'Office de tourisme de Saint-Etienne, Anne-France Decroix : "L’année 2016 a été une bonne année pour l’hôtellerie stéphanoise principalement grâce à l’événement majeur Euro 2016 TM mais également grâce à une activité congrès riche." La ville dispose d'un portefeuille de 1 416 chambres. Son offre est majoritairement composée d'établissements positionnés sur les segments économiques et milieu de gamme. Les principaux groupes hôteliers présents dans l'agglomération sont AccorHotels (sous les enseignes de la marque ombrelle ibis, mais aussi Mercure), B&B Hotels et la SEH (via Inter-Hotel). Deux établissements sont en cours de développement face à la gare de Saint-Etienne Châteaucreux opérés par le groupe AccorHotels sous enseigne Mercure et ibis Budget de 80 chambres chacun. Ace Hotels prévoit également le développement d'un hôtel sur le territoire. Enfin, le projet de réaménagement du secteur du pont de l'Âne-Monthieu inclut le développement d'un établissement positionné sur le segment 2 étoiles de 60 à 80 chambres.Dans un objectif de modernisation du parc hôtelier existant, les hôteliers stéphanois ont jusqu'au 2 mai 2017, pour répondre à un appel à projet de la Métropole de Lyon et de la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne.  Ce projet permet de bénéficier d'une aide correspondant à 25% du montant des travaux programmés (plafonné à 42 500 euros HT). Les candidatures sont ouvertes depuis février 2017. L'appel à projet s'adresse à tout hôtel indépendant réalisant moins de 2 millions d'euros de chiffre d'affaires annuels. L'établissement doit viser un classement minimal de 2 étoiles à la fin des travaux. Le territoire a de nombreux projets de développements immobiliers dans son pipeline, avec notamment le projet économique de Chateaucreux dont l'objectif est de devenir le deuxième pôle tertiaire de Lyon Métropole. Le projet inclut la création d'un ensemble de bureaux et de logements sur une superficie de 160 000 m², son ouverture est prévue pour 2020. Autre projet : Métrotech, un green park tertiaire se situant entre Saint-Etienne et Lyon qui offrira 30 000 m² d'espaces dédiés à l'activité tertiaire, dans un but d'échange entre les entreprises. Enfin, Opera Parcs est un lieu consacré au développement de l'éco-technologie. Une zone de 400 ha ayant vocation à accueillir des projets industriels au rayonnement national et/ou international.Ainsi, Saint-Etienne offre de nombreuses opportunités aussi bien pour les investisseurs en quête d'une dynamique économique florissante que pour les start-ups. Illustration d'une transition économique réussie - d'une économie industrielle à une économie tertiaire -  la ville semble s'être engagée dans une voie qui lui est favorable. Espérons que la modernisation de son centre-ville participera à renforcer encore davantage son attractivité et permettra un retour à la croissance de sa population.

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